Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA a activé avec succès son instrument principal, une caméra infrarouge de 300 mégapixels, tout en réalisant de premiers tests de starlight à un million de kilomètres de la Terre. La mission, lancée le 30 août 2026, dispose désormais d’une réserve de carburant suffisante pour potentiellement 22 ans.
Le voyage vers le point de Lagrange L2, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, franchit une étape décisive. L’agence spatiale a confirmé que la caméra infrarouge Wide Field Instrument (WFI) a capté ses tout premiers photons de starlight. Les images initiales montrent un champ d’étoiles floues en forme de halos ou de donuts
, un état parfaitement attendu par les ingénieurs puisque le tableau de détecteurs se trouve encore dans sa position de lancement, loin de sa mise au point optimale.
Ce premier test visuel sert de point de départ pour aligner l’optique du télescope et affiner la focalisation, selon les informations diffusées par la NASA sur son blog officiel. L’instrumentation scientifique doit passer par des mois de calibrage avant de diffuser ses premières images définitives, attendues au plus tôt au début de l’année 2027.
Une préparation minutieuse à un million de kilomètres de la Terre
Avant d’allumer les 18 détecteurs infrarouges de la caméra — dont la surface totale équivaut à l’écran d’un ordinateur portable —, l’équipe technique a dû laisser l’équipement au repos pendant dix jours afin d’éliminer toute trace d’humidité et de contaminants. Les capteurs ont d’abord été maintenus à une température relativement clémente de moins 85 degrés Fahrenheit (moins 65 degrés Celsius) avant d’être refroidis à moins 225 Fahrenheit (moins 143 Celsius), puis de descendre progressivement vers leur température d’exploitation finale de moins 300 degrés Fahrenheit (moins 183 Celsius).

Josh Schlieder, responsable scientifique de l’instrument à champ large au Goddard Space Flight Center de la NASA, a indiqué qu’après des années d’efforts consacrés à la construction et aux tests de l’instrument au sol, ils avaient désormais la confirmation qu’il était opérationnel dans l’espace, ajoutant qu’il s’agissait d’une étape majeure pour l’équipe de Goddard et leurs équipes industrielles chez BAE Systems, Inc.
Les équipes industrielles associées à la construction et aux tests incluent notamment BAE Systems, Inc. et Teledyne, tandis que le pilotage technique est assuré depuis le Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland.
Le coronographe et l’évaluation des performances thermiques
Parallèlement à la mise en route de la caméra principale, le second instrument du télescope, le coronographe, a également étendu ses membres numériques, électroniques et mécaniques. Conçu pour bloquer l’éblouissement des étoiles et permettre l’imagerie directe d’exoplanètes lointaines, cet appareil utilise un système de miroirs déformables et de masques optiques. Les techniciens ont vérifié le bon fonctionnement de ses contrôles thermiques, le système étant prévu pour fonctionner à une température proche de l’ambiance pour faciliter les tests et l’adaptation des matériaux, selon les précisions de l’agence.

Les vérifications préliminaires menées sur les connectivités, les détecteurs CCD et le mécanisme de mise au point se sont révélées positives sur toute la ligne.
Une autonomie en carburant prolongée jusqu’à 22 ans
Initialement programmé pour une mission principale d’une durée de cinq ans, le télescope spatial Roman bénéficie d’une estimation de longévité nettement revue à la hausse. Grâce à la précision de la trajectoire imprimée lors du lancement effectué par une fusée Falcon Heavy de SpaceX depuis le Centre spatial Kennedy en Floride, la première correction de cap a consommé une part infime du carburant réservé à cette manœuvre.

Cette prolongation potentielle dépasse largement la configuration initiale de dix ans de carburant budgétisé.
Les objectifs scientifiques de la mission restent axés sur l’étude de l’énergie sombre, la cartographie de la structure de la matière dans l’Univers à l’aide des effets de microlentille gravitationnelle, et le recensement de systèmes planétaires extrasolaires. L’observatoire transporte en outre une carte mémoire contenant les noms de 1,3 million de personnes enregistrées avant le départ.
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