Le célèbre scénariste japonais Kuramoto Sō, auteur de la série emblématique Kita no Kuni Kara
, est décédé le 18 septembre 2026 à l’âge de 91 ans des suites d’une défaillance multiviscérale à son domicile de Furano, dans la préfecture de Hokkaidō.
Les hommages du monde de la culture et de la scène de Furano
La disparition de l’illustre dramaturge a suscité une vive émotion à travers le Japon, rassemblant les témoignages de figures de premier plan de la télévision et de la chanson qui ont jalonné sa carrière. Le chanteur et auteur-compositeur Sadamasashi, qui a composé la musique de sa série la plus célèbre, a salué la mémoire d’un créateur à la fois exigeant et généreux, rappelant qu’il lui avait confié l’intégralité de la partition musicale alors qu’il était encore un jeune artiste.

Du côté des comédiens, Yoshioka Hidetaka, interprète du jeune Kuroki Jun, a exprimé sa gratitude d’avoir pu croiser la route d’un tel maître, tandis que Yuki Nae a partagé son chagrin sur les réseaux sociaux en évoquant la disparition d’une grande lumière de notre époque. À Furano, ville qui avait accueilli le scénariste il y a près d’un demi-siècle et où il avait fondé le cercle théâtral de la Furano Juku, le maire Kita Toshitoshi a souligné l’immense empreinte culturelle laissée par l’artiste.
La nature aux quatre saisons de Furano, le mode de vie de ses habitants, la valeur de la nature, les liens humains et l’amour familial ont été dépeints dans
Kita Toshitoshi, maire de Furano, via le site officiel de la villeKita no Kuni Kara, donnant naissance à de nombreux fans à travers le pays et faisant rayonner notre commune.
Le parcours d’un maître de la dramaturgie télévisuelle
Né et formé dans la création radiophonique et cinématographique avant d’embrasser le médium télévisuel, Kuramoto Sō a marqué l’histoire audiovisuelle nippone par une exigence rare. Dans un entretien mémorisé avec le réalisateur Koreeda Hirokazu, le scénariste analysait sa vision de l’écriture en distinguant la trame narrative globale de ce qu’il nommait le « chic » — ces éclats d’émotion pure et ces détails psychologiques inattendus qui captent la vérité du quotidien.
Cette rigueur artistique s’est également accompagnée de prises de position artistiques tranchées et d’un exil volontaire à Hokkaidō à la fin des années 1970, consécutif à un différend mémorable avec la chaîne NHK lors de la production de la fresque historique Katsu Kaishū. C’est dans ce décor septentrional qu’il a bâti son œuvre majeure, un foyer de création où son épouse et ancienne comédienne, Hiraki Hisako, l’a constamment épaulé dans l’ombre en soutenant ses projets et ses ateliers d’écriture.
Une cérémonie d’adieu prévue à Hokkaidō
Les hommages se multiplient également dans les institutions culturelles de la région, à l’image de la bibliothèque centrale de Tomakomai, qui a consacré un espace spécial exposant environ soixante recueils de scénarios et ouvrages signés par le dramaturge. L’impact de ses créations se mesure aussi à travers les souvenirs d’autres grands noms de la scène artistique, comme le musicien Matsuyama Chiharu, qui a révélé avoir autrefois décliné l’offre de composer la musique de sa série phare pour préserver leur amitié en dehors des sphères professionnelles, tout en suggérant le nom de Sadamasashi pour porter le projet.

Conformément aux dernières volontés du défunt, un rassemblement commémoratif ouvert aux proches et aux personnalités liées à son parcours est programmé pour le 3 novembre 2026 à l’usine théâtrale de Furano, marquant le dernier adieu institutionnel à celui qui aura passé un demi-siècle à façonner l’âme artistique de la région.
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