Le système électrique cubain subit des délestages récurrents en ce mois de juin 2026, aggravés par une pénurie de combustibles et de pièces de rechange. Selon les responsables de l’Unión Eléctrica, l’embargo économique imposé par les États-Unis limite l’accès aux ressources nécessaires pour stabiliser la production nationale.
Le rôle des restrictions financières et commerciales des États-Unis
Le gouvernement cubain attribue la fragilité du réseau électrique national à la politique de sanctions exercée par Washington. Ces mesures, qui incluent des restrictions sur les transactions bancaires internationales et l’importation de technologies, compliquent l’acquisition de composants essentiels pour les centrales thermiques de l’île.
L’Unión Eléctrica (UNE) rapporte que les difficultés pour transférer des fonds à l’étranger empêchent l’achat direct de carburant sur le marché mondial. Au-delà des interdictions directes, les restrictions sur le système bancaire international créent des obstacles logistiques majeurs : les banques correspondantes internationales appliquent souvent des protocoles de conformité extrêmement stricts, ce qui ralentit ou bloque les tentatives de paiement de l’État cubain pour des produits de première nécessité, y compris l’énergie. Cette situation force le pays à recourir à des circuits d’approvisionnement plus coûteux et moins réguliers.
Les autorités cubaines affirment que ces blocages financiers constituent une entrave directe à la sécurité énergétique de la population. De son côté, le Département d’État américain maintient que les sanctions visent à limiter les capacités financières des entités étatiques cubaines. Selon les communications officielles de Washington, ces mesures ne ciblent pas les besoins humanitaires, bien que les autorités de La Havane contestent cette distinction en soulignant l’impact des coupures de courant sur les services de santé et la conservation des aliments.
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L’obsolescence des centrales thermiques et la crise des combustibles
La production d’électricité à Cuba repose majoritairement sur un parc de centrales thermiques vieillissant. Des infrastructures telles que la centrale de Mariel et celle de Santa Cruz del Norte fonctionnent souvent en dessous de leur capacité nominale. Le manque de pièces de rechange, souvent de conception ancienne, rend la maintenance complexe et coûteuse. Lorsque les composants critiques, tels que les turbines ou les systèmes de contrôle, tombent en panne, les unités doivent être mises hors service pour une durée prolongée.
Le fonctionnement du Système Électrique National (SEN) dépend de la capacité de ces centrales à maintenir une fréquence stable. La défaillance d’une unité majeure crée un déséquilibre immédiat entre la demande et l’offre, ce qui nécessite des mesures d’urgence pour protéger l’intégrité du réseau. La pénurie de combustibles, notamment le fioul lourd et le gasoil, accentue les délestages programmés. Lorsque les stocks de réserves atteignent des seuils critiques, le système doit réduire la charge pour éviter un effondrement total du réseau, un événement qui nécessiterait des procédures de redémarrage à froid extrêmement difficiles pour un réseau aussi vétuste.
wp:quote La situation actuelle de notre réseau électrique est le résultat d’une combinaison de vétusté technique et de l’impossibilité d’importer des composants essentiels en raison des restrictions de paiement internationales. Ministre de l’Énergie de CubaLa dépendance aux importations et les défis de la transition
Pour pallier les défaillances du système thermique, Cuba tente d’intégrer davantage d’énergies renouvelables. Cependant, le déploiement de parcs solaires et éoliens nécessite des investissements massifs en capital et en technologies de stockage par batterie. La nature intermittente de ces sources d’énergie — le soleil et le vent ne produisant pas de manière constante — exige une gestion sophistiquée de la charge pour éviter l’instabilité du réseau.
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Le coût élevé de ces technologies et la difficulté d’obtenir des financements internationaux freinent la transition. Pour que les énergies renouvelables puissent stabiliser le SEN, l’île doit moderniser ses lignes de transmission et acquérir des systèmes de stockage capables de lisser la production. Sans ces infrastructures, l’ajout de nouvelles sources d’énergie ne résoudra pas le problème de la régularité de l’approvisionnement.
Les experts soulignent que sans une stabilisation des flux financiers et une levée des restrictions sur les équipements à double usage, la dépendance envers les importations de combustibles fossiles restera un point de vulnérabilité majeure pour l’économie cubaine. L’incertitude demeure quant à la capacité du système à absorber de nouvelles sources d’énergie sans une modernisation profonde des lignes de transmission. Les coupures de courant, qui affectent quotidiennement les zones résidentielles et industrielles, pourraient persister tant que les contraintes liées aux échanges commerciaux internationaux ne seront pas résolues.
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