Le Centre John F. Kennedy pour les arts de la scène est au cœur d’un nouveau combat juridique. L’administration Trump a averti en tribunal que le complexe culturel pourrait être détruit si des travaux de rénovation importants ne sont pas effectués.
Avertissement juridique sur l’avenir du complexe
Dans un document juridique déposé devant le tribunal fédéral, les avocats de l’administration ont défendu un projet de rénovation de 250 millions de dollars pour le Centre John F. Kennedy pour les arts de la scène.
Le complexe, qui abrite une salle de concert, un opéra et une salle de théâtre, a ouvert ses portes en 1971 en tant que mémorial national dédié au trentième-cinquième président des États-Unis, assassiné en 1963.
Le combat juridique autour du nom du président sur la façade
La menace de démolition intervient au milieu d’un débat passionné sur les efforts de l’administration pour associer le nom de Donald Trump à la structure. En mai, un juge fédéral, Christopher Cooper, a ordonné le retrait du nom du président de la façade en marbre blanc, affirmant que le site doit honorer exclusivement le président Kennedy et que seul le Congrès a le pouvoir de modifier son nom officiel.
Malgré cette décision judiciaire et le recouvrement de la façade par une bâche en juin, le conseil du centre – désormais principalement composé d’administrateurs nommés par Trump – a voté le 13 août par 20 voix contre 3 pour adopter une nouvelle formule textuelle. Le panneau affichera désormais « Le Centre John F. Kennedy pour les arts de la scène restauré et rénové par le président Donald J. Trump », tandis que les jardins du site seront renommés Place du président Donald J. Trump
.
Arguments de défense contre l’opposition démocrate
Pour contourner l’injonction judiciaire, l’administration affirme que cette inscription modifiée ne viole pas le premier arrêt, puisque le bâtiment conservera son nom officiel.
Cette manœuvre a immédiatement suscité une opposition de la part de Joyce Beatty, une représentante démocrate de l’Ohio et membre du conseil du centre en raison de son mandat au Congrès. Elle a demandé au juge Cooper d’interdire l’installation des nouveaux panneaux.
Nathaniel Zelinsky, l’avocat de Joyce Beatty, a déclaré dans des propos cités par USA Today que ce recours – qui donne l’impression d’avoir été rédigé personnellement par Donald Trump – est juridiquement infondé.Nathaniel Zelinsky, l’avocat de Joyce Beatty, dans des déclarations citées par USA Today
Un climat de contestation et de tensions financières
Le débat dépasse le cadre architectural. Les critiques soulignent que la gestion de l’institution a connu de fortes turbulences depuis l’arrivée des nouveaux administrateurs, qui ont notamment réduit le personnel et modifié le programme artistique. La situation financière et la fréquentation publique ont considérablement baissé, avec une diminution des ventes de billets après les décisions de renommage prises en décembre.

Les observateurs politiques américains n’ont pas tardé à réagir. Norm Eisen, co-fondateur du groupe Democracy Defenders Action, a condamné la méthode utilisée sur les réseaux sociaux, affirmant que l’exécutif est prêt à aller très loin pour imposer ses choix. En parallèle, le journaliste politique et commentateur Chuck Todd a comparé l’attitude de l’administration à celle d’un enfant en pleine crise, déclarant sur la plateforme X que le président préférerait détruire le Kennedy Center plutôt que de le voir exister sans son nom.
Une audience décisive est prévue jeudi devant le tribunal fédéral de Washington. Le juge Christopher Cooper devra trancher sur la demande d’injonction déposée par les opposants au projet afin d’empêcher le retour du nom de Donald Trump sur la pierre de l’obélisque.
=== END ARTICLE HTML ===
Pour aller plus loin