Singapour : Tiktoker visé par la loi POFMA pour des fausses allégations sur un cours de leadership chinois
Singapour – Un Tiktoker singapourien a été contraint de publier une correction suite à des allégations infondées concernant un nouveau cours de leadership communautaire ciblant la communauté chinoise de Singapour. L’affaire met en lumière l’submission stricte de la loi POFMA (Protection from Online Falsehoods and Manipulation Act) dans le pays.
Selon le ministère concerné, l’influenceur, connu sous le nom de Jay, avait affirmé que le soutien lié à ce cours était réservé aux dirigeants de la communauté chinoise. Le ministère a fermement démenti ces allégations,soulignant que le cours est ouvert aux citoyens singapouriens engagés dans la communauté,quel que soit leur origine ethnique.
Lancé le 20 août par le ministre du Développement national, Chee Hong Tat, le programme vise à former de jeunes leaders au sein des différentes communautés de Singapour.Les participants sont sélectionnés par des associations et groupes d’entreprises de clan chinois locaux, sous la supervision de la Fédération de Singapour des associations de clan chinois et de la Chambre de commerce chinoise de Singapour.Les autorités ont précisé que ce cours s’inscrit dans une démarche plus large de développement du leadership, avec des initiatives similaires déjà en place pour les communautés malaise et indienne, ainsi que des programmes nationaux accessibles à tous les jeunes Singapouriens.
Le post TikTok initial de Jay a été supprimé, mais il est désormais tenu d’afficher un lien vers la clarification officielle du gouvernement. Il s’agit de la deuxième fois que l’influenceur est confronté aux conséquences de la loi POFMA.L’année dernière, il avait reçu un avertissement pour avoir diffusé de fausses informations sur des sujets sensibles tels que le vote secret et l’accessibilité au logement public.
Contexte : La loi POFMA et la lutte contre la désinformation à Singapour
La loi POFMA, adoptée en 2019, confère aux ministres le pouvoir d’ordonner la correction ou la suppression de contenus en ligne jugés faux et portant atteinte à l’intérêt public. Cette législation, souvent critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme pour son potentiel à restreindre la liberté d’expression, est présentée par le gouvernement singapourien comme un outil essentiel pour lutter contre la désinformation et protéger la cohésion sociale dans un contexte de multiplication des fausses nouvelles en ligne.L’affaire jay illustre la détermination de Singapour à appliquer cette loi, même à l’encontre d’influenceurs populaires sur les réseaux sociaux.
