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Royaume-Uni : un dépôt de 5 £ sur les vapeurs pour éviter les incendies dans les déchets

Les dangers persistants des vapeurs jetables malgré leur interdiction

Le secteur britannique des déchets, regroupé au sein de l’Environmental Services Association (ESA), plaide pour un système de consigne sur les vapeurs rechargeables afin de réduire les risques d’incendies dans les camions-bennes et les centres de traitement, où les batteries lithium peuvent court-circuiter sous pression. Une solution qualifiée de « simple, équitable et neutre en coût » par l’association, mais contestée par une partie du secteur.

Les dangers persistants des vapeurs jetables malgré leur interdiction

L’interdiction des cigarettes électroniques jetables, entrée en vigueur au Royaume-Uni en 2025, visait principalement à limiter les risques d’incendies dans les installations de traitement des déchets. Pourtant, selon l’Environmental Services Association (ESA), les opérateurs du secteur continuent de constater des centaines d’incidents par semaine liés à la mauvaise élimination de ces appareils, même après leur retrait du marché.

Le mécanisme en cause est simple : les batteries lithium des vapeurs, écrasées dans les bennes ou les usines de tri, peuvent court-circuiter et provoquer des départs de feu. En 2026, alors que les autorités sanitaires britanniques multiplient les alertes sur les dangers des vapeurs illicites, le secteur des déchets estime que la solution passe par un dépôt remboursable au moment de l’achat, comme pour les bouteilles en plastique ou les canettes.

Le mécanisme proposé : un dépôt de 5 livres sterling et ses limites

L’ESA propose un système inspiré des consignes existantes pour les emballages : un dépôt de 5 livres sterling serait prélevé à l’achat de chaque vapeur, puis remboursé intégralement au consommateur lorsqu’il la dépose dans un point de collecte agréé (magasins partenaires ou centres de recyclage dédiés). Cette somme, jugée suffisante pour motiver les usagers, serait sujette à consultation avant toute mise en œuvre, selon Biffa, le premier gestionnaire de déchets britannique.

« Malgré l’interdiction, les opérateurs du secteur voient toujours des centaines de vapeurs jetables chaque semaine, souvent écrasées dans les bennes ou les installations de traitement », a déclaré Patrick Brighty, directeur de la politique de recyclage à l’ESA. « Un dépôt aurait l’avantage d’être une solution simple, équitable et neutre en coût pour les contribuables. »

Pourtant, la mesure divise. Certains fabricants de vapeurs craignent que ce système ne favorise les circuits parallèles, où les produits seraient achetés sans consigne et donc sans remboursement possible. « Cela pourrait pousser les consommateurs vers des vendeurs illégaux qui n’appliquent pas cette règle », estiment des représentants du secteur, sans que des données précises ne soient avancées à ce stade.

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Les défis logistiques et les alternatives européennes

Depuis l’interdiction de 2025, les vapeurs doivent être rendu dans les points de vente (obligation légale) ou dans des bornes de collecte spécifiques, jamais dans les poubelles classiques ou les bacs de recyclage. Pourtant, selon l’ESA, une partie significative des appareils finit toujours dans les déchets ménagers, où le risque d’incendie persiste.

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Les opérateurs comme Biffa, qui gère une part majeure des déchets britanniques, insistent sur la nécessité d’une traçabilité renforcée. « Les vapeurs ne doivent pas être mises dans les bacs de tri ou jetées dans la nature, car leurs batteries peuvent provoquer des courts-circuits dangereux », rappellent-ils. Le dépôt, s’il est adopté, s’ajouterait à ces dispositifs existants pour augmenter le taux de retour.

Si le Royaume-Uni n’a pas encore instauré de consigne sur les vapeurs, d’autres pays européens ont expérimenté des mesures similaires pour les appareils électroniques. En Allemagne, par exemple, un système de retour obligatoire des piles et batteries (y compris celles des vapeurs) existe depuis des années, avec des centres de collecte dédiés. En France, une taxe sur les vapeurs jetables a été instaurée en 2023, mais sans mécanisme de consigne.

L’ESA souligne que le modèle britannique pourrait s’inspirer de ces expériences, à condition que la logistique soit simplifiée pour les consommateurs. « Le coût pour l’État serait nul, car le système serait financé par les fabricants et les détaillants », précise Patrick Brighty. « En revanche, le bénéfice en termes de sécurité et de réduction des incendies serait immédiat. »

Obstacles et calendrier d’une adoption potentielle

La proposition de l’ESA est actuellement en phase de consultation, sans date précise pour une adoption. Si le gouvernement britannique retient l’idée, plusieurs défis restent à surmonter :

  1. L’adhésion des fabricants : certains pourraient refuser de participer au système, rendant son application partielle.
  2. La logistique des points de collecte : il faudrait déployer un réseau suffisant de bornes ou de magasins partenaires pour éviter les déserts de collecte.
  3. Le contrôle des circuits illégaux : sans consigne, les vapeurs achetées en ligne ou sur les marchés parallèles continueront de poser problème.

« Nous espérons que cette mesure sera adoptée rapidement, car chaque semaine perdue est une semaine de plus où des incendies pourraient se produire », conclut Patrick Brighty. « Le dépôt de 5 livres n’est pas une solution parfaite, mais c’est un outil éprouvé pour changer les comportements. »

Plusieurs arguments plaident en faveur de la consigne :

  • Efficacité prouvée : Les systèmes de consigne sur les emballages (verre, plastique) ont permis d’augmenter les taux de recyclage de 10 à 20 % dans les pays où ils sont appliqués.
  • Coût maîtrisé : Contrairement à une taxe ou à une subvention, le dépôt serait autofinancé par les acteurs du secteur, sans peser sur les contribuables.
  • Réduction des risques : Chaque vapeur correctement recyclée élimine un potentiel foyer d’incendie dans les installations de traitement.

Reste à savoir si les autorités britanniques, déjà confrontées à la hausse des déchets illicites (vapeurs, médicaments, produits chimiques), donneront leur feu vert à cette mesure. Une décision dans les prochains mois pourrait marquer un tournant dans la gestion des déchets électroniques au Royaume-Uni.

Prochaine étape : Le gouvernement britannique doit encore évaluer la faisabilité juridique et économique du projet. Si la consigne est adoptée, son déploiement pourrait intervenir d’ici fin 2026, en parallèle d’une campagne de sensibilisation du public. En attendant, les entreprises de gestion des déchets maintiennent la pression, rappelant que chaque vapeur mal éliminée représente un risque pour les travailleurs et l’environnement.

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