À l’occasion de la vingt-deuxième Conférence des affaires extérieures, les diplomates et responsables vietnamiens soulignent que le renforcement des liens bilatéraux avec les États-Unis offre aux collectivités locales une opportunité historique d’attirer des investissements dans les hautes technologies, tout en exigeant une stratégie d’accueil plus ciblée.
Les relations bilatérales entre le Vietnam et les États-Unis traversent leur période la plus dynamique depuis la normalisation diplomatique intervenue en 1995. Selon les déclarations formulées lors de la vingt-deuxième Conférence des affaires extérieures à Hanoï, la revalorisation des liens au rang de partenariat stratégique global, actée en septembre 2023, pose les bases d’une coopération technologique et économique sans précédent. Toutefois, les autorités rappellent que ce cadre institutionnel ne produira des effets concrets qu’à condition d’être traduit en projets tangibles au niveau des territoires locaux.
Le tournant des investissements américains dans les technologies de pointe
Pour la communauté d’affaires américaine, le Vietnam ne se résume plus à un simple site de production aux coûts compétitifs. Les attentes des investisseurs se portent désormais sur des segments à forte valeur ajoutée, englobant les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et l’économie numérique. Les entreprises manifestent le désir d’implanter sur place des chaînes d’approvisionnement technologiques avancées, des centres de recherche et développement ainsi que des infrastructures de données.
Face à cette mutation, les collectivités territoriales sont invitées à revoir leur stratégie d’attractivité. L’ambassadeur du Vietnam aux États-Unis, Nguyễn Quốc Dũng, a insisté sur la nécessité de dépasser la logique quantitative pour cibler précisément les besoins des grands groupes. Il faut passer de la mentalité consistant à attirer autant de capitaux que possible à celle d’attirer les bons investisseurs, les bons secteurs et le bon écosystème, a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’identifier le moment propice pour capter ces flux financiers.
La concurrence territoriale et les exigences de la nouvelle génération d’investisseurs
La compétition pour attirer ces capitaux étrangers de nouvelle génération ne s’exerce plus seulement entre nations, mais directement entre les différentes localités du pays. Les investisseurs étrangers comparent les avantages comparatifs offerts par des pôles dynamiques tels que Hải Phòng, Bắc Ninh, Hô Chi-Minh-Ville, Đà Nẵng ou Quảng Ninh. Dans ce contexte, les critères de décision des entreprises d’outre-Atlantique ne reposent plus uniquement sur les incitations fiscales.

La concurrence pour attirer les investissements directs étrangers ne se joue plus entre pays, mais de plus en plus entre localités. Nguyễn Quốc Dũng, Ambassadeur du Vietnam aux États-Unis
Les rapports de travail avec les représentants économiques américains démontrent que la qualité des ressources humaines, la prévisibilité réglementaire, la fluidité des procédures administratives et la fiabilité des infrastructures logistiques et énergétiques pèsent lourdement dans la balance. Les autorités locales doivent ainsi se doter d’équipes spécialisées pour accompagner les projets tout au long de leur cycle de vie.
Le rôle central de la diplomatie locale et les critères de performance
La tenue de la réunion ministérielle a également permis de dresser un bilan des accords internationaux conclus par les autorités décentralisées. Depuis la vingt-et-unième édition de cet événement, plus de 900 accords internationaux ont été signés ou prolongés, tandis que des milliers de colloques et séminaires transfrontaliers ont été encadrés. Le ministère des Affaires étrangères a rappelé que l’intégration internationale doit désormais constituer un pilier fondamental de la planification du développement à l’échelle régionale.

Pour mesurer l’efficacité de cette action extérieure, quatre critères précis ont été posés : l’obtention de réalisations concrètes, la génération de bénéfices pratiques pour la population, le respect rigoureux des échéances et la reconnaissance de la confiance citoyenne. L’atteinte des objectifs de croissance fixés à l’échelle nationale dépend en grande partie de cette capacité des territoires à mobiliser les ressources extérieures et à s’insérer durablement dans les chaînes de valeur mondiales.
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