La République tchèque fait face à une crise démographique profonde alors que les capacités des maisons de retraite manquent cruellement, favorisant l’émergence d’établissements illégaux. À Svitavské, le site de Schindlerův háj accueille près de 30 clients dans des conditions pointées du doigt par le bureau de l’ombudsman.
Le système des services sociaux tchèques souffre d’un grave sous-financement chronique, un problème souligné par les autorités régionales et municipales. D’après Seznamzpravy, le pays fait face à une demande croissante que l’État peine à satisfaire, entraînant la prolifération de structures non autorisées qui exploitent les failles du système actuel.
La situation critique du Schindlerův háj à Svitavy
Le cas de Schindlerův háj à Svitavy illustre les dérives de ce secteur. Géré par l’entrepreneur Leoš Mikulecký en tant que foyer d’hébergement, l’établissement abrite près de 30 clients. Pourtant, un récent rapport de l’ombudsman qualifie l’endroit de maison de retraite illégale, mettant en garde contre ce type de structures.
Bien que le gestionnaire affirme que des assistants de soins s’occupent des résidents, les journalistes n’ont croisé aucun personnel soignant lors de leurs visites répétées, alors même qu’une partie des clients requiert une assistance de tous les instants. Ça me dépasse, a déclaré Leoš Mikulecký, selon Seznamzpravy, en soutenant que les autorités avaient validé son activité d’hébergement. Parmi les 26 clients présents, sept personnes disposent pourtant du quatrième degré de dépendance, le niveau le plus élevé reconnu par la loi, ce qui signifie que la structure fournit illégalement des services sociaux.
La mairie de Svitavy apporte un soutien nuancé à la structure. D’après la porte-parole de la municipalité Kateřina Kotasova, citée par Seznamzpravy, il n’existe pratiquement pas d’établissements légaux adaptés pour ce type de public en Tchéquie. Le site accueille des personnes socialement vulnérables, des sans-abri, des individus sortant de prison ou luttant contre l’alcoolisme. Nous sommes convaincus que dans ces cas-là, l’infrastructure d’un hébergement représente une alternative plus digne et plus sûre que la vie dans la rue, a expliqué Kateřina Kotasova.
Le cri d’alarme des élus locaux face au sous-financement
Les responsables politiques régionaux demandent instamment au gouvernement de réformer un système qu’ils jugent financièrement asphyxié. Bien que les régions administrent officiellement les maisons de retraite, elles se contentent pour la plupart de redistribuer les subventions octroyées par l’État.
L’argent pour le fonctionnement ne suffit absolument pas, a affirmé Pavel Šotola, adjoint au gouverneur de la région de Pardubice en charge des affaires sociales, d’après Seznamzpravy. Pour Pavel Šotola, cette augmentation ne correspond en rien aux besoins réels. Il cite l’exemple de la revalorisation des salaires dans les services sociaux décidée par le gouvernement à partir du deuxième trimestre, pour laquelle l’État n’a pas versé une seule couronne.
Le maire de Svitavy, David Šimek, dresse un constat similaire. Selon ses déclarations rapportées par Seznamzpravy, des représentants de la charité et d’autres services sociaux municipaux signalent régulièrement un manque de fonds pour verser les salaires, accompagnés de menaces de grève. La solution prioritaire et systémique est que l’État paie réellement les services sociaux enregistrés, a insisté David Šimek.
Les négociations budgétaires et le défi démographique de 2030
Face à cette impasse financière, David Šimek a récemment rencontré le ministre du Travail et des Affaires sociales Aleš Juchelka (ANO). Ce dernier discute activement du budget du ministère et d’une rallonge potentielle pour les services sociaux avec Alena Schillerová, ministre des Finances et collègue de parti, selon les informations de Seznamzpravy. Les contours fondamentaux de ce budget doivent être fixés à la fin du mois d’août.
Les négociations sur la forme du budget pour 2027 se poursuivent et nous ne souhaitons donc pas commenter leur déroulement ni les montants précis pour le moment, a indiqué Jakub Slavík, porte-parole du ministère du Travail et des Affaires sociales, cité par Seznamzpravy.
Les projections démographiques accentuent l’urgence de la situation.
Créer de nouvelles structures réglementées demeure un parcours du combattant financier. Pavel Šotola souligne que la mise en place de structures adaptées, même pour quelques dizaines de clients, se chiffre en centaines de millions de couronnes, qu’il s’agisse de rénover des bâtiments existants ou de construire sur des terrains vierges.
Un établissement enregistré doit intégrer le réseau des prestataires régionaux. Grâce à cela, il a ensuite droit à l’argent de l’État. Sauf que la région distribue l’argent d’un pot plus ou moins identique. C’est aussi pour cela qu’elle s’oppose à une large expansion de l’offre des services sociaux, car elle ne serait ensuite pas en mesure de les couvrir financièrement. David Šimek, maire de Svitavy
Pour résoudre cette crise des capacités, le maire de Svitavy suggère d’envisager la légalisation de structures informelles telles que le Schindlerův háj en assouplissant certains critères stricts d’enregistrement.
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