Une collaboration internationale de plus de cent chercheurs et la NASA préparent l’exploitation du télescope spatial Nancy Grace Roman, lancé le 30 août 2026.
Le télescope spatial Roman affine sa mise au point optique
L’équipe du télescope spatial Nancy Grace Roman a achevé une série de tests et de réglages pour optimiser la vision de l’observatoire et préparer son instrument principal à un usage régulier, selon un communiqué de la NASA publié le 14 octobre 2026. L’Instrument à Grand Champ (Wide Field Instrument) a été activé en septembre. Il a passé avec succès une batterie de vérifications comprenant des composants activés individuellement et conjointement sous la supervision de Dave Hickey, ingénieur des systèmes de l’Instrument à Grand Champ au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland.
Pour calibrer l’instrument, Maxime Rizzo, ingénieur des systèmes de l’Instrument à Grand Champ au Goddard de la NASA, a comparé l’opération à l’action d’accorder un instrument de musique avant un concert, en ajustant les paramètres pour obtenir une performance cohérente. De son côté, l’équipe a travaillé sur la netteté optique sous la direction d’Alden Jurling, ingénieur opticien senior au Goddard de la NASA. Les optiques étant déjà presque parfaitement agencées, l’équipe n’a eu qu’à effectuer des modifications infimes.

Cette modification microscopique a consisté à déplacer la hauteur du miroir secondaire au-dessus du miroir primaire. En transposant cette variation à l’échelle de l’Empire State Building, le changement d’altitude équivaudrait à un empilement inférieur à une seule pièce de monnaie américaine posée au sommet de la tour. Cette précision a permis d’obtenir des performances de l’Instrument à Grand Champ supérieures de près de 30 % aux prévisions initiales de l’équipe de Roman.
La qualité d’image a été fixée à environ 90 nanomètres RMS, soit des optiques ne déviant de la perfection que d’environ mille fois moins que l’épaisseur d’un cheveu humain.
Tous les relevés panoramiques de Roman s’appuieront sur l’Instrument à Grand Champ. Bon nombre des objectifs principaux de la mission, comme l’étude de la matière noire et de l’énergie noire, ne seraient pas possibles sans lui ; c’est donc à la fois passionnant et un immense soulagement de voir qu’il fonctionne bien !
Dave Hickey, ingénieur des systèmes de l’Instrument à Grand Champ au Goddard Space Flight Center de la NASA, via NASA
Des chercheurs analysent un flux massif de données
Le télescope concrétise une vision élaborée initialement à l’Université de Californie à Berkeley et au Berkeley Lab, et il est conçu pour explorer l’univers infrarouge afin d’élucider des interrogations en suspens concernant l’énergie noire, la matière noire, les exoplanètes et les galaxies. Jessica Lu, astronome et professeure associée d’astronomie à UC Berkeley, codirige avec David Weinberg, de l’Ohio State University, un vaste consortium de scientifiques qui s’attelle à digérer rapidement le flot d’informations produit par l’observatoire. Ce regroupement compte près d’un millier de membres et se réunit régulièrement depuis dix-huit mois pour identifier les méthodes les plus efficaces d’extraction scientifique.

Jessica Lu a activement mené des démarches auprès de l’équipe de Roman pour adapter légèrement le relevé des exoplanètes afin d’accroître les probabilités de repérer des trous noirs sombres. Elle a cherché à transformer l’observatoire en une machine de détection de trous noirs parallèlement à ses missions exoplanétaires et cosmologiques. Sur une période d’enquête de cinq ans, le télescope devrait identifier 30 000 événements de microlentille gravitationnelle, dont de nombreuses exoplanètes.
Saul Perlmutter, professeur de physique et lauréat du prix Nobel de physique 2011 pour la découverte de l’expansion accélérée de l’univers, a participé activement aux équipes de formulation de Roman, allant jusqu’à en diriger une. Sa technique de mesure de l’expansion cosmique s’appuie sur l’observation spatiale, une approche partagée par une équipe rivale ayant simultanément mis en évidence l’accélération de l’expansion.
À l’origine, un projet de recherche du Département de l’Énergie (DOE) prévoyait un lancement en 2008, avant de devenir un programme conjoint DOE/NASA sous l’appellation de Mission conjointe sur l’énergie noire (JDEM). Le Département de la Défense a cédé à la NASA un miroir haute résolution inutilisé, initialement façonné pour un satellite espion, qui est devenu la pièce maîtresse du télescope Roman. L’assemblage final a ensuite eu lieu au Johnson Space Center de la NASA à Houston, au Texas, avant le décollage du 30 août depuis le Kennedy Space Center en Floride.
Une équipe explore l’univers primordial et les exoplanètes
À l’Université du Missouri, le professeur de physique et d’astronomie Haojing Yan pilote une équipe de 130 chercheurs issus de 62 institutions, parmi lesquelles la NASA, le California Institute of Technology, l’Université de Princeton et l’Université de Harvard, dans le cadre du projet Roman eXtreme Deep Field (RXDF). La NASA a accordé à l’équipe 386 heures d’observation pour façonner l’une des vues les plus profondes et étendues de l’univers primitif jamais réalisées.

Une fois positionné sur son orbite située à environ 930 000 milles de la Terre, le télescope offrira des panoramas de l’univers distant comparables à ceux obtenus par les télescopes spatiaux Hubble et James Webb. L’immense champ de vision de Roman permettra à l’équipe de Haojing Yan de repérer davantage de structures surprenantes observées dans le cosmos, fournissant aux scientifiques l’échantillon élargi indispensable pour résoudre ces énigmes. Les chercheurs anticipent également des découvertes fortuites en explorant une vaste portion de l’univers primordial à une profondeur et une échelle inédites.
En poussant les instruments d’aujourd’hui dans leurs derniers retranchements, nous pouvons contribuer à ouvrir la voie aux futures générations pour qu’elles construisent des observatoires encore plus performants et continuent d’explorer l’univers.
Des missions spatiales infrarouges complètent les observations
La recherche spatiale progresse avec la sélection par la NASA de la mission PRIMA (Probe Mission for Far-Infrared Astrophysics), un télescope spatial de 1,8 mètre travaillant dans l’infrarouge lointain pour sonder des régions inaccessibles aux observatoires conventionnels. Cette collaboration internationale associe des chercheurs des États-Unis, d’Europe et d’Asie, avec le soutien de l’Agence spatiale du Royaume-Uni (UK Space Agency) à travers une équipe pluridisciplinaire regroupant l’Université du Sussex, l’Imperial College London, Cardiff University, le RAL Space du STFC et Celtic Terahertz Technologies.
PRIMA comble une lacune essentielle dans notre couverture du spectre électromagnétique entre le JWST (le télescope spatial James Webb) et l’ALMA (le grand réseau millimétrique/submillimétrique de l’Atacama).
Dave Clements, professeur associé d’astrophysique à l’Imperial College London, via Imperial College London
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