Alphabet essuie de lourdes pertes boursières à cause de l’IA

Jeudi, les géants technologiques Alphabet, Amazon et Microsoft ont essuyé de lourdes pertes boursières entraînées par les dépenses massives engagées dans l’intelligence artificielle, qui pèsent sur la rentabilité immédiate et réduisent les revenus publicitaires du moteur de recherche Google.

La course aux technologies d’intelligence artificielle coûte cher aux mastodontes du secteur. Les publications financières de fin d’année ont révélé des investissements colossaux.

Quand l’intelligence artificielle rogne les revenus publicitaires

Le cœur de la baisse réside dans la modification de l’expérience utilisateur du moteur de recherche. Désormais, les requêtes affichent des résumés générés par l’intelligence artificielle en haut de page, fournissant des réponses suffisamment détaillées pour que les utilisateurs n’aient plus besoin de cliquer sur les liens sponsorisés.

Cette diminution du trafic publicitaire nuit directement à la principale source de revenus du groupe. Le directeur commercial de Google, Philip Schindler, a reconnu que ce mode conversationnel réduisait les recettes publicitaires associées aux résultats de recherche traditionnels, tout en se montrant très optimiste quant au développement de cette technologie.

De son côté, Kim Scott, ancienne directrice de la division publicitaire, a souligné que l’entreprise accepte sciemment de sacrifier ses profits à court terme pour éviter qu’un concurrent ne s’empare de sa place sur le marché de l’IA.

En ce qui concerne les technologies, les investissements à long terme sont inscrits dans l’ADN de Google. Même si cela entraîne des pertes à court terme, la firme privilégie son avenir.

Kimm Scott, ancienne directrice de la division publicitaire de Google

Amazon et Microsoft sous pression financière

Chez Amazon, les ventes trimestrielles ont atteint des montants considérables, soit une hausse importante. Toutefois, la trésorerie négative de l’entreprise a progressé, sa cadence de dépenses ayant été multipliée par six au cours des trois derniers mois.

L’action du géant du commerce électronique a reculé après la publication de ces chiffres. Le directeur général d’Amazon, Andy Jassy, a défendu ces investissements en affirmant qu’ils ouvrent la voie à de nouvelles sources de revenus de l’ordre d’un billion de dollars, citant notamment le développement de puces informatiques maison et la plateforme d’IA Bedrock.

Jassy a admis qu’étaler ces dépenses sur vingt-cinq ans aurait été plus confortable, mais que la concurrence actuelle l’interdit. À Wall Street, la réaction a été plus mesurée pour Microsoft, dont le titre a reculé légèrement.

L’entreprise, principal bailleur de fonds d’OpenAI, a pourtant réduit ses dépenses liées à l’IA et prépare des suppressions de postes. Son chiffre d’affaires global a progressé, tandis que l’activité cloud a également progressé.

Le directeur général Satya Nadella a indiqué que l’utilisation quotidienne de l’assistant Copilot avait connu une forte progression sur un an.

Le grand dilemme de la rentabilité

La multiplication des alternatives telles que ChatGPT et Claude concurrence frontalement l’hégémonie historique de Google dans la recherche d’informations en ligne.

Interrogée par les agences, la principale analyste de Forrester, Tracy Wu, a résumé le dilemme qui pèse sur l’ensemble du secteur technologique : Les résultats de Microsoft prouvent que la demande est forte, mais cela soulève une question fondamentale : qui, au bout du compte, parviendra à engruger de véritables profits grâce à l’intelligence artificielle ?

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