IBM a enregistré mardi sa pire performance boursière de l’histoire, chutant après avoir publié des résultats préliminaires décevants pour le deuxième trimestre. Le groupe a annoncé un bénéfice ajusté de 2,93 $ par action pour un chiffre d’affaires de 17,2 milliards de dollars, manquant nettement les attentes des analystes financiers.
Une chute historique pour IBM suite à des résultats décevants
La réaction des marchés a été brutale. Ce mardi, le titre IBM a plongé, marquant la pire séance jamais enregistrée pour l’entreprise. Cette dégringolade fait suite à la publication de résultats préliminaires pour le deuxième trimestre qui ont largement manqué les objectifs fixés par Wall Street. Alors que le consensus FactSet prévoyait un bénéfice par action de 3,01 $ pour un chiffre d’affaires de 17,86 milliards de dollars, IBM n’a pu afficher que 2,93 $ par action et 17,2 milliards de dollars de revenus.
Face à cette contre-performance, la firme d’investissement Oppenheimer a immédiatement rétrogradé l’action de « outperform » (surperformer) à « perform » (performance en ligne avec le marché). L’entreprise ne dispose d’aucun objectif de cours sur le titre. Param Singh, analyste chez Oppenheimer, a souligné dans une note aux clients que la thèse haussière sur le titre prendrait plus de temps à se concrétiser.
L’impact des nouvelles priorités budgétaires des entreprises
L’explication de ce ralentissement réside en partie dans l’évolution des comportements d’achat des clients d’IBM. Selon le PDG Arvind Krishna, les budgets informatiques des entreprises subissent une réallocation significative. Les clients privilégient désormais le matériel informatique, notamment les serveurs, le stockage et la mémoire, en prévision de hausses de prix annoncées. Krishna a ajouté que les clients étaient « distraits » par les préoccupations liées à la cybersécurité, ce qui détourne les fonds initialement alloués aux logiciels et autres catégories. Cette tendance reflète une nouvelle réalité pour les budgets informatiques d’entreprise, où davantage de dollars sont alloués à la défense en cybersécurité, au matériel et à l’expérimentation d’outils d’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité.

Cette dynamique explique pourquoi des titres comme CrowdStrike et Palo Alto Networks figurent parmi les meilleures performances au sein du S&P 500, aux côtés de Dell et Micron. En revanche, IBM peine à maintenir ses perspectives de croissance logicielle à « double chiffre » pour les exercices 2026 et 2027.
Incertitudes sur les objectifs annuels et perspectives de marché
La question qui préoccupe désormais les investisseurs est la capacité d’IBM à atteindre ses objectifs financiers pour l’ensemble de l’année. Bien que l’entreprise ait identifié quelques points positifs — notamment RedHat, HashiCorp, Confluent et ses segments serveurs et stockage — les analystes restent prudents. « Alors qu’il y avait quelques points positifs, nous pensons qu’il sera difficile pour IBM d’atteindre son guide annuel », a précisé Param Singh.

Le marché dans son ensemble affiche des mouvements contrastés. Le secteur de la santé est le moins performant, HCA Healthcare menant le groupe à la baisse après avoir annoncé des résultats préliminaires pour le deuxième trimestre et réduit ses perspectives de bénéfice par action pour l’année. Pendant ce temps, le S&P 500 a récupéré environ la moitié des pertes subies lundi, aidé par un rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) plus frais que prévu.
Pour les actionnaires d’IBM, l’attente se tourne désormais vers la publication officielle et complète des résultats, prévue pour le 22 juillet. Avec une baisse significative depuis le début de l’année, le titre se trouve dans une position délicate, les analystes étant divisés : sur 26 experts couvrant la valeur, seuls 9 ont une recommandation de maintien (hold), tandis que 16 maintiennent une recommandation d’achat ou d’achat fort, selon les données de LSEG.
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