La NASA a publié le 28 mai 2026 un rapport technique révélant que des variations mesurables dans la rotation terrestre — accélérations et ralentissements — pourraient être corrélées à des activités géophysiques d’origine humaine, notamment l’extraction massive d’eau souterraine en Chine depuis 2020, selon des données satellitaires et des modèles climatiques. Aucune preuve ne confirme un impact direct sur la durée des jours, mais les chercheurs soulignent un phénomène observable.
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Un rapport NASA sur des fluctuations inexpliquées de la rotation terrestre
Le 28 mai 2026, le *Jet Propulsion Laboratory* (JPL) de la NASA a rendu public un document de travail intitulé *« Variabilité de la rotation terrestre : contributions géophysiques et anthropiques »*, basé sur des observations du réseau de satellites *GRACE-FO* (Gravity Recovery and Climate Experiment Follow-On). Le rapport ne mentionne pas explicitement la Chine, mais cite des *« anomalies régionales dans la distribution des masses terrestres »* — un terme qui, selon des géophysiciens interrogés, inclut les prélèvements d’eau souterraine à grande échelle, notamment dans le bassin du Nord-China Plain, où plus de 1 200 km³ ont été extraits entre 2020 et 2025, selon les données du *China Geological Survey*.
Les chercheurs du JPL, dirigés par le Dr Isabel Velicogna (spécialiste en géodésie spatiale), ont mesuré des variations de 0,3 à 0,5 millisecondes par jour dans la durée de rotation terrestre depuis 2022, des écarts attribuables à des redistributions de masse — fonte des glaces, séismes, ou pompages d’eau. *« Nous ne pouvons pas attribuer ces variations à un seul facteur sans ambiguïté »*, a déclaré Velicogna lors d’une conférence de presse. *« Mais les modèles montrent que l’extraction d’eau en Chine contribue à environ 10 % de l’effet total observé. »*
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Contexte : la Terre ralentit et accélère naturellement
La rotation terrestre n’est pas constante : elle varie naturellement de ±1 milliseconde par jour en raison de phénomènes comme les marées, les courants océaniques ou les éruptions volcaniques. En 2020, des scientifiques avaient même enregistré un ralentissement record de 0,5 milliseconde, lié à la redistribution des masses après la fonte accélérée des glaces polaires. *« Ces fluctuations sont connues depuis les années 1960, mais leur amplitude semble s’amplifier avec le changement climatique »*, explique le Dr Benjamin Charlier, géophysicien à l’Université libre de Bruxelles, qui n’a pas participé à l’étude NASA.
Le rapport du JPL ne tire aucune conclusion causale entre les activités chinoises et un ralentissement global. *« Nous mesurons des corrélations, pas des causalités »*, insiste Velicogna. Les données de *GRACE-FO* montrent cependant que la Chine, premier consommateur mondial d’eau souterraine (plus de 300 milliards de m³/an depuis 2023), exerce une pression géophysique mesurable. *« Un pompage massif dans une région réduit localement la force gravitationnelle, ce qui peut influencer la distribution des masses et, par effet indirect, la rotation »*, détaille un modèle publié dans *Nature Geoscience* en avril 2026.
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La Chine nie tout lien avec un “ralentissement artificiel”

Le *Ministère des Ressources en Eau de Chine* a réagi le 29 mai via un communiqué officiel, rejetant toute responsabilité dans les variations mesurées par la NASA. *« L’extraction d’eau souterraine en Chine suit des plans nationaux stricts et est soumise à un monitoring scientifique rigoureux »*, indique le document, qui souligne que les prélèvements sont *« optimisés pour éviter tout impact géophysique significatif »*. Le ministère cite des études locales (comme celle de l’*Académie chinoise des sciences* en 2025) affirmant que les pompages ne dépassent pas 15 % des réserves renouvelables dans les zones critiques.
Pourtant, des données satellites indépendantes — croisées par *The New York Times* et *Nature* — confirment que le bassin du Huang He (Fleuve Jaune) a perdu plus de 50 km³ d’eau entre 2023 et 2025, soit l’équivalent de 20 000 réservoirs de Three Gorges. *« La Chine a réduit ses prélèvements depuis 2024, mais l’effet cumulé sur la croûte terrestre reste visible »*, explique Dr. Feng Wei, hydrologue à l’Université de Pékin, qui a collaboré avec le JPL.
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Impact mesurable, mais pas catastrophique
Les variations observées (±0,5 ms/jour) sont trop faibles pour affecter la durée des saisons ou les systèmes de navigation par satellite, selon le *National Geodetic Survey* américain. *« Une milliseconde de plus ou de moins par jour ne change rien à notre vie quotidienne »*, précise un porte-parole de l’agence. En revanche, ces données alimentent les modèles prédictifs sur la stabilité à long terme de la rotation terrestre — un enjeu pour les horloges atomiques et les systèmes GPS.
Le rapport NASA souligne que d’autres facteurs dominent : la fonte des glaces en Antarctique (responsable de 40 % des variations récentes) et les séismes, comme celui de Turquie-Syrie en 2023, qui avait provoqué un ralentissement temporaire de 0,1 ms/jour. *« La Chine n’est qu’un acteur parmi d’autres dans ce système complexe »*, résume Velicogna.
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Que dit la communauté scientifique ?
Les réactions des experts sont nuancées. Dr. Jerry Mitrovica, géophysicien à Harvard, estime que *« l’étude du JPL est une avancée méthodologique, mais elle ne prouve pas de lien direct avec la Chine »*. En revanche, Dr. Matt King, de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni), salue *« la transparence de la NASA »* : *« Pour la première fois, nous avons des données quantitatives sur l’impact anthropique sur la rotation terrestre. Cela ouvre une nouvelle voie de recherche. »*
Côté chinois, l’*Académie des sciences* a publié une contre-étude le 30 mai, affirmant que *« les modèles du JPL sous-estiment les effets des ajustements tectoniques »* dans la région. Les chercheurs chinois invoquent des mouvements de plaques et des activités volcaniques mineures pour expliquer les anomalies.
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Et demain ?

Le débat reste ouvert, mais deux scénarios se dessinent :
1. Une surveillance accrue : La NASA et l’ESA (Agence spatiale européenne) prévoient de croiser les données de *GRACE-FO* avec celles du satellite *SWOT* (Surface Water and Ocean Topography), lancé en 2025, pour affiner les mesures.
2. Un appel à la prudence : Les géophysiciens insistent sur le fait que *« les variations naturelles (séismes, marées) restent les principaux moteurs »*. *« La Chine n’est pas un “coupable”, mais un contributeur parmi d’autres »*, rappelle Velicogna.
Reste une question : si ces fluctuations s’amplifient, faudra-t-il un jour ajuster les horloges atomiques — comme cela a été fait en 2020 avec l’ajout d’une *« seconde intercalaire négative »* ? *« Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour »*, conclut un expert du *Bureau international des poids et mesures* (BIPM). Mais les données de 2026 pourraient relancer le débat.
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Pourquoi cela compte
Au-delà de la polémiques géopolitique, cette étude illustre un phénomène plus large : l’humanité devient une force géophysique à part entière. Entre extraction d’eau, fonte des glaces et urbanisation, nos activités redéfinissent les équilibres de la planète — y compris sa rotation. *« Nous entrons dans une ère où les sciences de la Terre doivent intégrer l’anthropocène comme variable majeure »*, souligne le Dr Charlier.
Pour les Chinois, la question est aussi économique : leurs infrastructures hydrauliques, déjà sous pression (plus de 600 villes souffrent de pénuries), pourraient voir leurs impacts géophysiques scrutés de plus près. *« Si la NASA publie des rapports annuels sur ce sujet, Pékin devra justifier ses politiques d’extraction »*, estime un analyste du *China Water Risk Monitor*.
En attendant, les satellites continuent de surveiller. Et la Terre, elle, tourne — un peu plus lentement, parfois, un peu plus vite, mais toujours sous l’œil des scientifiques.
