Le dessinateur de presse néerlandais Tjeerd Royaards, connu pour ses caricatures publiées à l’international et sa direction de la plateforme Cartoon Movement, s’exprime sur les menaces qui pèsent sur sa profession, l’état de la liberté de la presse en Europe et sa double casquette de dessinateur engagé.
Le dessin de presse traverse une période de turbulences marquée par des pressions économiques et des menaces directes contre la liberté d’expression. Figure reconnue de la caricature européenne, le dessinateur Tjeerd Royaards partage son quotidien entre Amsterdam, la publication de ses œuvres dans de grands médias internationaux et la coordination de réseaux mondiaux de dessinateurs.
Un parcours façonné par l’actualité internationale et la politique
Originaire des Pays-Bas et vivant à Amsterdam, Tjeerd Royaards est un dessinateur plusieurs fois récompensé dont les œuvres ont notamment été publiées par CNN, The Guardian, Der Spiegel, Le Monde, Courrier international, Ouest-France, Internazionale et Politico Europe. Ses dessins ont par ailleurs été choisis par la rédaction en collaboration avec Cartooning for Peace et la fondation Freedom Cartoonists.
Diplômé en relations internationales, Tjeerd Royaards s’est tourné vers le dessin après avoir hésité avec une école d’art à l’âge de 18 ans. Ses œuvres, qui abordent des thématiques globales telles que le changement climatique et la question des réfugiés, trouvent un écho bien au-delà des frontières néerlandaises.
Ses caricatures sont régulièrement reprises par des publications de premier plan à travers le monde, consolidant sa réputation de chroniqueur visuel des grands bouleversements géopolitiques et sociétaux.
Les menaces croissantes pesant sur la profession de caricaturiste en Europe
Malgré sa situation privilégiée aux Pays-Bas — un pays qui se maintient régulièrement dans les dix premiers des classements concernant la liberté de la presse —, le dessinateur dresse un constat lucide et peu optimiste sur l’avenir de son métier. L’attentat contre Charlie Hebdo en France a rappelé de manière tragique les risques physiques encourus par les caricaturistes, tandis que le climat économique n’est pas favorable et que des médias abandonnent la publication de caricatures.
À ces périls s’ajoute un vide institutionnel préoccupant selon lui : les dessinateurs de presse ne font pas partie des organisations journalistiques et ne bénéficient pas des mêmes protections.
Cartoon Movement et la solidarité internationale entre dessinateurs
Pour faire face à ces défis, Tjeerd Royaards dirige Cartoon Movement. C’était il y a à peu près douze ans qu’il a pris la tête de cette organisation, après que des membres d’une plateforme journalistique lui ont demandé de réaliser la même chose mais pour les dessinateurs de presse.

Le réseau est devenu une communauté de plus de 600 dessinateurs, répartis partout dans le monde. Le réseau fonctionne à la fois comme une plateforme de publication et une structure commerciale qui gagne de l’argent en arrière-plan en revendant des dessins, tout en développant des projets sur des sujets spécifiques comme cela a été fait avec le Conseil de l’Europe.
En parallèle, le caricaturiste s’implique activement auprès d’organisations de défense des droits comme Cartoonists Rights Network International et Cartooning for Peace, travaillant de manière très rapprochée, particulièrement en ce qui concerne la surveillance de leurs droits.
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