Smotrich appelle à la fermeture du centre de coordination américano-israélien pour Gaza, relançant le débat sur l’avenir de l’enclave
KIRYAT GAT, Israël – Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé lundi à la dissolution du centre de coordination américano-israélien pour Gaza, une initiative soutenue par l’administration Trump, ravivant les tensions sur la planification post-conflit dans l’enclave palestinienne.
Le Civil Military Coordination Centre (CMCC), établi en octobre dernier, vise à faciliter la collaboration entre les responsables américains, israéliens et d’autres nations dans la préparation de la reconstruction et de la gouvernance de Gaza après la fin des combats. Soixante pays et organisations y sont représentés, selon les données du Commandement central de l’armée américaine (CENTCOM) publiées en décembre.
Smotrich, figure de proue de la droite religieuse israélienne, a déclaré que le centre, basé à Kiryat Gat dans le sud d’Israël, entrave la capacité d’Israël à agir dans son propre intérêt. Il a plaidé pour l’expulsion des représentants de pays qu’il considère comme hostiles à Israël, notamment l’Égypte et le Royaume-Uni, sans toutefois justifier publiquement ses critiques envers Londres.
“Il est temps de démanteler le quartier général de Kiryat Gat”, a déclaré Smotrich dans un communiqué. “Cela permettra à Israël de faire ce qui est le mieux pour l’État juif.”
Cette demande intervient alors que l’administration Biden met en œuvre la deuxième phase du plan Trump pour Gaza, axée sur la démilitarisation et la reconstruction de l’enclave. Ce plan prévoit l’amnistie pour les membres du Hamas qui renonceront à la violence et la possibilité pour ceux qui souhaitent partir de trouver refuge dans d’autres pays.
Smotrich a rejeté le plan Trump, le qualifiant de “mauvais pour l’État d’Israël” et appelant à une approche plus radicale. Il a préconisé un ultimatum “très court” au Hamas pour désarmer et s’exiler, suivi d’une offensive militaire à grande échelle pour détruire le groupe militant.
“Gaza est à nous et son avenir affectera notre avenir plus que celui de quiconque”, a insisté Smotrich lors d’un événement marquant la création d’une nouvelle colonie juive en Cisjordanie. Il a appelé à “imposer une règle militaire” sur les 2,3 millions de résidents de Gaza, réitérant son opposition à toute forme d’autonomie palestinienne.
Les déclarations de Smotrich reflètent un sentiment croissant au sein de la droite israélienne en faveur d’un contrôle total de Gaza, une position qui contraste fortement avec les efforts internationaux visant à trouver une solution politique durable. Il a également évoqué le désengagement israélien de Gaza en 2005 comme une “péché” qui doit être corrigé, pointant le massacre du 7 octobre 2023 comme preuve de la nécessité de rétablir une présence israélienne dans l’enclave.
Les appels de Smotrich ont suscité des réactions mitigées. Le Premier ministre Netanyahu n’a pas immédiatement commenté, tout comme le Département d’État américain, le CENTCOM, les ministères des Affaires étrangères britannique et égyptien.
La situation à Gaza reste extrêmement volatile. Depuis le début de la trêve en octobre, Israël a mené des frappes aériennes et des bombardements en réponse à des violations présumées de l’accord de cessez-le-feu, faisant plus de 460 morts palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza, un chiffre qui ne distingue pas les combattants des civils. Trois soldats israéliens ont également été tués au cours de la même période.
La famille de Ran Gvili, un policier dont le corps n’a pas été récupéré après son enlèvement par le Hamas, a demandé que le plan Trump ne progresse pas tant que ses restes ne seront pas restitués.
L’avenir de Gaza reste incertain, et les appels de Smotrich à une approche plus dure ne font qu’ajouter à la complexité de la situation. La dissolution du CMCC pourrait compliquer les efforts internationaux visant à fournir une aide humanitaire et à planifier la reconstruction de l’enclave, tandis que la proposition de Smotrich d’une occupation militaire à long terme soulève de sérieuses préoccupations en matière de droits de l’homme et de stabilité régionale.
Image d’illustration : Palestiniens déplacés dans la bande de Gaza (Ali Hassan/Flash90)
Source : The Times of Israel
