Crédits carbone : la première approbation de l’ONU validée

Les Nations Unies ont approuvé jeudi les premiers crédits carbone dans le cadre d’un marché mondial visant à réduire les émissions, un mécanisme scruté de près en raison des inquiétudes liées au « greenwashing ».

Ce marché, chapeauté par l’ONU et établi en vertu de l’Accord de Paris sur le climat, permet aux entreprises et aux pays de compenser leurs émissions excédentaires en finançant des projets de réduction des gaz à effet de serre dans d’autres nations.

Le premier projet à générer des crédits concerne le Myanmar, où sont distribuées des cuisinières à bois plus efficaces. Ces foyers améliorés réduisent la pollution de l’air intérieur et la pression sur les forêts locales. Le projet, mis en œuvre en partenariat avec une entreprise sud-coréenne, générera des crédits qui contribueront aux objectifs climatiques de la Corée du Sud et du Myanmar.

Selon l’agence climatique des Nations Unies, les réductions d’émissions obtenues grâce à ce projet sont 40 % plus importantes que celles d’un ancien système, grâce à des calculs plus conservateurs conformes au nouveau Mécanisme de crédits de l’Accord de Paris (PACM).

« Notre objectif est d’instaurer la confiance dans ce marché dès le départ, et cette première émission montre que le système fonctionne comme prévu », a déclaré Jacqui Ruesga, vice-présidente de l’organe de supervision du PACM.

Plus de deux milliards de personnes dans le monde utilisent encore des foyers ouverts ou des cuisinières inefficaces alimentées au kérosène, au charbon ou à la biomasse (bois, déchets agricoles, fumier). La pollution de l’air qui en résulte cause des millions de décès chaque année, selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Les cuisinières utilisées dans le projet myanmar améliorent la combustion de la biomasse ligneuse, réduisant ainsi la quantité de combustible nécessaire et la fumée émise à l’intérieur des habitations.

Simon Stiell, le chef du climat de l’ONU, a souligné que ce marché offre de vastes opportunités dans toutes les régions, en particulier grâce à la mise en place de garanties environnementales solides, de normes rigoureuses et d’un système clair de recours pour assurer l’intégrité, l’inclusivité et l’efficacité.

L’Accord de Paris, conclu en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, idéalement à 1,5°C, et prévoit également la possibilité pour les pays de participer à des échanges transfrontaliers de réductions d’émissions.

De nouvelles règles concernant le mécanisme de marché du carbone ont été adoptées lors de la COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan, en 2024. Si certaines organisations environnementales, comme Greenpeace, ont souligné la présence de failles qui pourraient permettre aux entreprises fossiles de continuer à polluer, d’autres ont salué l’apport de cette clarification dans les efforts mondiaux de régulation des crédits carbone.

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