La productrice de cinéma Ektaa Kapoor a dénoncé l’existence d’un « hinduphobia » au sein de l’industrie du divertissement et du cinéma, évoquant le regard critique porté sur ses propres choix vestimentaires et ses traditions religieuses dans une interview diffusée en octobre 2024.
Les critiques d’Ektaa Kapoor sur le « hinduphobia » dans le cinéma
Selon elle, le milieu du cinéma adopte facilement des influences occidentales mais se montre beaucoup plus réticent lorsqu’il s’agit d’assumer des éléments issus de la culture indienne traditionnelle. Elle estime que si l’industrie accepte volontiers l’animation, elle manifeste une gêne profonde dès lors que les sujets abordent le folklore et la mythologie.
La réalisatrice et productrice a ainsi pointé du doigt un malaise persistant au sein de la profession. Dans ses propos, elle déplore un paradoxe dans l’approche des contes et des légendes locales, notant toutefois que le public actuel semble désormais plus enclin à accepter ces récits qu’auparavant.
« Les chiffres sont excellents pour le film (The Vvaan). Ce qui est vraiment important, c’est qu’il traite de folklore. Je vais le dire devant la caméra : l’hinduphobia existe, et nous avons tellement de phobies à propos de ce que nous appelons… Nous acceptons l’animation, mais nous ne sommes pas à l’aise avec la discussion autour du folklore et de la mythologie », a déclaré Ektaa Kapoor.
Cette prise de parole intervient alors que l’actualité de la productrice est marquée par la sortie de son projet intitulé « The Vvaan: Force Of The Forrest », sorti dans les salles de cinéma le 25 septembre. Ce long-métrage, réalisé par Deepak Kumar Mishra, mêle fantastique, folklore et éléments surnaturels. Le film se déroule dans un décor de forêt interdite et s’inspire des traditions liées au temple de Maa Van Devi, situé à Bihta, dans le district de Patna au Bihar. Le casting réunit des acteurs tels que Siddharth Malhotra et Tamannaah Bhatia dans les rôles principaux, aux côtés d’Anup Soni, Sunil Grover, Shweta Tiwari et Maniesh Paul.
Les jugements portés sur l’identité religieuse et les symboles traditionnels
Elle a ainsi raconté avoir été la cible de moqueries par le passé pour avoir arboré ostensiblement des symboles spirituels tels que le « tika » sur le front ou un fil protecteur au poignet. Passionnée par l’astrologie, la numérologie et la spiritualité, elle a souligné que le simple fait de porter ces signes religieux était autrefois suffisant pour susciter des critiques.

« Je ne peux même pas vous dire. Porter un tika et afficher sa religion de manière aussi visible est un tel problème », a confié Ektaa Kapoor.
Face aux remarques interrogatives de ses proches lui demandant si elle venait d’un temple, elle a tenu à dissocier la démarche spirituelle des sorties personnelles, rappelant que les deux aspects peuvent coexister sans contradiction. Elle a ainsi questionné le caractère choquant que certains attribuent à cette pratique, affirmant que le temple est un lieu de manifestation spirituelle, tandis que les loisirs personnels relèvent d’une autre sphère de la vie.
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