Isaac Herzog gracie l’ancien soldat Elor Azaria

Le président israélien Isaac Herzog a gracié samedi Elor Azaria, un ancien soldat condamné pour l’homicide involontaire d’un attaquant palestinien incapacité à Hébron en 2016. Cette décision efface la période restante de son casier judiciaire, suscitant à la fois le soulagement de ses soutiens politiques et l’opposition ferme de l’armée.

La grâce présidentielle et les motifs invoqués à la veille de Yom Kippour

Le chef de l’État israélien a signé cette mesure de clémence le samedi 19 septembre 2026, coïncidant avec la période précédant Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon dans le judaïsme. Selon les précisions transmises par la présidence, cette décision répond à la requête formulée par l’ancien militaire pour solder définitivement son passif judiciaire et tourner la page.

Le bureau d’Isaac Herzog a explicitement rappelé que cette intervention ne constitue en aucun cas une réévaluation du dossier judiciaire initial. L’argumentation officielle met en avant les circonstances, le temps écoulé depuis les faits ainsi que les regrets exprimés par l’intéressé dans sa demande formelle.

Dans un communiqué émanant de ses services, il a été précisé que le président israélien a « décidé de grant the request of Elor Azaria to erase the remaining period of his criminal record and continue with his life ».

Rappel des faits de 2016 à Hébron et chronologie judiciaire

Alors en poste en tant que sergent et médecin militaire dans la ville cisjordanienne d’Hébron, Elor Azaria avait abattu d’une balle dans la tête Abdel Fattah al-Sharif. Ce dernier avait poignardé un soldat israélien avant d’être neutralisé par les tirs de l’armée et de gésir au sol, désarmé et immobile, depuis environ onze minutes.

Durant son procès, le militaire avait affirmé redouter que sa cible ne porte une ceinture explosive, une explication rejetée par les juges. Condamné en première instance pour homicide involontaire, il avait écopé d’une peine de dix-huit mois de prison, dont il n’avait finalement purgé que neuf mois derrière les barreaux avant d’être libéré en mai 2018. Dans sa première interview après sa sortie de détention, il avait affirmé qu’il agirait de la même manière s’il se retrouvait dans la même situation.

L’opposition tranchée de l’armée et la réaction politique

La décision présidentielle intervient malgré l’avis défavorable de l’état-major de l’armée. En juillet, le chef d’état-major Eyal Zamir avait adressé un courrier officiel à la présidence pour s’opposer à l’effacement du casier judiciaire, soulignant l’absence de remords et de prise de responsabilité de la part du demandeur près d’une décennie après sa condamnation.

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Photo: ijr.com

Le chef d’état-major Eyal Zamir a indiqué que cette position reposait sur plusieurs considérations, incluant notamment le fait que le requérant s’était abstenu d’exprimer des remords et d’assumer la responsabilité de ses actes, et ce, même une décennie après sa condamnation.

Isaac Herzog gracie l’ancien soldat Elor Azaria
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À l’inverse, l’exécutif politique a salué cette mesure. Le ministre de la Défense Israel Katz a qualifié la mesure de décision juste, humaine et appropriée au terme d’une mission opérationnelle complexe. De son côté, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a exprimé sa vive satisfaction sur le réseau social X, écrivant : « As someone who demonstrated a decade ago for Elor Azaria, the cancelation of the criminal record of someone who eliminated a terrorist is deeply moving and joyful for me ».

Itamar Ben Gvir a également ajouté que « This record should never have existed in the first place, if the rules of engagement had been different », tout en exhortant le président à accorder également sa clémence au Premier ministre Benjamin Netanyahu, actuellement poursuivi dans des affaires de corruption.

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