We are deeply concerned about the ongoing conflict on the Ethiopian side of the border in Moyale,
ont déclaré des dirigeants locaux kényans, pointant un afflux massif de populations qui pèse lourdement sur les infrastructures locales.
Quelque 50 000 Éthiopiens ont fui vers le Kenya au cours des dernières semaines pour échapper à des combats féroces dans la ville frontalière de Moyale. Cette crise humanitaire résulte d’un différend territorial et ethnique entre les régions de l’Oromia et de Somali, déclenché par l’affichage d’un drapeau régional.
L’embrasement de Moyale et la fuite vers le Kenya
La mort d’une adolescente de 13 ans a provoqué l’embrasement de la zone.
Les habitants en fuite décrivent des scènes dramatiques. Halima Hussein, âgée de 28 ans et mère de trois enfants, a déclaré à l’AFP que leurs maisons avaient été incendiées, qu’ils n’avaient plus de nourriture, que leur fuite avait été semée d’embûches et qu’ils avaient vu de nombreux cadavres sur les routes.
Beshir Dadie Tufa, un chauffeur de train de 51 ans, a quant à lui rapporté qu’il restait uniquement des hommes armés échangeant des tirs dans sa zone d’origine, et qu’il est arrivé au Kenya séparé de ses trois enfants, ignorant totalement où ils se trouvent.
La Croix-Rouge kényane a indiqué le 24 octobre que plus de 14 000 Éthiopiens avaient traversé la frontière, dont plus de 10 900 installés dans six camps temporaires et environ 4 000 accueillis par des proches et des familles d’hôtes.

Le 25 octobre, le commissaire du comté de Marsabit, Stanley Kamande, cité par la Kenya News Agency, a évalué à environ 35 000 le nombre de personnes ayant cherché refuge, avec près de 15 000 personnes dans des camps et 20 000 au sein des communautés locales. Selon les autorités locales kényanes et le HCR, le total des personnes ayant trouvé refuge s’élève finalement à environ 50 000.
Au moins 11 000 déplacés, principalement des femmes et des enfants, s’abritent dans des sites temporaires, notamment des écoles, tandis que plus de 25 000 ont été accueillis par la communauté locale, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Mobilisation face aux ressources rares
Face à cet afflux soudain et massif dans une région semi-aride et pauvre où les ressources en eau sont rares, la Croix-Rouge kényane, le HCR et les autorités kényanes font face à un défi complexe en matière de mobilisation des ressources. L’agence onusienne pour les réfugiés réclame, aux côtés d’autres agences de l’ONU, quelque 8,9 millions de dollars pour fournir une aide vitale aux déplacés de ce conflit qui reste largement passé sous les radars de la communauté internationale.
Silence officiel et contagion frontalière
Jusqu’à présent, ni le gouvernement régional de l’Oromia ni celui de la région Somali n’ont publié de déclaration officielle reconnaissant le conflit. Les autorités fédérales d’Addis-Abeba ne se sont pas prononcées non plus.
L’Éthiopie — deuxième pays le plus peuplé d’Afrique avec environ 130 millions d’habitants — est en proie à plusieurs conflits armés sur son immense territoire, notamment en Oromia, en Amhara et dans le Tigré, selon Edward Bach, analyste pour l’Afrique au cabinet de conseil en risques Verisk Maplecroft interrogé par l’AFP.

L’analyste souligne que l’action des forces fédérales, accaparées par les affrontements dans le nord, est lente et inadaptée face à la situation à Moyale, ce qui a aggravé les affrontements et favorisé une détérioration constante de la situation qualifiée de « pire que jamais ».
Dans le comté de Mandera, des résidents oromos ont signalé des attaques ciblées de la part de jeunes locaux, craignant des répercussions directes de la violence frontalière.
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