Carvana sous pression : accusations de manipulation comptable font chuter l’action
Miami, Floride – L’action Carvana a plongé de 14,2% mercredi, suite à des accusations de manipulation comptable portées par le fonds spéculatif Gotham City Research. Le rapport accuse le revendeur de voitures d’occasion en ligne d’avoir gonflé ses bénéfices de plus d’un milliard de dollars entre 2023 et 2024, en s’appuyant sur des transactions avec des entreprises contrôlées par la famille du PDG, Ernie Garcia III.
Gotham City Research affirme que Carvana est “bien plus dépendante de parties liées” à sa famille fondatrice qu’il n’a été divulgué, et que ses résultats sont artificiellement maintenus grâce à l’émission de dettes par DriveTime et à des prêts considérés comme “toxiques”. Le rapport pointe également du doigt des irrégularités comptables.
Carvana a fermement rejeté ces allégations dans un communiqué, qualifiant le rapport de “faux et délibérément trompeur”. L’entreprise assure que toutes ses transactions avec des parties liées sont correctement déclarées dans ses états financiers. Elle a également réaffirmé son intention de publier ses résultats annuels pour 2025 le 18 février, contredisant les prédictions de Gotham City Research qui anticipaient un retard dans le dépôt de son formulaire 10-K.
Des liens familiaux au cœur des accusations
Pour étayer ses affirmations, Gotham City Research a publié les états financiers vérifiés pour 2024 de DriveTime Automotive Group, Inc. et de Bridgecrest Acceptance Corp., deux sociétés détenues par Ernest Garcia II, le principal actionnaire de Carvana et père du PDG. Cette publication vise à démontrer l’ampleur de la dépendance de Carvana envers ces entités liées.
Un parcours boursier tumultueux
Cette nouvelle vague de critiques intervient alors que Carvana a connu un parcours boursier spectaculaire ces derniers mois. Après avoir frôlé la faillite fin 2022, l’action a grimpé de moins de 5 dollars à plus de 477 dollars en clôture mardi. Mercredi, elle a terminé à 410,04 dollars, enregistrant sa deuxième plus forte baisse quotidienne de l’année.
Ce n’est pas la première fois que Carvana est la cible de vendeurs à découvert. L’an dernier, Hindenburg Research avait déjà mis en doute la pérennité du modèle économique de l’entreprise, qualifiant son redressement de “mirage” basé sur des prêts instables et des manipulations comptables.
Un secteur sous surveillance
L’affaire Carvana met en lumière les risques liés à la croissance rapide et aux modèles économiques disruptifs dans le secteur de la vente de voitures d’occasion en ligne. Le marché, en pleine transformation, est scruté de près par les régulateurs et les investisseurs, soucieux de la transparence et de la solidité financière des entreprises.
Selon les données du Département du Commerce américain, le marché des voitures d’occasion a représenté plus de 40% des ventes totales de véhicules aux États-Unis en 2023, avec un volume d’affaires dépassant les 700 milliards de dollars. La part de marché des plateformes en ligne, bien que croissante, reste minoritaire, mais son potentiel de croissance attire l’attention des acteurs traditionnels et des nouveaux entrants.
L’impact sur les consommateurs
La situation de Carvana soulève des questions sur la protection des consommateurs. Si les accusations de Gotham City Research s’avèrent fondées, cela pourrait avoir des conséquences importantes pour les acheteurs de voitures d’occasion, notamment en termes de transparence des prix et de qualité des véhicules. Les autorités boursières américaines, la Securities and Exchange Commission (SEC), pourraient ouvrir une enquête pour déterminer si Carvana a violé les lois sur les valeurs mobilières.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube expliquant le fonctionnement des vendeurs à découvert et leur impact sur les marchés financiers.]
[Intégration potentielle d’un post X (anciennement Twitter) d’un analyste financier commentant la situation de Carvana.]
