Les Houthis s’emparent de l’île de Mayyun dans le détroit de Bab el-Mandeb

Les forces houthies soutenues par l’Iran se sont emparées le 11 septembre 2026 de l’île de Mayyun, au milieu du détroit de Bab el-Mandeb, parachevant le contrôle de cette route maritime stratégique pour les exportations pétrolières mondiales et accentuant la tension sur le trafic en mer Rouge.

La situation géopolitique au Moyen-Orient connaît un nouveau tournant critique. Les rebelles houthis ont pris le contrôle de l’île stratégique de Mayyun, également connue sous le nom de Perim Island, située au beau milieu du détroit de Bab el-Mandeb. Cette progression militaire terrestre et maritime le long de la côte de la mer Rouge a permis au mouvement armé de parachever sa mainmise sur l’une des voies d’approvisionnement énergétique les plus fréquentées de la planète.

Une offensive militaire rapide le long de la mer Rouge

L’offensive menée par les forces houthies a bousculé les positions loyalistes. Selon les rapports de terrain, les bateaux transportant des combattants houthis armés ont atteint l’île de Mayyun après le retrait des forces gouvernementales, ainsi que l’a indiqué un responsable du gouvernement local sous le couvert de l’anonymat. Des témoins oculaires ont également rapporté que des hommes armés se déployaient le long du rivage et patrouillaient à bord de véhicules militaires.

Cette percée s’est accompagnée de combats intenses ayant fait des centaines de morts au cours de la semaine écoulée. En réponse, l’Arabie saoudite a multiplié les frappes aériennes, touchant notamment l’aéroport de Mokha, d’après les médias contrôlés par les Houthis. L’avancée rebelle s’est également étendue au port stratégique de Mokha et a poussé les forces soutenues par Riyad à se replier plus au sud, vers la localité de Dhubab, située face à l’île de Perim.

Implications pour le commerce mondial et les cours du pétrole

Le détroit de Bab el-Mandeb constitue le point de passage vital reliant l’Asie à l’Europe par la mer Rouge et le canal de Suez. La prise de contrôle de cette zone géographique confère aux rebelles un levier considérable sur le trafic maritime international, au moment même où le détroit d’Ormuz reste entravé par le conflit élargi entre les États-Unis et l’Iran.

Cette double contrainte exercée sur les corridors maritimes mondiaux pèse lourdement sur les marchés de l’énergie.

Cette escalade est inacceptable, et ceux qui la permettent en portent la responsabilité. Jenifer Neidhart de Ortiz, représentante des États-Unis

Réactions diplomatiques et craintes d’embrasement régional

La communauté internationale s’alarme de cette configuration militaire inédite. Hans Grundberg, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, a averti le Conseil de sécurité qu’il fallait agir d’urgence face à une phase nouvelle et plus dangereuse du conflit yéménite. Il a souligné que l’installation d’une présence directe des Houthis aux abords de ce détroit névralgique menaçait directement la liberté de navigation.

(Photo via AP)
Photo: newindianexpress.com
Houthis seize key Red Sea island, control Bab al Mandab area

La diplomatie américaine a qualifié les rebelles d’agents et d’instruments de l’Iran. En réaction, le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé par la voix de ses porte-parole que la crise ne pouvait être réglée par le blocus ou l’action militaire, tout en réfutant un contrôle direct sur les décisions houthies, un responsable iranien déclarant que l’Iran ne contrôle pas les Houthis.

Le porte-parole houthi Mohammed Abdulsalam a pour sa part soutenu que les opérations menées par son mouvement relevaient de la légitime défense et cesseraient dès l’arrêt des hostilités au Yémen. Alors que des alertes d’urgence ont de nouveau retenti dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite en raison de tirs de projectiles, l’évolution de la situation en mer Rouge reste suspendue à l’équilibre précaire de cette zone maritime sous haute tension.

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