Prix du gazole aux États-Unis : le gallon dépasse 6 dollars

Le prix moyen du gazole aux États-Unis a dépassé les 6 dollars le gallon pour la première fois, sous l’effet des perturbations de l’offre mondiale de pétrole provoquées par les conflits au Moyen-Orient et les frappes contre les infrastructures énergétiques russes, selon les données publiées cette semaine par les agences de suivi des prix.

Les marchés énergétiques mondiaux subissent une pression sans précédent, tirés vers le haut par une convergence de chocs géopolitiques qui asphyxient la chaîne d’approvisionnement en carburants. La situation se traduit par des hausses spectaculaires à la pompe et une volatilité accrue sur l’ensemble des marchés financiers, pénalisant aussi bien les transporteurs que les consommateurs à travers le monde.

Les prix du gazole et de l’essence s’envolent aux États-Unis et en Europe

Aux États-Unis, GasBuddy a enregistré une moyenne nationale du gazole dépassant 6 dollars le gallon, tandis que l’American Automobile Association (AAA) a établi la moyenne à 5,98 dollars, soit une hausse de 61 pour cent par rapport aux 3,71 dollars affichés un an auparavant. Cette envolée pèse lourdement sur les secteurs utilisant massivement le transport routier, ferroviaire ou maritime.

De l’autre côté de l’Atlantique, la tendance est similaire. Selon le bulletin pétrolier hebdomadaire de la Commission européenne, les prix moyens de l’essence au sein de l’Union européenne ont grimpé de 1,64 à 2,04 euros par litre, tandis que le gazole est passé de 1,59 à 2,11 euros par litre par rapport à la semaine du déclenchement du conflit.

Trois crises convergentes et des infrastructures stratégiques paralysées

L’origine de cette crise réside dans la conjonction de plusieurs événements majeurs. Terry Collins, conseiller principal en politiques auprès de l’association automobile néo-zélandaise AA, a pointé du doigt trois facteurs principaux : la fermeture des routes maritimes et des oléoducs alternatifs, ainsi que la poursuite des hostilités.

US diesel prices cross $6 a gallon for first time as Iran war squeezes fuel supply
Photo: firstpost.com

La fermeture de l’oléoduc saoudien Est-Ouest, intervenue après une attaque de drones, prive le marché d’une alternative cruciale au détroit d’Ormuz, actuellement verrouillé. Selon des sources sectorielles rapportées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cet arrêt menace jusqu’à 4 pour cent de l’offre mondiale de pétrole brut, les stocks exportables du port de Yanbu ne disposant que de cinq à sept jours de réserves.

À cette tension s’ajoutent les frappes ukrainiennes répétées contre les raffineries russes. Le président américain Donald Trump a publiquement demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky de cesser les attaques ciblant les infrastructures de gazole, affirmant que ces opérations exacerbent la pénurie mondiale de carburant raffiné.

Impacts directs sur le transport maritime et la chaîne logistique mondiale

Le secteur du transport maritime subit de plein fouet ces perturbations. D’après les prévisions d’Energy Aspects, le marché mondial du fioul lourd (fuel oil), indispensable pour les navires et certains générateurs, devrait accuser un déficit d’environ 218 000 barils par jour au cours du troisième trimestre, marquant le premier recul significatif depuis le troisième trimestre de 2025.

Prix du gazole aux États-Unis : le gallon dépasse 6 dollars
Photo: aa.com.tr

Les raffineries privilégient la production de carburants à plus forte marge comme le gazole et l’essence, réduisant la disponibilité du fioul marin. Cette raréfaction, combinée aux détours obligatoires des navires pour éviter les zones de conflit, a fait exploser les coûts d’exploitation. À Singapour, le prix du très faible en soufre (VLSFO) a ainsi bondi d’environ 76 pour cent par rapport au début du conflit pour atteindre près de 825 dollars par tonne métrique.

Répercussions économiques et dilemme des banques centrales

Cette escalade des coûts énergétiques se propage à l’ensemble de l’économie, alimentant l’inflation et contraignant les banques centrales à maintenir une posture stricte. Sur les marchés obligataires, les rendements de la dette souveraine de plusieurs grandes économies ont atteint des plus-hauts pluriannuels, les investisseurs exigeant des primes plus élevées face à l’incertitude géopolitique.

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