Onze convertis chrétiens iraniens expulsés des États-Unis plus tôt cette année ont obtenu une prolongation de six mois pour demeurer au Panama grâce à des visas humanitaires. Cette décision intervient alors que l’administration américaine resserre l’accès à l’asile et que le Congrès examine une législation visant à protéger les demandeurs vulnérables.
Un répit de six mois au Panama pour les convertis iraniens
Onze convertis iraniens, dont la jeune femme de vingt-sept ans Artemis Ghasemzadeh, ont obtenu une prolongation de six mois pour demeurer au Panama sous le régime de visas humanitaires. Les autorités panamiennnes ont accordé ce nouveau délai après l’expiration, un samedi, de leur précédente tolérance de deux mois, selon les informations relayées par l’organisation de défense des droits humains International Christian Concern (l’organisation de défense des droits humains International Christian Concern).
Artemis Ghasemzadeh réside actuellement dans un hôtel de Panama City aux côtés de deux autres familles de chrétiens iraniens ayant également fui les persécutions religieuses dans leur pays d’origine. Avant d’obtenir cette prolongation qui court désormais jusqu’en décembre, le groupe avait d’abord reçu une autorisation de trente jours, puis le visa de deux mois récentement expiré (le groupe a reçu une prolongation jusqu’en décembre pour trouver un refuge permanent dans un pays tiers).
Le périple clandestin et la brutale séparation des frères et sœurs
L’histoire d’Artemis Ghasemzadeh illustre la rudesse des politiques migratoires actuelles face aux parcours de conversion religieuse. Originaire d’Ispahan en Iran et issue d’une famille musulmane conservatrice, sa conversion a pris racine en 2019 lors d’un voyage en Turquie où elle a visité une église pour la première fois (le parcours de conversion de la jeune femme a débuté en 2019). Après les manifestations de 2022 en Iran et face aux menaces judiciaires pour non-respect du port du voile obligatoire, elle a pris la fuite avec son frère Shahin, âgé de trente-deux ans (le voyage vers les États-Unis comprenait des passages par Abou Dhabi, la Corée du Sud et Mexico City).
Le duo a payé des passeurs trois mille dollars chacun pour rallier Tijuana et franchir clandestinement le mur frontalier américain en décembre 2024 (les migrants ont payé des passeurs pour franchir la frontière vers les États-Unis). Les agents frontaliers les ont rapidement interpellés et séparés. Tandis qu’Artemis a été expulsée, son frère a été transféré dans un centre de détention au Texas où il attend toujours son audience d’immigration (le frère est resté dans un centre de détention à Houston en attendant son audience).
En Iran, être chrétien quand on naît l’est, c’est acceptable. Mais si vous êtes musulman et que vous vous convertissez au christianisme, c’est un problème. La police veut vous attraper parce que ce n’est pas bon pour [le pays]. Artemis Ghasemzadeh, réfugiée iranienne
Le débat juridique et la législation Artemis Act au Congrès américain
Les défenseurs des droits de la personne affirment que la jeune femme n’a jamais bénéficié d’un entretien de crainte crédible, une étape traditionnellement accordée aux demandeurs d’asile, et qu’on lui a refusé l’accès à un avocat avant son renvoi (des sources militantes ont indiqué qu’aucun entretien de crainte crédible n’a été mené). De son côté, un porte-parole du Department of Homeland Security a affirmé qu’aucun des ressortissants concernés n’avait exprimé la moindre crainte de retourner dans son pays d’origine durant les procédures (un porte-parole du département de la Sécurité intérieure a rejeté les allégations d’absence d’entretien).

En réaction à cette affaire, la représentante fédérale Yassamin Ansari, première Américaine d’origine iranienne élue au Congrès, a introduit une proposition de loi baptisée l’Artemis Act. Ce texte vise à mettre un terme aux expulsions accélérées visant des personnes fuyant des États reconnus par le département d’État américain comme des pays particulièrement préoccupants en matière de liberté religieuse.
Artemis Ghasemzadeh s’est vu refuser la régularité de procédure accordée par la loi aux demandeurs d’asile, tout simplement. Yassamin Ansari, membre de la Chambre des représentants des États-Unis
Perspectives incertaines et mobilisation internationale
L’avocat irano-américain Ali Herschi assure la défense pro bono du groupe, avec pour priorité immédiate d’empêcher Panama de renvoyer les réfugiés vers l’Iran (l’avocat Ali Herschi représente le dossier à titre gracieux). Pendant ce temps, l’organisation International Christian Concern a soumis une pétition d’urgence signée par 1 302 personnes à dix nations occidentales, parmi lesquelles l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie (une pétition a été adressée à dix pays occidentaux par les organismes de surveillance).
L’Iran demeure classé au neuvième rang mondial des pays persécutant le plus les chrétiens selon l’index de l’organisation Open Doors, tandis que le département d’État américain maintient le pays sur sa liste noire pour violations de la liberté religieuse (le département d’État qualifie l’Iran de pays particulièrement préoccupant). Pour ces onze convertis, l’échéance de décembre prochain s’annonce décisive pour trouver une terre d’accueil définitive.
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