Rome met en œuvre une stratégie quinquennale de 50 millions d’euros pour contrer l’intensification des vagues de chaleur, marquées par le phénomène météorologique de l’omega-configuratie
. Face à des températures nocturnes dépassant les 20°C et des records de chaleur, la capitale italienne multiplie les espaces verts et les refuges climatiques pour protéger ses habitants.
Le « nouveau normal » climatique de Rome
Pour répondre à cette crise, Rome a lancé un plan ambitieux doté de 50 millions d’euros sur cinq ans. L’objectif est double : atténuer l’impact immédiat sur les populations vulnérables, notamment les personnes âgées et les enfants, tout en restructurant l’espace public pour abaisser les températures sur le long terme.
Verdissement urbain et suppression du béton
L’un des piliers de cette stratégie repose sur l’expansion massive des zones végétalisées. Depuis 2021, la ville a enregistré une augmentation de 187 hectares d’espaces verts, soit une progression de 4,56 %. Ce travail inclut la création de cinq nouveaux parcs le long du fleuve Tibre et l’amélioration des zones boisées dans les quartiers résidentiels. Depuis 2022, environ 38 000 arbres ont déjà été plantés, avec l’ambition d’en ajouter des centaines de milliers supplémentaires.
Au-delà de la plantation, le stadsbestuur procède au retrait systématique de trottoirs en béton pour laisser place à la terre et à la végétation. Cette déminéralisation des sols permet une meilleure absorption des eaux de pluie et limite l’accumulation thermique. En complément, la municipalité a mis en place une cartographie publique recensant les « refuges climatiques » — bibliothèques, centres culturels et parcs — où les résidents et les touristes peuvent trouver un abri contre les températures extrêmes.
For more on this story, see Allemagne confirme son abandon du charbon d’ici 2030 malgré les réserves de centrales.
L’impact de l’« omega-configuratie » sur le continent
La chaleur intense qui frappe l’Italie s’inscrit dans un schéma météorologique complexe identifié par les experts comme une omega-configuratie
.
Si ce phénomène n’est pas intrinsèquement inédit, les chercheurs du Conseil national de la recherche (Cnr) italien notent que le changement climatique en accroît la dangerosité. Les systèmes de haute pression se déplacent plus loin vers le nord et les masses d’air impliquées sont plus chaudes, prolongeant la durée des vagues de chaleur. Cette situation a des répercussions bien au-delà de Rome :
- En France, 77 départements ont été placés en alerte orange et neuf en alerte rouge, avec une lutte active contre des centaines de départs de feu.
- Au Royaume-Uni, des records de température ont été battus, notamment dans le Surrey avec plus de 33°C, forçant l’extension des alertes météo vers les régions du nord.
- Les températures des mers entourant l’Italie, comme la mer Ligure et la mer de Corse, affichent des valeurs de 7 à 8°C supérieures aux moyennes saisonnières, ce qui risque d’intensifier les phénomènes orageux lors de la rupture de ces dômes de chaleur.
Alors que des orages sont attendus sur les Apennins et dans la plaine du Pô, les experts préviennent que la violence potentielle de ces épisodes météorologiques est exacerbée par la chaleur accumulée dans les eaux marines, transformant chaque perturbation en un événement à risque pour l’infrastructure urbaine et rurale.
Find more reporting in our Économie section.
À ne pas manquer
