USAID : Nouvelles coupes drastiques dans l’aide humanitaire à l’Afrique

Coup de frein sur l’aide américaine : Washington réduit drastiquement son soutien humanitaire en Afrique

Washington – L’administration Trump a annoncé une nouvelle vague de coupes budgétaires dans l’aide humanitaire à l’Afrique, un an après avoir entamé un démantèlement progressif de l’USAID. Cette décision, qui affecte sept nations africaines et modifie le financement de neuf autres, soulève des inquiétudes quant à l’impact sur des millions de personnes déjà vulnérables.

Selon un courriel interne du Département d’État obtenu par The Atlantic, les États-Unis mettront fin à tout financement humanitaire actuel dans sept pays : le Burkina Faso, le Cameroun, le Malawi, le Mali, le Niger, la Somalie et le Zimbabwe. Le financement sera redirigé vers l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria, l’Ouganda, le Soudan du Sud et le Soudan. Ces coupes interviennent alors que les programmes d’aide, jugés "sauve-vies" par l’administration elle-même, étaient en cours de renouvellement.

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une politique de réduction drastique de l’aide étrangère initiée par l’administration Trump, qui a déjà annulé l’aide à l’Afghanistan et au Yémen, invoquant des détournements de fonds par des terroristes. Contrairement à ces cas, le courriel interne ne justifie pas les coupes actuelles par des préoccupations sécuritaires, mais par un "manque de lien fort entre la réponse humanitaire et les intérêts nationaux américains".

Un porte-parole du Département d’État a déclaré que ces changements s’inscrivaient dans une "transition responsable" de l’USAID vers de nouveaux mécanismes de financement, avec des "périodes de performance plus longues et des conditions de contrôle mises à jour". Des accords de financement de la santé sont en cours de négociation avec certains gouvernements africains, mais ils ne semblent pas aborder les crises de faim et de déplacement qui touchent ces pays.

Cette nouvelle approche, axée sur un principe "America First", privilégie désormais les projets qui offrent un retour sur investissement pour les États-Unis. Selon The Atlantic, l’administration pourrait être intéressée par l’accès à des ressources minérales ou par l’acceptation de ressortissants américains expulsés. Six des sept pays concernés par les coupes budgétaires ne disposent pas de réserves minérales significatives pour répondre aux besoins de l’industrie américaine de l’intelligence artificielle, et seul le Cameroun a accepté un nombre limité de personnes expulsées.

Les conséquences de ces coupes sont déjà visibles. Selon les Nations Unies, plus de 6,2 millions de personnes dans les sept pays concernés sont confrontées à des conditions "extrêmes ou catastrophiques". Des organisations humanitaires comme Alight ont déjà été contraintes de fermer des centres de santé et de réduire leurs activités, laissant des populations entières sans accès aux soins. En Somalie, où l’aide américaine sera totalement suspendue, des centaines de centres de santé ont fermé suite aux coupes budgétaires de l’année dernière, entraînant une augmentation de 44% des décès d’enfants malnutris.

L’administration Trump a également modifié sa politique de financement des Nations Unies, limitant ses contributions au programme OCHA à une liste restreinte de pays, excluant les sept nations africaines concernées par les coupes. Cette décision a surpris les responsables du Département d’État et les organisations humanitaires, qui craignent un ralentissement de la distribution de l’aide.

Ces coupes interviennent alors que l’administration Trump a déjà réduit de 83% l’aide étrangère américaine au cours de l’année écoulée, en se concentrant sur les programmes jugés "sauve-vies". Cependant, la définition de ce terme semble restrictive, excluant le financement de programmes de lutte contre la tuberculose ou de soutien à la sécurité alimentaire. Malgré les affirmations de responsables tels que le secrétaire d’État Marco Rubio, selon lesquelles "aucun enfant ne meurt sous [sa] surveillance", des rapports font état de décès directement liés à ces réductions de l’aide.

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