Une déclaration du leader des Metallica, James Hetfield, affirmant que le groupe n’est pas sur scène pour diffuser des opinions politiques, a provoqué une vive polémique et une réplique cinglante de Roger Waters, ouvrant un débat intense sur la neutralité et l’engagement artistique en octobre 2026.
Le 10 octobre 2026, lors de la quatrième des dix représentations des Metallica au Sphere de Las Vegas, le guitariste et chanteur James Hetfield a pris la parole devant un public ayant payé des places pour un spectacle aux tarifs très élevés, dont les billets dans la section snake pit atteignent 6 500 dollars. S’adressant à la foule, le musicien a tenu à clarifier la position de la formation américaine, affirmant que leur rôle se limite à la musique et au divertissement.
Les Metallica ne sont pas là, comme d’autres artistes, pour vous influencer avec leurs conneries, d’accord ? Nous sommes là… sans aucune connerie… pour oublier tout ce qui se passe là-dehors, d’accord ? La seule agenda des Metallica, c’est l’amour, l’énergie et la heavy music !
La réaction féroce de Roger Waters et les tensions autour de la scène musicale
Cette sortie publique a immédiatement enflammé le milieu musical et les réseaux sociaux. Roger Waters, ancien membre des Pink Floyd et militant de longue date, a vivement réagi lors d’un passage dans le podcast de Katie Halper, qualifiant le leader des Metallica de complet connard et affirmant qu’il possède un QI d’environ trois. Waters a également reproché à Hetfield son choix de l’apolitisme, tout en rappelant des controverses passées concernant l’utilisation de morceaux du groupe dans des centres de détention américains comme Guantánamo et Abou Ghraib.
La polémique s’inscrit dans un contexte plus large marqué par l’éviction récente du rappeur Macklemore de la tournée d’Ed Sheeran, consécutive à des prises de position en faveur de la Palestine sur scène. Plusieurs artistes, parmi lesquels les Massive Attack, Roger Waters, Billy Bragg et Hayley Williams, ont exprimé leur soutien au rappeur après son départ de la tournée Loop Tour d’Ed Sheeran, alors que de nombreuses salles de concert se seraient refusées à l’accueillir. En réaction, Macklemore a annoncé sa propre tournée baptisée « Free Palestine Tour », prévoyant de verser un million de dollars provenant des recettes de ses concerts à des associations humanitaires venant en aide aux Palestiniens. D’autres musiciens ayant assuré les premières parties de la tournée américaine d’Ed Sheeran, comme Phineas, ont également quitté l’affiche par solidarité avec le rappeur et pour contester ce qu’ils ont qualifié de musellement de la parole politique. Face à cette situation, d’autres personnalités comme le leader de Disturbed, David Draiman, ont au contraire adopté une posture totalement opposée.

Le paradoxe textuel des Metallica face aux critiques du public
De nombreux observateurs, auditeurs et personnalités publiques ont souligné un paradoxe saisissant entre les propos récents du chanteur et le répertoire historique du groupe. Des titres emblématiques signés par la formation abordent ouvertement des thèmes sociaux et politiques lourds. L’album …And Justice for All, paru en 1988 deux ans après la tragique disparition de leur bassiste Cliff Burton dans un accident de la route en Suède, questionnait déjà la justice et les institutions à travers des morceaux dénonçant la répression politique à l’époque du maccarthysme comme « The Shortest Straw », un titre rejoué en concert lors de cette même date du 8 octobre 2026 au Sphere.
En Grèce, l’actrice et musicienne Πηνελόπη Αναστασοπούλου a exprimé sa profonde déception sur les réseaux sociaux en s’appuyant sur les paroles du groupe, qualifiant l’attitude récente de son frontman d’ironie et d’arrogance. D’autres figures de la scène rock, comme Tom Morello des Rage Against the Machine, adoptent une approche plus nuancée, estimant que si la grande musique doit être sincère, les créateurs ne sont pas contraints d’utiliser systématiquement leur tribune pour faire de la politique.
Les positions antérieures de James Hetfield sur l’art et la politique
Pour sa part, le cofondateur des Metallica a explicité sa vision lors d’un entretien accordé au média chilien La Tercera, affirmant qu’il déteste la politique et qu’il souhaite simplement unir les individus à travers les mélodies. Le batteur Lars Ulrich a de son côté confirmé que les choix politiques ne font pas l’objet de débats au sein du noyau dur du groupe, soulignant une complicité de plusieurs décennies exempte de discussions partisanes formelles.

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