Boutiques Clément visées par une controverse sur l’usage de l’IA

Des t-shirts et des vestes de la collection d’automne 2026 de la marque « Chat Botté », vendue exclusivement dans les Boutiques Clément, affichent des illustrations générées par intelligence artificielle alors que l’entreprise vante des créations dessinées au Québec. L’entreprise québécoise évoque un fournisseur et annonce des vérifications accrues.

Les Boutiques Clément se retrouvent au cœur d’une controverse après que des clients ont découvert que des vêtements pour enfants de leur marque maison Chat Botté ne sont pas l’œuvre de créateurs locaux, contrairement à ce que prétend la publicité officielle, selon des informations rapportées par Le Journal.

Quand la machine dessine les vêtements d’une collection dite locale

La marque maison, vendue exclusivement dans les magasins Clément de la province, affichait sur son compte Instagram officiel qu’il s’agissait d’une collection de vêtements pour bébés et enfants, dessinée au Québec. Une analyse réalisée à l’aide de l’outil de détection d’intelligence artificielle Pangram démontre pourtant que de nombreuses illustrations ornant t-shirts, polos et vestes proviennent de la machine.

Plusieurs photos de pièces de cette collection d’automne 2026 ont été soumises à Pangram. Au moins huit morceaux contenaient des illustrations générées par l’intelligence artificielle, notamment des designs représentant des chiens de race golden retriever et des motifs liés au football.

Les Boutiques Clément rejettent la faute sur un fournisseur

Interpellée par des clients ce mois-ci, la direction de l’entreprise fondée au Québec en 1939 a réagi par courriel. Le détaillant d’articles pour enfants précise que la collection a été réalisée par un fournisseur québécois, dont elle refuse toutefois de révéler l’identité.

À la suite de l’échange avec l’un de nos clients, nous avons effectué davantage de vérifications. Selon les résultats obtenus à l’aide de l’outil, il semble effectivement que cette illustration ait été générée à l’aide de l’intelligence artificielle.

La direction, Les Boutiques Clément

Il peut arriver que certains imprimés ou certaines illustrations soient achetés sur des plateformes en ligne, explique le détaillant, qui ajoute qu’il peut être difficile de savoir avec certitude si les illustrations proposées n’ont pas été réalisées […] avec l’intelligence artificielle. L’entreprise assure toutefois que la situation l’a sensibilisée à la provenance des illustrations et promet que les illustrations des futures collections feront l’objet de vérifications supplémentaires afin de mieux détecter les contenus générés par l’IA.

Le Regroupement pour l’art humain déplore un impact sur l’économie locale

Du côté des milieux artistiques, cette pratique est vivement critiquée. Constance Harvey, du Regroupement pour l’art humain (RAH), déplore ce type de fausse représentation auprès de la clientèle québécoise.

C’est décevant parce que Clément est une entreprise qui est bien établie au Québec depuis des années […]. Savoir que tout d’un coup, comme ça, ils décident de couper au niveau de la création en utilisant l’IA, c’est déplorable.

Constance Harvey, Regroupement pour l’art humain

Illustratrice depuis 15 ans, Mme Harvey souligne que la marque québécoise n’est pas un cas isolé dans la province, de nombreuses entreprises de t-shirts ou des start-ups ayant adopté des méthodes similaires. Elle estime que cette tendance menace durablement la viabilité financière des créateurs locaux et fragilise l’ensemble du milieu artistique québécois face à l’automatisation.

En utilisant des outils de l’IA qui permettent de sauver quelques sous sur des salaires, systématiquement, on brise l’économie locale. Puis, on empêche les gens de pouvoir continuer de survivre.

Constance Harvey, Regroupement pour l’art humain

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