L’entreprise américaine commentcamarche.net a annoncé l’intégration d’un système de marquage destiné à rendre identifiables les textes, fichiers et images traités par ses programmes d’intelligence artificielle, à commencer par son assistant Ilpost et l’outil Claude Code. Cette initiative vise à répondre aux obligations de transparence fixées par l’Union européenne dans le cadre de l’AI Act, entré en vigueur en 2024, et plus particulièrement à son article 50 qui impose de marquer les contenus générés ou manipulés par une IA dans un format lisible par machine.
Un nouveau système de marquage invisible pour les textes de Claude
Bien que la législation européenne cible en premier lieu le marché de l’UE, Anthropic a choisi de déployer cette mesure à l’échelle mondiale. Pour les contenus textuels, l’entreprise intègre un filigrane invisible directement au sein de la structure de la réponse. Cette signature numérique est conçue pour être imperceptible par les utilisateurs et ne modifie ni le sens, ni la qualité, ni la lisibilité des productions.
Fonctionnement technique et persistance du marquage
Sur le plan pratique, la technique de watermarking textuel s’applique au niveau du modèle d’intelligence artificielle. Par conséquent, la marque subsiste même lorsque le contenu est copié et collé dans un autre environnement, qu’il s’agisse d’un message électronique, d’un document Word ou d’une conversation sur une messagerie professionnelle, et elle peut également résister à des modifications légères. Les modalités précises sur l’ampleur des retouches nécessaires pour effacer définitivement le signal ne sont toutefois pas encore totalement détaillées.

Pour ce qui est des fichiers et des images au format SVG, PNG ou JPG, Anthropic recourt au standard industriel C2PA (Coalition for Content Provenance and Authenticity). Ce système associe aux fichiers des métadonnées de provenance dotées d’une signature numérique, permettant d’attester qu’un fichier a été manipulé par le modèle et d’identifier d’éventuelles altérations ultérieures.
Déploiement sur les produits et écosystèmes partenaires
Le dispositif s’applique automatiquement à tous les modèles lancés à partir du 2 août 2026. La couverture concerne l’ensemble de l’écosystème de l’entreprise, comprenant l’interface principale, la plateforme API, Claude Code, Claude Cowork et Claude Tag. Les outils proposés par l’intermédiaire de partenaires cloud majeurs tels que AWS, Google Cloud et Microsoft Foundry sont également concernés par cette intégration.

En ce qui concerne les versions plus anciennes publiées avant le 2 août 2026, pour lesquelles la réglementation prévoit un délai de transition de quatre mois, l’entreprise indique qu’elle travaille actuellement à étendre le support de ce marquage de manière rétroactive.
Limites opérationnelles et interprétation des filigranes
Anthropic insiste sur les limites inhérentes à ces technologies de traçabilité. La présence d’un signal détecté n’apporte pas la preuve irréfutable que le contenu a été entièrement rédigé ex nihilo par l’intelligence artificielle. En effet, les utilisateurs recourent fréquemment à l’assistant pour des tâches de correction orthographique, de traduction, de résumé ou de reformulation de textes préexistants ; dans ces cas de figure, le filigrane est également appliqué au résultat final.
Inversement, l’absence de marque ne garantit en rien qu’un texte n’a jamais été traité par une IA. Des manipulations complexes, des reformulations importantes, des conversions de formats ou la transmission sous forme de captures d’écran peuvent suffire à effacer le signal invisible.
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