Le mécanisme des nouveaux tarifs américains et la projection de 18 %

Les autorités indonésiennes préparent leurs industries à une nouvelle réalité commerciale avec les États-Unis. Selon le ministère de la Coordination des Affaires économiques, la structure tarifaire finale devrait atteindre 18 % au terme du processus d’enquête Section 301, initié par le Bureau du représentant au commerce des États-Unis (USTR) en mars 2026. Cette imposition ne sera pas immédiate ; elle s’articulera autour d’un mécanisme de cumul, ou « stacking », de différentes composantes tarifaires.
Le calendrier officiel prévoit une transition précise après le 24 juillet 2026, date à laquelle le tarif global actuel de 10 % arrivera à échéance. Dans les semaines suivant cette date, Washington prévoit d’ajouter une taxe liée à la « capacité structurelle excédentaire » (structural excess capacity) à celle déjà en place concernant les enjeux de travail forcé.
“Akan diselenggarakan periode pemberian komentar tambahan (comment period) serta dengar pendapat lanjutan sebelum tarif diimplementasikan secara penuh. Dengan demikian, angka 18% merupakan proyeksi akhir yang masih tunduk pada penyelesaian proses resmi,”Susiwijono Moegiarso, Secrétaire du ministère de la Coordination des Affaires économiques, via detik.com
Une position privilégiée au sein des partenaires commerciaux

Malgré l’imposition de ces barrières, Jakarta souligne avoir obtenu un statut favorable par rapport à la majorité des autres pays. Dans le cadre de l’enquête menée par l’USTR, l’Indonésie a été classée parmi un groupe restreint de six pays prioritaires — aux côtés du Canada, de l’Équateur, de l’Union européenne, du Mexique et du Pakistan. Cette distinction, rapportée par le ministère de la Coordination des Affaires économiques, permet à l’Indonésie de bénéficier de conditions de traitement spécifiques, tandis que 54 autres nations font face à un tarif de 12,5 % dans le cadre des procédures actuelles.
La coopération active de Jakarta, incluant la soumission de réponses écrites et la participation aux audiences publiques, a été reconnue par Washington. Comme le souligne CNBC Indonesia dans son analyse des récents échanges, cet engagement a été un levier déterminant pour sécuriser des exemptions sur certains produits spécifiques.
Le dossier stratégique du cuivre et du textile
La diplomatie commerciale indonésienne ne se limite pas à accepter ces tarifs ; elle négocie activement des exceptions sectorielles. L’un des points de friction majeurs concerne l’accès au marché américain pour la production de katoda tembaga (cathodes de cuivre) issue des opérations de Freeport-McMoRan en Indonésie. Le ministre de la Coordination des Affaires économiques, Airlangga Hartarto, a réitéré lors de la réunion ministérielle de l’OCDE à Paris que cette demande est une priorité, visant à contourner les tarifs imposés au titre de la Section 232.
“Indonesia juga tengah memperjuangkan akses pasar bagi ekspor katoda tembaga hasil produksi Freeport-McMoRan di Indonesia agar dapat dikecualikan dari tarif Section 232,”Airlangga Hartarto, ministre de la Coordination des Affaires économiques, via Kompas.tv
Parallèlement aux métaux, le secteur textile bénéficie d’une attention particulière. Les deux gouvernements ont convenu de développer un mécanisme spécifique pour ce secteur, visant à atténuer l’impact des taxes sur les exportations indonésiennes. Ces mesures de « product exclusions » sont perçues par le gouvernement comme une preuve de confiance dans les réformes internes menées par Jakarta, notamment en matière de lutte contre le travail forcé, un engagement formalisé par le règlement ministériel n° 9 de 2026.
Prochaines étapes : incertitudes juridiques et ajustements administratifs

La mise en œuvre de ces tarifs reste soumise à des aléas administratifs aux États-Unis. Bien que 18 % soit l’objectif visé, les autorités indonésiennes rappellent que ce chiffre demeure une projection. Le processus inclura des périodes de consultation supplémentaires et des audiences de suivi avant toute application définitive.
Les deux pays cherchent à éviter toute incertitude juridique pour les entreprises, ce qui explique le report de l’application des nouveaux tarifs après la fin du cycle tarifaire actuel le 24 juillet 2026. Pour les 30 prochains jours, l’attention restera concentrée sur la résolution des « unsolved issues » (points non résolus) mentionnés par les délégations lors du sommet de l’OCDE, notamment en ce qui concerne l’alignement des politiques d’incitation à la production domestique entre les deux puissances économiques.
