Les marchés boursiers indiens ont enregistré une chute spectaculaire, l’indice Sensex plongeant de plus de 900 points en séance tandis que la capitalisation boursière s’est allégée de 4,9 mille milliards de roupies, sous le double effet des tensions géopolitiques et du renchérissement des cours du pétrole brut.
Une chute brutale de la Bourse de Bombay et la perte de milliards de roupies
Les marchés boursiers indiens ont subit une forte pression vendeuse, entraînant une destruction massive de valeur pour les investisseurs. Dès les premiers échanges de la séance, le Sensex a chuté de plus de 900 points, tandis que le Nifty 50 glissait sous le seuil critique des 23 000 points. La situation s’est ensuite détériorée : le Sensex a creusé ses pertes au-delà de 1 000 points et le Nifty est passé sous les 22 900 points.
Cette correction s’inscrit dans un cycle négatif prolongé. Le marché indien cumulait déjà sept semaines consécutives de pertes, fragilisé par un contexte international morose. Le mouvement s’est amplifié en raison de la flambée du brut et de la fuite des capitaux étrangers. La veille, le Sensex s’établissait à 73 896 points et le Nifty 50 à 23 140,50 points, avant de céder face à la morosité globale.

Le rôle central de la hausse des cours du pétrole brut et des tensions géopolitiques
Le principal catalyseur de cette dégringolade demeure le marché de l’énergie. Sur fond d’affrontements et d’incertitudes géopolitiques impliquant l’Iran, le brut Brent a franchi la barre des 100 dollars le baril, s’échangeant même aux alentours de 106 dollars le matin selon l’agence Reuters. L’Inde important une part considérable de ses besoins énergétiques, toute ascension des cours internationaux pèse lourdement sur sa facture d’importation, nourrit l’inflation et fragilise la roupie. La hausse des prix du brut réduira temporairement les marges des entreprises »,
a souligné Vakar Javed Khan selon The Economic Times Telugu, tout en avertissant que les répercussions ne se limitent pas à la seule sphère énergétique.
L’impact de la remontée des rendements obligataires américains sur les capitaux étrangers
Au-delà de l’énergie, les investisseurs subissent la pression venue d’Amérique du Nord. Les investisseurs institutionnels étrangers ont ainsi intensifié leurs cessions de titres.

Comme l’a expliqué l’analyste fondamental senior d’Angel One Vakar Javed Khan, La hausse des prix du brut réduira temporairement les marges des entreprises. Mais la hausse des rendements des obligations mondiales constitue une menace à long terme pour les marchés. En raison de la hausse des rendements, les dépenses en capital des entreprises augmenteront, les multiples P/E se contracteront et les fonds étrangers sortiront rapidement des marchés des pays émergents.
Les décisions de la Reserve Bank of India et les perspectives sectorielles
Face à ces turbulences, les acteurs économiques retiennent leur souffle dans l’attente des arbitrages de la banque centrale. Les délibérations du comité de politique monétaire de la Reserve Bank of India, dont l’issue doit être communiquée, focalisent l’attention des analystes. Les experts redoutent un relèvement des taux supérieur aux prévisions pour juguler les tensions inflationnistes importées. Parallèlement, les publications trimestrielles des entreprises s’apprêtent à débuter, inaugurées traditionnellement par les indicateurs financiers de Tata Consultancy Services.
Les analystes sectoriels adoptent des postures contrastées selon les segments industriels. Les valeurs de l’automobile et de la santé subissent des vents contraires prononcés, tandis que les actions du secteur de la pharmacie conservent une certaine stabilité grâce à la solidité de la demande intérieure et à la reprise des exportations. Quant aux valeurs bancaires, elles guettent les signaux monétaires tout en intégrant des mouvements de gouvernance notables, à l’instar de l’aval donné par l’autorité de régulation bancaire à la nomination d’Anoop Bagchi au poste de directeur général de HDFC Bank.
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