Meta sous pression : Zuckerberg défend Instagram face aux accusations d’addiction chez les jeunes
Los Angeles, Californie – Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta, a défendu mercredi les choix de son entreprise concernant Instagram, notamment le maintien des filtres de beauté, face aux accusations selon lesquelles la plateforme serait addictive pour les adolescents et nuirait à leur bien-être mental. Le témoignage de Zuckerberg s’inscrit dans le cadre d’un procès historique à Los Angeles, qui pourrait ouvrir la voie à une vague de poursuites contre les géants de la technologie.
Le procès, intenté par une jeune femme de 20 ans, KGM, allègue qu’Instagram et YouTube (de Google) ont contribué à ses problèmes de santé mentale, notamment l’anxiété et la dépression, en créant une dépendance. Des cas similaires ont déjà été réglés à l’amiable avec Snap et TikTok.
Zuckerberg a expliqué au tribunal que la décision de lever l’interdiction des filtres de beauté, malgré les inquiétudes exprimées par 18 experts engagés par Meta, était motivée par un souci de “liberté d’expression”. Il a qualifié les restrictions proposées de “paternalistes” et “excessives”, insistant sur le fait qu’il préférait “privilégier la capacité des gens à s’exprimer”.
Ce procès intervient alors que les plateformes de médias sociaux sont de plus en plus scrutées pour leur impact sur la santé mentale des jeunes. Les comparaisons avec la répression du tabac dans les années 1990 sont nombreuses, soulignant la possibilité de conséquences juridiques pour les entreprises qui auraient sciemment développé des produits addictifs.
Des documents internes cités dans l’affaire révèlent que Meta était consciente des risques potentiels des filtres de beauté, notamment l’encouragement à la dysmorphie corporelle et d’autres problèmes de santé. Pourtant, Zuckerberg a affirmé que la décision de les réintroduire était davantage liée à des considérations de liberté d’expression qu’à des motivations financières.
Le témoignage de Zuckerberg a été marqué par des échanges tendus avec l’avocat de KGM, Mark Lanier, qui a mis en lumière des contradictions entre les déclarations passées du PDG devant le Congrès américain et les documents internes de l’entreprise. Lanier a notamment présenté un document de 2018 estimant à 4 millions le nombre d’utilisateurs de moins de 13 ans sur Instagram en 2015, soit environ 30% des 10-12 ans aux États-Unis. Zuckerberg a reconnu la difficulté de vérifier l’âge des utilisateurs, admettant que l’entreprise “souhaitait avoir pu en arriver là plus tôt”.
Au-delà de ce procès spécifique, l’affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des plateformes de médias sociaux et la nécessité de réglementations plus strictes. Des milliers d’individus, de districts scolaires et de procureurs généraux ont déposé des plaintes similaires contre les géants de la technologie, réclamant des dommages et intérêts ainsi que des modifications de la conception des plateformes.
Un autre procès, concernant le manque de suppression de contenu pédopornographique sur les plateformes Meta, a débuté ce mois-ci au Nouveau-Mexique.
Zuckerberg a également affirmé que Meta ne cherchait plus à maximiser le temps passé par les utilisateurs sur ses plateformes, se concentrant désormais sur la “pertinence” et la “valeur” à long terme. Cependant, il a été confronté à des courriels et des documents internes datant de 2013 à 2022, dans lesquels lui et d’autres employés de Meta affirmaient clairement que l’augmentation du temps passé était un objectif clé, notamment chez les adolescents.
Un courriel interne particulièrement frappant, cité dans l’affaire, décrit Instagram comme une “drogue” et ses employés comme des “vendeurs”. Un chercheur a même écrit que le responsable d’Instagram, Adam Mosseri, avait “paniqué” lorsqu’on lui a fait part des effets de la dopamine liés à l’utilisation des médias sociaux.
Meta se défend en arguant que les recherches scientifiques ne prouvent pas que les médias sociaux sont addictifs et que d’autres facteurs pourraient expliquer les problèmes de santé mentale de KGM, tels que des abus familiaux. L’entreprise met également en avant ses investissements massifs dans la sécurité des enfants.
L’issue de ce procès à Los Angeles pourrait avoir des conséquences majeures pour Meta et Google, en établissant un précédent juridique qui pourrait encourager d’autres poursuites. Les plaignants soutiennent que le problème ne réside pas dans le contenu diffusé sur les plateformes, mais dans leur conception même, avec des fonctionnalités telles que les “likes”, le défilement infini et les notifications push, qui encouragent la comparaison sociale et la dépendance.
Ce procès est le premier d’une série de neuf affaires similaires à être jugées devant un jury. D’autres procès fédéraux sont prévus cet été, axés sur l’impact de la dépendance aux médias sociaux sur les écoles et les enseignants.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube analysant l’impact des médias sociaux sur la santé mentale des adolescents : lien vers une source fiable et pertinente]
[Intégration potentielle d’un post Instagram illustrant les dangers des filtres de beauté et de la comparaison sociale : lien vers un compte d’éducation à la santé mentale]
Ce procès met en lumière une question cruciale pour la société : comment concilier la liberté d’expression avec la protection de la santé mentale des jeunes dans un monde de plus en plus connecté.
