Les pays des BRICS renoncent à leur projet de monnaie unique pour contrer le dollar américain et privilégient désormais un réseau interconnecté de systèmes de paiement locaux. Lors du 18e sommet à New Delhi, l’Inde et d’autres membres ont confirmé l’absence de proposition commune, optant plutôt pour le commerce transfrontalier en monnaies nationales.
Le bloc des BRICS a officiellement mis de côté l’ambition de créer une monnaie unique concurrente au dollar américain.
Le choix de l’interconnexion au sommet de New Delhi
L’abandon temporaire du projet monétaire s’est matérialisé lors du 18e sommet des BRICS, qui s’est tenu à New Delhi du 12 au 13 septembre. L’Inde, pays hôte de l’événement, a clarifié la position du groupe élargi en affirmant qu’aucune proposition de monnaie commune n’était sur la table.
Sudhakar Dalela, secrétaire indien aux Relations économiques, a souligné que les discussions se poursuivraient autour des règlements commerciaux bilatéraux en monnaies nationales. D’après lui, cette approche permet de réduire les coûts de transaction et de simplifier les paiements transfrontaliers.
Cette orientation a été entérinée par la Déclaration de New Delhi, qui ne mentionne aucune devise partagée. Les dirigeants des BRICS ont en revanche validé les travaux menés sur des mécanismes de paiement transfrontaliers plus efficients. La déclaration met en avant les efforts du groupe de travail sur les paiements des BRICS concernant l’interopérabilité, tout en reconnaissant qu’une approche unique ne conviendrait pas à l’ensemble des membres.
L’impact pour l’Afrique et la diversification de la New Development Bank
Pour le continent africain, ce repositionnement stratégique revêt une importance particulière puisque l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie font partie des membres des BRICS, aux côtés d’autres économies partenaires. Lors du sommet dans la capitale indienne, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a apporté son soutien à l’utilisation accrue des monnaies locales et au renforcement des systèmes de paiement transfrontaliers.
Plutôt que d’introduire un nouvel instrument financier qui exigerait un consensus délicat entre des économies de plus en plus hétérogènes, le bloc privilégie des mécanismes permettant aux pays d’utiliser leurs propres devises tout en modernisant les liens entre leurs institutions financières.
Parallèlement, la Déclaration de New Delhi encourage la New Development Bank (NDB) à intensifier ses financements en monnaies locales et à diversifier ses sources de capitaux.
Perspectives et absence de rejet définitif du projet monétaire
Ce virage stratégique ne constitue pas un rejet définitif d’une future monnaie commune. Il démontre plutôt que les États membres choisissent de prioriser des solutions immédiates — comme les règlements en monnaies locales et l’interopérabilité des systèmes — afin de s’affranchir progressivement de la dépendance au dollar dans leurs échanges intra-bloc.
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