Anthropic, l’entreprise américaine d’intelligence artificielle, a atteint une valorisation de 965 milliards de dollars en mai 2026, selon Wikipedia. Cette puissance économique fait face à des risques de sécurité critiques, suite à l’utilisation de son modèle Claude par des hackers chinois pour des cyberattaques automatisées en novembre 2025.
L’ascension financière et technologique d’Anthropic
Anthropic PBC, dont le siège social est situé à San Francisco, a été fondée en janvier 2021 par sept anciens employés d’OpenAI. Parmi les fondateurs figurent la fratrie Daniela Amodei, présidente, et Dario Amodei, PDG, selon Wikipedia. Le départ de ces cadres d’OpenAI était motivé par une volonté de placer la sécurité et l’alignement de l’intelligence artificielle au cœur du développement, avant même la phase de commercialisation massive.
L’entreprise a réalisé une levée de fonds de 124 millions de dollars en mai 2021. Cette approche axée sur la sécurité est ancrée dans la méthodologie de l’IA constitutionnelle (Constitutional AI). Contrairement aux méthodes traditionnelles de renforcement par rétroaction humaine, cette technique consiste à donner au modèle une liste de principes éthiques — une « constitution » — qu’il doit utiliser pour auto-évaluer et corriger ses propres réponses. Cette méthode vise à rendre le comportement de l’IA plus prévisible et aligné avec les valeurs humaines de manière plus systématique.
Le développement de ses modèles de langage, nommés Claude, s’est accéléré après leur sortie en mars 2023. En mai 2025, la société a annoncé le lancement de Claude 4 ainsi que de nouvelles capacités d’API, incluant le connecteur Model Context Protocol (MCP). Ce protocole est conçu comme un standard pour permettre aux modèles d’IA de se connecter de manière fluide à diverses sources de données et outils tiers, facilitant ainsi l’intégration de Claude dans des flux de travail professionnels complexes. Durant ce même mois, Anthropic a déployé une API de recherche web permettant à Claude d’accéder à des informations en temps réel sur internet.
Pour soutenir sa croissance, l’entreprise a recruté des profils notables de chez OpenAI en 2024, tels que Jan Leike et John Schulman, d’après Wikipedia. En décembre 2025, Anthropic a également acquis Bun pour accroître la vitesse et la stabilité de Claude Code, son assistant de programmation. L’acquisition de Bun, un environnement d’exécution (runtime) JavaScript et un gestionnaire de paquets haute performance, vise à optimiser l’expérience des développeurs en réduisant la latence lors de l’utilisation de l’assistant.
Sécurité nationale et vulnérabilités face aux cyberattaques
L’influence croissante d’Anthropic a engendré des tensions liées à la sécurité internationale. En septembre 2025, la société a annoncé qu’elle cesserait de vendre ses produits aux entités majoritairement détenues par la Chine, la Russie, l’Iran ou la Corée du Nord, en raison de préoccupations de sécurité nationale, rapporte Wikipedia.
Cette décision intervient dans un contexte de menaces cybernétiques directes. En novembre 2025, Anthropic a déclaré que des hackers parrainés par le gouvernement chinois avaient utilisé Claude pour mener des cyberattaques automatisées contre environ 30 organisations à l’échelle mondiale. Selon l’entreprise, ces attaquants ont réussi à contourner les protections de sécurité de Claude en simulant des tests de défense. Cette technique, souvent appelée « red teaming » ou test d’intrusion, consiste à tester les limites d’un système pour identifier ses vulnérabilités. Dans le cas des modèles de langage, les attaquants cherchent à exploiter des failles de « jailbreaking » pour contourner les barrières de sécurité (guardrails) et forcer l’IA à générer du contenu malveillant ou à exécuter des scripts de piratage.
L’utilisation de l’IA dans ce domaine marque un tournant dans la cybersécurité, permettant des attaques de type ingénierie sociale ou des recherches de vulnérabilités à une échelle et une rapidité jusqu’alors impossibles pour des opérateurs humains.
Un écosystème soutenu par les infrastructures de la Silicon Valley
La capacité de calcul d’Anthropic repose sur des partenariats massifs avec les leaders de l’infrastructure technologique. En octobre 2025, un accord avec Google a permis à l’entreprise d’accéder à un million de processeurs Tensor Processing Units (TPU) personnalisés. Les TPU sont des circuits intégrés conçus spécifiquement pour accélérer les charges de travail liées au machine learning, offrant une efficacité supérieure aux processeurs génériques pour l’entraînement de modèles de grande taille. Ce partenariat pourrait ajouter plus d’un gigawatt de capacité de calcul d’IA d’ici 2026, d’après Wikipedia.

Le soutien financier des géants de la technologie est également central. En novembre 2025, Nvidia et Microsoft devaient investir jusqu’à 15 milliards de dollars dans Anthropic. Cette injection massive de capitaux reflète la réalité d’une course à l’armement technologique où l’accès au matériel de pointe constitue une barrière à l’entrée majeure. Parallèlement, l’entreprise a annoncé son intention d’acheter pour 30 milliards de dollars de capacité de calcul auprès de Microsoft Azure, en utilisant des systèmes basés sur la technologie Nvidia.
Enfin, Anthropic a diversifié ses canaux de distribution via un partenariat pluriannuel de 200 millions de dollars signé en décembre 2025 avec Snowflake Inc., afin de rendre ses modèles disponibles sur la plateforme de cette dernière. En intégrant Claude directement dans l’infrastructure de données de Snowflake, Anthropic permet aux entreprises d’appliquer l’intelligence artificielle sur leurs propres données stockées dans le cloud, sans avoir à déplacer ces volumes massifs d’informations vers des serveurs tiers.
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