En Ukraine, une campagne de vaccination mobile contre la rougeole s’étend à grande échelle cet été, ciblant des milliers d’enfants dans plusieurs régions. Une initiative coordonnée par l’OMS et les autorités locales vise à combler les lacunes vaccinales après un changement récent du calendrier national.
Pourquoi la vaccination contre la rougeole est-elle devenue une priorité en 2026 ?
Depuis le début de l’année, les autorités sanitaires ukrainiennes observent une hausse des cas de rougeole dans plusieurs régions, notamment en Vinnytsia et Rivne. Cette résurgence s’explique en partie par une modification du calendrier vaccinal national : la deuxième dose du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR2) est désormais administrée à 4 ans au lieu de 6 ans. Une décision qui a élargi la tranche d’âge des enfants à vacciner en 2026, incluant désormais les 4 et 5 ans – une population jusqu’alors moins couverte.

« La rougeole reste l’une des infections les plus contagieuses au monde », rappellent les experts du Centre régional de contrôle des maladies de Vinnytsia. Avec un taux de transmission élevé, une seule exposition peut suffire à contaminer 90 % des personnes non vaccinées. « La vaccination n’est pas seulement un acte individuel, mais une protection collective », insiste le directeur du centre, Igor Matkovsky, dans une déclaration citée par plusieurs médias locaux.
Comment se déroule cette campagne de vaccination mobile ?
Pour atteindre les enfants les plus vulnérables – ceux qui, pour des raisons géographiques ou logistiques, ne se rendent pas systématiquement dans les centres de santé – les autorités ont mis en place des équipes mobiles. Ces brigades, composées de médecins et d’infirmiers, se déplacent directement dans les communautés rurales pour administrer les vaccins sur place.

- Vinnytsia : 30 sessions prévues cet été, avec des centres comme Nemyriv, Orativ et Turbiv en première ligne. La première session a déjà eu lieu dans le village de Stovpin (Rivne), où 25 enfants et adultes ont été vaccinés.
- Rivne : Les communes d’Ostroz, Sarny et Goshcha sont également concernées, avec un focus sur les zones où les taux de vaccination sont historiquement bas.
- Partenariats clés : L’initiative est soutenue par le Bureau de l’OMS en Ukraine, le Département de la santé de Vinnytsia et des organisations locales comme la Coalition pour la vaccination.
Une approche similaire est déployée dans d’autres régions, comme le montre l’exemple de Rivne, où les premières équipes ont déjà commencé leurs tournées. « L’objectif est clair : réduire les inégalités d’accès aux soins », explique un responsable du ministère de la Santé, cité par Vinnytsia Presspoint. Ces sessions mobiles permettent d’éviter les files d’attente et les déplacements longs, souvent dissuasifs pour les familles rurales.
Quels défis persistent malgré cette mobilisation ?
Malgré l’urgence sanitaire, plusieurs obstacles freinent encore la couverture vaccinale optimale. Selon les sources, trois défis majeurs se dessinent :
- La méfiance envers les vaccins : Comme dans de nombreux pays, certaines communautés ukrainiennes expriment des réticences, souvent liées à des rumeurs sur les effets secondaires ou à un manque d’information. Les autorités insistent sur le fait que le vaccin ROR est sans danger et approuvé par l’OMS, mais des campagnes de désinformation persistent.
- Les lacunes logistiques : Dans les zones rurales, l’accès aux centres de santé reste inégal. Les équipes mobiles comblent partiellement ce fossé, mais leur déploiement dépend des budgets locaux et de la disponibilité des vaccins.
- Le calendrier serré : Avec seulement quelques mois avant la rentrée scolaire, les autorités doivent vacciner rapidement des milliers d’enfants. « Chaque semaine compte », souligne un rapport du Département de la santé de Vinnytsia, qui souligne que les épidémies de rougeole surviennent souvent en périodes scolaires.
Un autre enjeu est la coordination entre les régions. Si Vinnytsia et Rivne avancent à pas rapides, d’autres oblasts comme Lviv ou Kiev n’ont pas encore annoncé de plans similaires. « Une approche nationale serait idéale », estime un épidémiologiste, cité par My Vin, mais les ressources limitées pourraient limiter cette uniformité.
Que risque-t-il si la couverture vaccinale ne s’améliore pas ?
Les conséquences d’une faible couverture vaccinale contre la rougeole sont bien documentées. Selon l’OMS, une baisse de 5 % de la couverture vaccinale peut entraîner une hausse de 44 % des cas. En Ukraine, où le système de santé a été fragilisé par la guerre, une épidémie de rougeole pourrait avoir des répercussions graves :

- Surmortalité infantile : La rougeole tue environ 1 enfant sur 3 000 infectés dans les pays à faible revenu, un taux qui pourrait s’aggraver en cas de saturation des hôpitaux.
- Complications à long terme : Pneumonie, encéphalite, ou cécité – les séquelles de la rougeole sont fréquentes chez les enfants non vaccinés.
- Coût économique : Une épidémie coûterait des millions en soins hospitaliers et en arrêts de travail, sans compter l’impact sur l’éducation (fermetures d’écoles).
- Effet domino : Une résurgence de la rougeole pourrait aussi favoriser la circulation d’autres maladies évitables, comme la rubéole ou les oreillons.
« Nous avons déjà vu des foyers de rougeole en Europe ces dernières années », rappelle un rapport de l’OMS cité par Vinnytsia Presspoint. Pays comme la Roumanie ou la Grèce ont connu des épidémies majeures en 2023-2024, avec des milliers de cas. L’Ukraine, avec son système de santé sous pression, n’a pas les moyens de se permettre une telle crise.
Que faire si votre enfant n’est pas à jour dans ses vaccins ?
Les parents concernés par cette campagne peuvent vérifier le statut vaccinal de leur enfant auprès des centres de santé locaux ou des équipes mobiles. Voici les étapes clés :
- Contacter le centre de santé : Les médecins peuvent vérifier si l’enfant a reçu les doses recommandées (à 12 mois et 4 ans pour le vaccin ROR).
- Prendre rendez-vous pour une session mobile : Les dates et lieux des prochaines tournées sont affichés dans les mairies ou sur les sites des autorités régionales.
- Ne pas attendre : La rougeole se transmet par voie aérienne et peut contaminer avant même l’apparition des symptômes (éruption cutanée, fièvre, toux).
En cas de doute, les parents peuvent également consulter un médecin généraliste ou se rendre dans un centre de vaccination. « La vaccination est un droit et un devoir », rappellent les autorités, qui soulignent que les vaccins sont gratuits dans les établissements publics.
Pour aller plus loin :
• <a href="https://www.myvin.com.
• <a href="https://www.rivnenews.com.
• <a href="https://presspoint.in.
• <a href="https://news.vn.
Consultez toujours un professionnel de santé avant de prendre une décision concernant la vaccination de votre enfant.
<!– /wp:paragraph Pour plus d'informations, les citoyens peuvent consulter les sites des autorités régionales ou contacter les mairies locales.