La XVIII Conférence des BRICS à New Delhi consolide le rôle des économies émergentes en tant que porte-parole du Sud global. Le Brésil défend la réforme de la gouvernance internationale, rejette la dépendance au dollar grâce aux monnaies locales et élargit ses marchés commerciaux face aux surtaxes des États-Unis.
La déclaration finale approuvée à l’unanimité lors de la XVIII Conférence des BRICS marque un tournant pour l’architecture diplomatique et financière internationale. Tenue à New Delhi sous la présidence de l’Inde, la réunion réunit les revendications des puissances émergentes dans un contexte géopolitique traversé par des tensions commerciales et une énorme fragmentation internationale
, selon l’analyse du chercheur Ricardo Almeida, du Centre d’études sur l’Asie et le Sud global de l’Université de São Paulo.
Réforme de la gouvernance mondiale et le poids du Sud global
Pour le Brésil, la priorité historique de réformer le Conseil de sécurité des Nations Unies retrouve de la force après le soutien explicite de la Chine et de l’Inde à un plus grand rôle des nations en développement. L’analyste brésilien qualifie ce soutien conjoint de très symbolique
dans une déclaration qui exige un organisme multilatéral plus démocratique, représentatif, efficace et efficient.
Ricardo Almeida, analyste en relations internationales de l’Université de São Paulo, a indiqué via Xinhuanet que les BRICS se positionnent comme un acteur qui propose une gouvernance mondiale plus démocratique et représentative.
En dehors de la géopolitique traditionnelle, l’agenda de la conférence couvre la lutte contre les inégalités structurelles, un axe prioritaire pour le Brésil, ainsi que la lutte contre le racisme, l’xénophobie et la désinformation comme défis qui dépassent le plan strictement économique.
Développement financier et débat sur l’utilisation des monnaies locales
Sur le plan financier, la conférence de New Delhi favorise l’autonomie des pays membres grâce au Nouvelle Banque de Développement et à la profondeur des transactions en devises nationales. Le document rejette tout projet de monnaie commune pour le bloc, privilégiant plutôt l’interopérabilité des plateformes de paiement et la liquidation commerciale directe.
Le Brésil apporte une longue expérience dans ce domaine. Son Système de paiement en monnaie locale permet d’opérer avec l’Argentine – par un accord spécifique en vigueur depuis septembre 2008 -, l’Uruguay et le Paraguay sans avoir recours au dollar comme monnaie intermédiaire.
Ricardo Almeida, chercheur au Centre d’études sur l’Asie et le Sud global de l’USP, a souligné via Xinhuanet qu’il s’agit l’un des principaux outils du bloc pour traduire ses discours en actions concrètes.
Diversification commerciale face aux surtaxes des États-Unis
La stratégie extérieure brésilienne vise à élargir ses marchés dans un contexte de tensions douanières avec les États-Unis. Washington a introduit en juillet une surtaxe supplémentaire de 25 % pour certains produits brésiliens en vertu de l’article 301, à laquelle s’ajoute une autre mesure potentielle de 12,5 %, portant le surcoût cumulé à 37,5 % dans certains cas. Le gouvernement brésilien estime que ces restrictions affectent 23,1 % de la valeur de ses exportations vers le marché américain, bien que les deux pays aient repris le dialogue à la fin août.
| Situation commerciale | Portée ou date d’entrée en vigueur |
|---|---|
| Surtaxes douanières des États-Unis | Affectent 23,1 % des exportations brésiliennes |
| Accord MERCOSUR-Singapour | En vigueur pour le Brésil depuis le 1er août 2026 |
| Accord MERCOSUR-Union européenne | Signé le 17 janvier 2026 |
| Négociations MERCOSUR-Japon | Lancées le 30 juin 2026 |
Pour contrer ces pressions, la diplomatie commerciale vise l’Asie et l’Europe. Le traité de libre-échange entre le MERCOSUR et Singapour a commencé à s’appliquer le 1er août dernier, l’accord avec l’Union européenne a été formellement signé le 17 janvier, et les négociations avec le Japon ont été lancées le 30 juin.
Nouvelle bourse des céréales et projections électorales au Brésil
Dans l’espace multilatéral des BRICS, la création d’une bourse des céréales représente une carte stratégique pour les intérêts brésiliens. En tant que l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de céréales, le pays sud-américain cherche à connecter directement les producteurs et les acheteurs du bloc, en éliminant les intermédiaires et en stabilisant la prévisibilité des prix agricoles.
En parallèle, la politique intérieure entre dans une phase décisive en vue des élections présidentielles. Avec le premier tour fixé au 4 octobre et un second tour éventuel au 25 octobre, le Tribunal Suprême Électoral a validé douze candidatures. Les sondages publiés entre le 11 et le 14 septembre reflètent un scénario disputé entre le président Luiz Inácio Lula da Silva et le sénateur Flávio Bolsonaro, avec des estimations comme 46 % contre 44 % au second tour selon Datafolha, et un match technique dans d’autres mesures récentes dans les marges d’erreur.
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