À l’occasion de la conférence annuelle Dreamforce 2026 à San Francisco, le PDG de Salesforce, Marc Benioff, a défendu sa vision de l’intelligence artificielle agentique face aux craintes d’un déclin des logiciels traditionnels, tout en dévoilant de nouvelles interfaces dynamiques en partenariat avec Anthropic.
La grande messe technologique de la rentrée s’est ouverte au Moscone Center, transformant l’artère de Howard Street en un espace de démonstration jonché de gazon synthétique et animé par des robots humanoïdes. Tandis que des dizaines de milliers de participants affluent dans les rues de San Francisco, l’événement réunit les figures de proue de la Silicon Valley, de Dario Amodei d’Anthropic à Jensen Huang de Nvidia, tous venus débattre de la trajectoire et des risques de l’intelligence artificielle.
Marc Benioff et le pari des interfaces vivantes face au spectre de la SaaSpocalypse
Alors que la pérennité des modèles logiciels traditionnels est remise en question par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, le PDG et fondateur de Salesforce a balayé d’un revers de main ces inquiétudes lors de son discours d’ouverture. Qualifiant ces craintes de pure folie absurde, l’éditeur de logiciels de gestion de la relation client a affirmé que l’année 2026 marquerait l’avènement des interfaces vivantes au sein de sa plateforme.
L’introduction d’AIforce s’inscrit dans une architecture à quatre niveaux, débutant par la couche de données Data 360, suivie de la couche applicative, de la couche Agentforce — qui compte déjà 30 000 entreprises à divers stades de déploiement — et enfin de cette nouvelle interface interactive. Selon les explications fournies par la direction de Salesforce, ces interfaces dynamiques permettent de concevoir des applications complexes de manière entièrement automatisée grâce à une compréhension globale de la plateforme.
Une alliance stratégique et multimodale avec Anthropic
Au cœur de cette transformation technologique se trouve la relation étroite nouée avec le laboratoire Anthropic, concrétisée par le lancement récent de Claudeforce. Interrogé sur la nécessité de rester agnostique en matière de modèles d’IA, Marc Benioff a rappelé que son entreprise s’était tournée vers Anthropic, Mistral, Sakana et Cohere après avoir été initialement empêchée d’investir dans OpenAI en raison des liens étroits unissant cette dernière à Microsoft.
Nous avons trouvé Anthropic par le fruit du hasard. […] L’investissement que nous avons réalisé, qui s’élevait à plusieurs centaines de millions de dollars, s’est transformé en milliards de dollars. Marc Benioff, PDG de Salesforce
Malgré cet ancrage profond avec le créateur de Claude, la direction insiste sur la volonté de maintenir des partenariats ouverts avec l’ensemble de l’écosystème technologique, y compris avec OpenAI.
Philanthropie locale et tensions d’influence sur scène
En marge des annonces logicielles, la conférence a été marquée par des moments d’une rare intensité symbolique entre dirigeants. Lors d’une intervention commune, un échange physique entre Marc Benioff et le patron de Nvidia, Jensen Huang, a brièvement attiré l’attention de l’assistance. Alors que le dirigeant de Salesforce cherchait à guider son homologue en lui posant les mains sur les épaules, ce dernier s’est dégagé d’un geste prompt pour reprendre le contrôle de la scène.

Cette séquence s’est déroulée alors que l’événement mettait en lumière l’engagement financier de Salesforce envers la région de San Francisco. L’entreprise et son dirigeant continuent de soutenir massivement les services publics locaux, notamment à travers des contributions financières substantielles destinées au district scolaire de la ville, aux hôpitaux et aux forces de police, tout en incitant ses pairs de la tech à multiplier les investissements philanthropiques dans la région de la baie.
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