Des décennies durant, les mutations du gène KRAS ont été jugées inattaquables par les traitements. Aujourd’hui, des recherches menées par Kevan Shokat de l’UC San Francisco et financées par les National Institutes of Health ont donné naissance aux premiers médicaments au monde ciblant KRAS, modifiant la prise en charge des tumeurs.
Environ un quart de toutes les tumeurs cancéreuses trouvent leur origine dans des mutations du gène KRAS, un acteur biologique qui stimule la prolifération cellulaire. Pendant plus de trente ans, la communauté scientifique a jugé ces anomalies génétiques impossibles à traiter en raison de la surface glissante et changeante de la protéine. Les laboratoires pharmaceutiques ont largement déserté cette voie, tandis que les équipes se sont rabattues sur le blocage des signaux en aval avec un succès limité, selon les informations publiées par l’UCSF.
Le professeur Kevan Shokat a rejoint l’UC San Francisco en 1999 grâce au recrutement mené par Frank McCormick, qui occupe aussi le poste de professeur titulaire de la chaire David A. Wood Distinguished Professorship of Tumor Biology and Cancer Research.
Comment Kevan Shokat et l’UCSF ont vaincu le gène KRAS en 2013
Dans les cellules saines, la protéine KRAS fonctionne à la manière d’un interrupteur qui bascule entre les positions marche et arrêt pour réguler la croissance. Certaines mutations bloquent cet interrupteur en position active, ce qui provoque une multiplication cellulaire anarchique menant au cancer. Face à cette résistance qualifiée de sommet de l’inaccessible pour les thérapies anticancéreuses, où de jeunes scientifiques étaient même dissuadés de s’aventurer, le professeur Kevan Shokat a persévéré aux côtés d’autres chercheurs de l’établissement californien pour trouver une faille chimique.
De nouveaux espoirs pour les malades du poumon et du pancréas
Les mutations KRAS concernent environ un quart de l’ensemble des tumeurs malignes.
Le chancelier de l’UCSF, Sam Hawgood, MBBS, a indiqué que l’utilisation de tous les outils de la chimie et de la biologie moderne par Shokat a permis de débloquer une découverte qui a profondément influencé la santé humaine, démontrant à quel point le soutien à la science fondamentale favorise des avancées.
Cette dynamique scientifique réunit aujourd’hui des chercheurs et des patients dans le cadre de rencontres où se croisent des personnes venues de divers horizons géographiques, qu’elles résident dans le Massachusetts, en Arizona ou en Caroline du Nord. Ces patients se rassemblent pour partager leur diagnostic, explorer les opportunités d’essais cliniques et accéder à des traitements expérimentaux qui étaient impensables à peine dix ans plus tôt, prolongeant ainsi l’élan initié par la découverte initiale de cette poche protéique. Pour toute question relative au diagnostic ou aux options thérapeutiques, il est recommandé de consulter des professionnels de santé qualifiés.
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