Le combat de boxe poids lourds entre Tyson Fury et Anthony Joshua, bien que non encore finalisé, pourrait se dérouler aux États-Unis plutôt qu’au Royaume-Uni. Selon les contrats actuels, le duel doit avoir lieu sur le sol britannique, nécessitant une renégociation formelle pour permettre une délocalisation vers Las Vegas, ville qui émerge comme favorite.
Le blocage contractuel sur le lieu du combat
La perspective d’un affrontement entre Tyson Fury et Anthony Joshua reste suspendue à des conditions contractuelles strictes. Comme l’a confirmé le promoteur Eddie Hearn auprès de The Athletic, le contrat actuel de Joshua stipule explicitement que le combat doit se tenir au Royaume-Uni. Pour que l’événement puisse migrer vers les États-Unis, où Las Vegas est actuellement en pole position, les deux parties devront parvenir à un accord pour modifier ces termes dans les semaines à venir.

Cette situation est compliquée par des contraintes logistiques et météorologiques. Si le stade de Wembley à Londres était initialement privilégié, les conditions climatiques hivernales — le combat étant visé pour novembre ou décembre — posent problème. Le manager de Fury, Spencer Brown, a souligné l’urgence de la situation pour les fans :

"Ce combat devrait avoir lieu au Royaume-Uni, c’est ce que les fans voulaient, mais il y a des contraintes de temps, des problèmes météorologiques. Nous devons régler cela rapidement, car si c’est aux États-Unis, les fans doivent réserver leurs vols ; si c’est au Royaume-Uni, ils doivent encore obtenir des congés."
Dans l’industrie de la boxe professionnelle, les clauses de localisation sont courantes pour sécuriser les revenus liés à la billetterie et aux droits de diffusion locaux. Le passage d’un événement d’envergure mondiale d’un continent à un autre nécessite non seulement des avenants juridiques, mais aussi des ajustements fiscaux complexes et des accords de licence avec les diffuseurs. Pour un événement de cette ampleur, le changement de fuseau horaire influence directement la stratégie de marketing international, particulièrement pour maximiser les revenus du “pay-per-view” sur le marché nord-américain.
Les tensions autour de la promotion et de Dana White
Un autre point de friction majeur concerne l’implication de Dana White, président de l’UFC et de Zuffa Boxing. Bien que White ait affirmé connaître la date et le lieu de l’événement, les contrats actuels limitent son rôle. Selon Eddie Hearn, cité par la BBC, les termes du contrat excluent formellement toute promotion par White ou Zuffa Boxing.
Hearn a précisé :
"Le contrat stipule clairement que Dana White et Zuffa Boxing, ou toute personne associée, ne peuvent pas être les promoteurs de cet événement. La seule façon pour Dana d’avoir une implication dans le spectacle serait que nous l’autorisions. Et ce n’est pas vraiment ce que je ressens en ce moment."
Cette rivalité entre Hearn et White est devenue une composante publique du sport. Bien que le conseiller saoudien Turki Al-Sheikh détienne 60 % de Zuffa Boxing, les règles contractuelles protègent les promoteurs traditionnels, Matchroom et Queensberry, contre une mainmise de l’UFC. Hearn a toutefois admis, non sans ironie, que la situation pouvait évoluer : "L’argent change beaucoup de choses."
L’implication croissante de fonds souverains, notamment via le conseiller Turki Al-Sheikh, a radicalement modifié la structure économique des grands combats. Historiquement, les promoteurs disposaient d’une autonomie quasi totale sur le choix des sites. Désormais, ces entités financières influencent les décisions stratégiques, forçant les promoteurs historiques à naviguer dans un écosystème où les intérêts des partenaires financiers peuvent parfois entrer en conflit avec les clauses contractuelles établies initialement entre les combattants et leurs promoteurs respectifs.
Les enjeux logistiques et le rôle de l’Arabie Saoudite
L’organisation de ce combat est orchestrée par une coalition d’acteurs puissants, incluant Turki Al-Sheikh, le groupe Sela, la plateforme Netflix, ainsi que les promoteurs Frank Warren et Eddie Hearn. Si l’incertitude plane, la confiance reste élevée quant à la tenue du combat, sous réserve que les deux boxeurs sortent indemnes de leurs combats de préparation estivaux.

Pour Tyson Fury, le choix des États-Unis semble être une option séduisante. Le boxeur n’a pas combattu sur le sol américain depuis sa victoire contre Deontay Wilder en octobre 2021. Sa récente apparition lors d’un événement UFC à Washington, en présence de Donald Trump, a renforcé l’idée d’un retour outre-Atlantique, bien que son équipe maintienne que rien n’est encore gravé dans le marbre.
La décision finale sur la localisation dépendra de la capacité des promoteurs à renégocier les clauses d’exclusivité territoriale de Joshua et à apaiser les tensions promotionnelles. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si les fans pourront assister au combat sur le sol britannique ou s’il faudra se tourner vers les casinos de Las Vegas. La réussite d’un tel événement dépend de la synergie entre les détenteurs des droits de diffusion, comme Netflix, et les organisateurs locaux, qui doivent s’assurer que les infrastructures d’accueil sont prêtes à supporter un afflux massif de spectateurs internationaux.
Find more reporting in our Nouvelles section.
