Revolut devient la start-up la plus valorisée d’Europe à 115 milliards de dollars

La fintech londonienne Revolut est devenue la start-up la plus valorisée d’Europe à 115 milliards de dollars, rivalisant avec des géants bancaires tout en atteignant 80 millions de clients à travers le monde.

Fondée il y a un peu plus d’une décennie avec la promesse de proposer des frais de change réduits, la plateforme a connu une expansion fulgurante. Sa valorisation privée de 115 milliards de dollars la place désormais devant des établissements séculaires comme la banque britannique Barclays et la française Société Générale.

Une croissance agressive qui inquiète les dirigeants bancaires traditionnels

L’ascension rapide de l’entreprise ne passe pas inaperçue auprès des institutions financières établies. Alors que certains prêteurs d’envergure internationale comme HSBC réduisent leur présence dans la banque de détail, le directeur général Nik Storonsky affiche l’ambition de transformer la structure en un acteur véritablement global, s’étendant du Mexique jusqu’à l’Australie. Cette expansion s’appuie sur l’obtention récente de nouvelles licences bancaires internationales.

Revolut devient la start-up la plus valorisée d'Europe à 115 milliards de dollars
Photo : zonebourse.com

Du côté de la rentabilité, l’exercice 2025 s’est soldé par un bénéfice avant impôt de 1,7 milliard de livres sterling, soit l’équivalent de 2,2 milliards de dollars. Bien que ce montant reste inférieur aux 9 milliards de livres générés par Barclays, la dynamique de croissance de la fintech demeure nettement supérieure. Paulo Macedo, le dirigeant de la plus grande banque portugaise Caixa Geral de Depósitos, a ainsi souligné que l’année 2025 marquerait le dernier exercice où son institution centenaire enregistrerait un profit supérieur à celui de son nouveau rival numérique.

Des volumes de crédit modestes et un modèle économique axé sur les services

Malgré sa valorisation colossale, le profil financier de la plateforme diffère profondément de celui des banques traditionnelles. Une analyse des données financières montre que le montant des revenus générés par utilisateur y est nettement plus faible, tout comme les encours moyens de dépôt. Cette particularité s’explique par un volume de prêts beaucoup plus restreint que celui des établissements classiques.

À la fin de l’année 2025, le portefeuille de prêts de la société s’élevait à seulement 2,2 milliards de livres sterling. Son ratio de prêts sur dépôts s’établit ainsi à 6 %, loin derrière les 55 % affichés par HSBC ou les 86 % de la Société Générale.

Avrupa'nın en değerli girişimi oldu! 80 milyon müşteriye ulaştı
Photo : cnbce.com

Plutôt que de miser principalement sur le crédit, l’établissement tire l’essentiel de ses revenus de services diversifiés et d’abonnements payants pour cartes bancaires.

Une base de 80 millions de clients confrontée aux défis réglementaires et concurrentiels

L’indicateur le plus frappant de cette expansion reste le volume d’utilisateurs. L’entreprise revendique 80 millions de clients, se rapprochant des 84 millions de comptes gérés par JPMorgan et devançant les 41 millions d’HSBC. En Irlande, la pénétration est particulièrement marquée puisque 80 % de la population adulte possède un compte sur l’application.

Revolut Avrupa'nın en değerli girişimi oldu, ancak bankacılıkta ölçek sınavı sürüyor
Photo : foreks.com

Cependant, ce développement rapide s’est accompagné d’incidents notables. En Lituanie, la société a écopé d’une amende pour des manquements liés aux obligations de prévention du blanchiment de capitaux, bien qu’elle ait affirmé qu’aucune opération illicite avérée n’avait été identifiée et qu’un accord avait été conclu avec la banque centrale. En septembre, une fuite accidentelle a entraîné l’envoi de données clients à des pirates informatiques se faisant passer pour des enquêteurs, bien que les fonds et les systèmes soient restés intacts selon la direction.

En Grande-Bretagne, les données de l’médiateur compilées par l’association de consommateurs Which? ont désigné la structure comme la banque ayant fait l’objet du plus grand nombre de réclamations pour des affaires de fraude aux transferts en 2024 et 2025. Par ailleurs, la question de l’utilisation de l’application comme compte principal reste un enjeu crucial pour les investisseurs, à l’instar d’Alex Immerman du fonds Andreessen Horowitz, qui suit de près l’adoption de la plateforme par les usagers pour leurs opérations bancaires quotidiennes.

Le défi de l’expansion sur le marché américain face à une concurrence exacerbée

Pour poursuivre son essor à l’échelle internationale, l’entreprise doit désormais s’implanter durablement aux États-Unis, où elle ne dispose pour l’instant que d’une licence provisoire. Les investisseurs s’accordent à dire que ce territoire représente à la fois la plus grande opportunité de croissance et l’environnement le plus difficile.

Sur le même sujet