Apple restreint le nombre de signalements de failles de sécurité générés par l’IA

Face à un afflux massif de signalements de failles de sécurité générés par l’intelligence artificielle et souvent perturbés par des hallucinations, Apple a introduit un plafond de soumissions assorti d’un délai de réflexion de 30 jours, modifiant sa politique pour les chercheurs en cybersécurité.

La prolifération des outils d’intelligence artificielle transforme la recherche en cybersécurité, bousculant les géants technologiques dans leur gestion des vulnérabilités. Apple restreint désormais le nombre de signalements de failles de sécurité que les chercheurs peuvent lui soumettre, selon les informations rapportées par Iphoneaddict. Cette décision fait suite à une explosion des soumissions automatisées, dont certaines souffrent d’hallucinations, submergeant les équipes chargées de la sécurité.

Le cas de la start-up Bynario et le marché noir des vulnérabilités

Sur le marché noir, une chaîne de vulnérabilités capable de transformer un utilisateur sans privilèges en administrateur d’un Mac s’évalue entre 100 000 et 200 000 dollars, d’après les données relayées par Iphoneaddict. C’est précisément une telle faille que la start-up italienne Bynario n’a pas pu transmettre à Apple, ses soumissions ayant été bloquées au moment critique selon les déclarations de son dirigeant, Alfredo Pesoli.

À l’aide de ChatGPT, la structure avait identifié plus de 50 failles de sécurité dans macOS en l’espace de trois semaines. Parmi elles figuraient une chaîne d’escalade de privilèges ainsi que plusieurs vulnérabilités basées sur un enchaînement d’actions légitimes exécutées dans un ordre involontaire. L’effet de la nouvelle restriction mise en place en juin est immédiat : la start-up, qui avait signalé huit failles en 2025, n’en avait déclaré que cinq en 2026 avant d’être bloquée.

La riposte d’Apple et le tri automatisé par l’IA

Pour faire face à cette marée de rapports, le fabricant de l’iPhone a instauré un quota sur le nombre de nouveaux signalements qu’un chercheur peut maintenir ouverts simultanément, tout en instaurant un délai de réflexion de 30 jours. Auprès du Financial Times, la firme de Cupertino a livré sa position :

Apple a indiqué au Financial Times que, compte tenu de l’augmentation du nombre de signalements de failles de sécurité générés par l’intelligence artificielle dans l’ensemble du secteur, la société avait récemment ajusté le nombre de nouveaux signalements qu’un chercheur pouvait avoir ouverts simultanément, tout en ajoutant que les chercheurs pouvaient facilement demander une augmentation de cette limite à tout moment afin de s’assurer que les signalements critiques parvenaient à leurs équipes de sécurité.

L’entreprise a également confirmé être en contact avec Bynario pour étudier ses demandes d’augmentation de quota. Pour absorber ce flux, Apple s’appuie désormais sur l’intelligence artificielle afin de trier les signalements reçus.

L’arme à double tranchant de l’intelligence artificielle

Cette situation met en lumière la dualité de l’IA dans l’écosystème numérique. Si elle permet aux chercheurs rigoureux de dénicher de vraies vulnérabilités, elle produit dans le même temps un volume considérable de signalements spéculatifs émanant d’amateurs, rendant la validation plus complexe que la découverte elle-même.

Les récentes vaches de mises à jour, telles qu’iOS 26.6 et macOS 26.6, ont permis de boucher environ cinq fois plus de correctifs que lors des cycles précédents, l’entreprise n’ayant pas manqué de créditer des modèles comme Claude et Codex pour ces découvertes.

Le contournement des protections et les perspectives de recherche

L’utilisation de l’intelligence artificielle ne se limite pas aux défenseurs. En septembre 2025, Apple avait déployé la protection Memory Integrity Enforcement (MIE) pour contrer les attaques par corruption de mémoire, adossée à un programme bug bounty pouvant atteindre 5 millions de dollars pour les failles les plus critiques. Huit mois plus tard, des chercheurs de la société californienne Calif ont réussi à contourner cette barrière en employant Mythos, le modèle d’IA d’Anthropic spécialisé dans la recherche de failles.

Cette brèche repose sur une corruption mémoire classique, se distinguant des failles logiques mises en lumière par Bynario. Ces deux cas démontrent que l’IA générative s’impose durablement comme un pivot central pour l’ensemble des acteurs de la sécurité informatique, qu’ils soient offensifs ou défensifs.

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