Banque d’Angleterre: maintien des taux à 3,75% face à l’inflation

La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux directeurs à 3,75 pour cent lors de sa réunion de septembre 2026, malgré des pressions inflationnistes accrues liées au conflit au Moyen-Orient. Le gouverneur Andrew Bailey et son comité font face à des choix complexes, partagés entre le risque d’une inflation persistante et un ralentissement économique notable.

La décision tant attendue est tombée. La Banque d’Angleterre a voté le maintien de son taux directeur à 3,75 pour cent, choisissant la prudence face à un environnement macroéconomique assombri par la flambée des cours pétroliers. Alors que les marchés et les analystes surveillent l’évolution des prix de l’énergie, les tensions géopolitiques rappellent que la maîtrise de la hausse des prix reste fragile.

Les divisions du Comité de politique monétaire face à la flambée du pétrole

La décision de maintenir les taux n’a pas fait l’unanimité au sein du Monetary Policy Committee. Les membres ont voté à une majorité de 8 contre 1 en faveur du statu quo, une voix s’étant prononcée pour un relèvement immédiat des taux. Cette fracture illustre la délicatesse de la situation, les perturbations en mer Rouge et la fermeture de fait du détroit d’Ormuz aux pétroliers pesant lourdement sur les coûts énergétiques mondiaux.

Les pressions sur les factures énergétiques et sur les coûts alimentaires font redouter une accélération de l’inflation au cours de l’année. Certains experts redoutent même que des mesures de resserrement monétaire supplémentaires ne devancent les prévisions initiales. Dans une note adressée à ses clients, le stratégiste taux de Barclays, Moyeen Islam, a averti qu’un relèvement surprise de 25 points de base ne pouvait être exclu compte tenu de la rapidité des mouvements sur les marchés.

Moyeen Islam, stratège taux chez Barclays, a indiqué que, compte tenu de la rapidité du mouvement et du durcissement de la rhétorique de la banque centrale, une hausse surprise des taux de 25 points de base ne pouvait et ne devait pas être exclue.

Le ralentissement du programme de resserrement quantitatif

Parallèlement à la question des taux d’intérêt, la Banque d’Angleterre procède à son examen annuel du rythme de réduction de son bilan obligataire. Acquis entre 2009 et 2021 pour stimuler l’économie, le portefeuille de gilts, qui s’élevait à 895 milliards de livres sterling, a diminué de plus de 400 milliards depuis l’arrêt des réinvestissements en février 2022.

Banque d'Angleterre: maintien des taux à 3,75% face à l'inflation
Photo: aol.com

L’institution a déjà abaissé le rythme de son resserrement quantitatif à 70 milliards de livres par an, et les enquêtes auprès des investisseurs suggèrent une nouvelle décélération à 50 milliards pour la période allant d’octobre 2026 à septembre 2027. Cette baisse reflète principalement un volume moindre d’obligations arrivant à échéance, tandis que les ventes actives prévues s’élèvent à 19,5 milliards, un montant proche des 21 milliards vendus au cours des douze mois précédents.

Les réactions politiques et les perspectives pour les ménages

La chancelière Rachel Reeves a réagi à la décision en soulignant que le pays devait faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient tout en préservant la stabilité budgétaire. De son côté, le chancelier de l’ombre conservateur Sir Mel Stride a imputé la vulnérabilité de l’économie britannique aux choix budgétaires et énergétiques de l’exécutif.

Bank of England hold interest rates, but why? | Ed Conway analysis

Pour les ménages et les entreprises, le maintien des taux à 3,75 pour cent n’apporte qu’un répit limité. Les analystes estiment que la perspective d’une baisse des taux d’intérêt s’éloigne à court terme, obligeant les emprunteurs arrivant au terme de leur taux fixe à anticiper leurs démarches auprès des établissements de crédit.

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