La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a tenu sa 44e réunion conjointe des ministres responsables de l’Énergie et de l’Eau le 17 juillet 2026 à Pretoria. Cet événement hybride, présidé par l’Afrique du Sud, a rassemblé des responsables régionaux pour définir des interventions stratégiques visant à renforcer la sécurité énergétique, la gestion des ressources hydriques et la résilience climatique au sein du bloc régional.
La Mission 300 : un impératif d’électrification
Au cœur des discussions figurait l’avancement de la Déclaration de Dar es Salaam sur la « Mission 300 ». Cette initiative ambitieuse, menée conjointement par la Banque africaine de développement et le Groupe de la Banque mondiale, vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030. Pour le continent, l’enjeu est de taille : environ 600 millions de personnes manquent actuellement d’accès à l’énergie, ce qui représente 83 % du déficit énergétique mondial. La Mission 300 a déjà permis de raccorder plus de 50 millions de personnes à travers 40 pays, avec des gains visibles en Tanzanie, à Madagascar, en Éthiopie, en République démocratique du Congo et en Zambie. Les engagements financiers internationaux pour soutenir ces efforts atteignent 48 milliards de dollars d’ici 2030, incluant une augmentation significative des investissements de la Banque mondiale dans le secteur énergétique africain.
Renforcement du réseau et sécurité énergétique
Le Dr Kgosientsho Ramokgopa, ministre sud-africain de l’Électricité et de l’Énergie, a souligné que la sécurité énergétique demeure l’une des priorités majeures de la région. Face aux tensions géopolitiques et aux défis climatiques, les ministres ont examiné l’état de la demande et de l’offre d’électricité.
Le nexus eau-énergie au centre des préoccupations
La réunion a également mis en lumière l’interdépendance entre l’eau et l’énergie, un secteur qualifié de « plomberie » de l’économie régionale. Le Dr Ramokgopa et la ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Pemmy Majodina, ont insisté sur le fait que la gestion des bassins hydrographiques partagés est essentielle pour la stabilité économique et l’adaptation au changement climatique. Les ministres ont passé en revue les progrès des projets de gestion des eaux transfrontalières, le programme SADC sur les eaux souterraines et l’extension du cinquième plan d’action stratégique régional jusqu’en 2030. L’idée directrice est que, dans une région où les cycles de sécheresse s’intensifient, la coordination régionale est la seule alternative viable au traitement individuel des crises.
Les défis de la mise en œuvre
Bien que les ambitions soient claires, des défis persistent quant à la transformation des déclarations politiques en résultats concrets. La SADC fait face à des avertissements récurrents : le succès de la Mission 300 et des autres projets régionaux dépendra de la capacité à attirer les capitaux privés et à mener des réformes réglementaires effectives. L’Afrique du Sud, en tant que président des comités sectoriels, cherche à impulser une dynamique de livraison plutôt que de simples engagements, en vue du 46e Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC prévu en août. La réussite de ces efforts déterminera si les entreprises et les services publics de la région pourront surmonter durablement les pénuries d’énergie et d’eau qui entravent actuellement le développement socio-économique.
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