Un vaccin thérapeutique sur mesure combiné au nivolumab s’avère faisable et déclenche une forte réponse immunitaire chez des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire, selon un essai clinique de phase 1 publié le 14 octobre 2026 dans Nature Medicine.
Associer le vaccin NeoVax au nivolumab
Fabriquer un traitement à partir des mutations propres à la tumeur d’une patiente, puis l’associer à une immunothérapie : c’est l’approche évaluée dans le cadre d’un essai de phase 1 dirigé par Panagiotis Konstantinopoulos à l’Institut Dana-Farber à Boston, aux États-Unis, d’après les publications parues dans Nature Medicine. Les chercheurs ont conçu un vaccin personnalisé nommé NeoVax, ciblant les protéines anormales ou néoantigènes nées des mutations tumorales.
Le vaccin contient quatre mélanges de peptides de synthèse associés à un immunostimulant, le poly-ICLC, pour enseigner au système immunitaire à identifier ces cibles. Le protocole comporte cinq injections sur une période de trois semaines, suivies de rappels aux semaines 12 et 20. Les patientes reçoivent par ailleurs du nivolumab (Opdivo) dès la semaine 14, un anticorps anti-PD-1 administré sous forme de dose fixe de 240 milligrammes pour une durée maximale de deux ans, afin de lever le frein par lequel les tumeurs neutralisent les lymphocytes T.
Observer les réponses immunitaires et cliniques
Sur 22 femmes présélectionnées pour l’étude, 12 ont accepté le traitement et 10 ont reçu le vaccin, tandis que 9 ont mené à terme l’ensemble des doses prévues. L’essai a inclus des patientes âgées de 18 ans et plus présentant un cancer épithélial de l’ovaire, de la trompe de Fallope ou péritonéal primaire, qu’il s’agisse de nouveaux cas ou d’une première récidive sensible au platine. Le vaccin visait une médiane de 14 mutations par patiente, dans une fourchette allant de 7 à 15.
Les analyses biologiques indiquent que des modifications dynamiques du CA 125 et de l’ADN tumoral circulant (cfDNA) attestent d’une activité biologique chez 6 des 10 patientes. Trois d’entre elles ont manifesté un contrôle transitoire de la maladie, trois un contrôle prolongé, et quatre une progression. Pour l’une des patientes en contrôle prolongé, le taux d’ADN tumoral circulant est tombé sous le seuil de détection et elle est demeurée sans maladie jusqu’à la date d’arrêt des données, selon les précisions rapportées par Officinarium.
Sur le plan immunitaire, une réactivité à l’interféron-γ contre au moins un pool vaccinal a été mise en évidence chez 8 patientes sur 10, et 85 des 144 peptides vaccinaux évalués, soit 59 %, se sont révélés immunogènes. Les patientes ayant bénéficié d’un contrôle transitoire ou prolongé ont développé des réponses immunitaires face à un nombre plus élevé de mutations cibles que celles dont la maladie a progressé, avec une moyenne de 9,3 mutations contre 5,5.

Affronter l’obstacle de la résistance
Malgré ces signaux d’activité, la survie sans progression médiane s’établit à 3,3 mois. L’analyse des mécanismes de résistance a révélé que la perte de la présentation des antigènes constituait le lien le plus étroit avec l’échec thérapeutique. Deux des quatre patientes en progression présentaient une perte d’hétérozygotie de l’haplotype HLA avant la vaccination, ce qui rendait vraisemblablement inopérants plus de la moitié des antigènes vaccinaux. Une troisième patiente a présenté une anomalie de la signalisation de l’interféron acquise sous traitement.
Comme l’ont indiqué les auteurs de l’étude selon CancerNetwork et Nature Medicine : « Étant donné qu’environ 31 % des tumeurs analysées dans notre cohorte comme dans une cohorte ovarienne du TCGA présentent une perte d’allèle HLA spécifique due soit à une délétion génomique, soit à une répression transcriptionnelle, nos travaux étayent fortement de récents appels visant à prendre en compte la perte d’hétérozygotie du HLA et les mécanismes de perte de présentation des antigènes dans la conception des vaccins… »
L’examen d’une cohorte ovarienne issue de The Cancer Genome Atlas portant sur 160 cas a révélé qu’environ 31 % des tumeurs présentaient une perte d’allèle HLA spécifique. Les investigateurs estiment primordial d’intégrer cette perte d’hétérozygotie et les défailliances de présentation antigénique dans la conception des futurs vaccins, suggérant notamment de vacciner plus précocement lorsque la charge tumorale est plus faible et de privilégier des cibles que la tumeur conserve.
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