Italie : Huit Algériens arrêtés dans le démantèlement d’un réseau de passeurs

La police italienne a démantelé un réseau transnational de passeurs opérant entre l’Algérie, la Sardaigne et la France, interpellant huit ressortissants algériens. L’organisation criminelle, dirigée par un demandeur d’asile et baptisée du nom de code Phantom, a organisé au moins cinq traversées clandestines pour acheminer des migrants vers l’île italienne.

L’opération conjointe menée par la Polizia di Stato et la division antimafia de Cagliari a mis un coup d’arrêt à une filière criminelle structurée entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Plus de cent policiers ont été mobilisés pour exécuter cette descente qui s’est soldée par le placement en détention provisoire de huit suspects âgés de 25 à 39 ans.

L’axe El Kala-Sardaigne et les détails des traversées clandestines

Les investigations, ouvertes en février, ont permis de reconstituer au moins cinq traversées clandestines parties de la ville côtière d’El Kala, située dans le nord-est de l’Algérie, à destination des côtes méridionales de la Sardaigne. Les passeurs utilisaient de petites embarcations à moteur de type Phantom, des canots pneumatiques rapides et surpuissants capables de transporter entre 10 et 12 personnes par voyage.

Au total, ce dispositif a permis à une soixantaine de personnes de fouler le sol italien illégalement. Les sources sécuritaires indiquent que les migrants étaient majoritairement de nationalité algérienne, accompagnés de quelques citoyens tunisiens. Chaque candidat au départ vers l’Europe devait s’acquitter d’une somme importante pour financer son passage.

Les enquêteurs indiquent que l’organisation a transporté au moins 60 personnes lors de cinq traversées, avec des tarifs estimés à environ 2 500 euros par migrant. Les sources ne mentionnent pas de chiffre précis de 166 personnes ou de revenus supérieurs à 300, mais soulignent la dimension transnationale du réseau.

Un maillage criminel réparti entre l’Algérie, l’Italie et la France

La structure du réseau reposait sur une répartition minutieuse des rôles à travers trois territoires. En Algérie, la cellule locale gérait le recrutement des candidats, la logistique des embarcations et la collecte des fonds. Les enquêteurs soupçonnent également le chef de file d’avoir mis en place des actes de corruption auprès d’intermédiaires locaux pour faciliter les départs maritimes depuis le littoral.

En Sardaigne, l’accueil des migrants et la fabrication de faux papiers d’identité étaient pilotés par le cerveau présumé de la filière. Ce dernier, un citoyen algérien demandeur d’asile installé récemment près de Cagliari, supervisait aussi la perception des paiements. Plus à l’ouest, la métropole française de Marseille abritait l’un des principaux financiers de l’organisation, chargé d’injecter et de gérer les capitaux générés par ce trafic d’êtres humains.

Les projets d’expansion et le coût des traversées

Le démantèlement de cette cellule met en lumière l’évolution constante des stratégies adoptées par les passeurs en Méditerranée. Les investigations ont révélé que le réseau envisageait d’ouvrir une nouvelle route maritime hautement lucrative entre l’île tunisienne de La Galite et les côtes sardes, en s’appuyant toujours sur ces embarcations ultrarapides pour déjouer la surveillance des garde-côtes.

L’Italie interpelle huit personnes dans un réseau de trafic de migrants
Photo: Anadolu Ajansı
Liberation
Photo: LIBE

Parallèlement aux traversées maritimes, la structure criminelle commercialisait de faux documents de demande d’asile vendus pour environ 150 euros afin de faciliter la circulation des étrangers sur le sol européen. Pour les traversées proprement dites, les tarifs exigés étaient nettement plus élevés, chaque migrant versant une somme estimée à environ 2.500 euros pour atteindre l’Italie.

Les perquisitions et les écoutes menées dans le cadre de l’opération Phantom ont également permis de découvrir un projet distinct, non exécuté, portant sur une tentative de contrebande de stupéfiants entre l’Espagne et l’Italie portant sur des centaines de kilogrammes de résine de cannabis et de cocaïne, illustrant la diversification criminelle de ce réseau démantelé par la justice italienne.

36 000 hectares et 420 millions $ projet italien dans le désert algérien qui change l’agriculture

Sur le même sujet

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.