Le Trésor américain joue avec les taux, un fonds PIMCO pourrait en profiter
Washington – L’administration américaine semble déterminée à influencer les taux d’intérêt avant l’élection présidentielle de 2026, une stratégie qui pourrait bénéficier à certains investisseurs, notamment ceux qui misent sur les obligations à long terme. Au cœur de cette manœuvre se trouve Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, dont les actions pourraient s’avérer plus déterminantes que celles de Jay Powell, le président de la Réserve fédérale, ou de son successeur potentiel, Kevin Warsh.
L’objectif est clair : des coûts d’emprunt plus bas avant le scrutin de 2026. Mais la méthode employée par le Trésor est moins conventionnelle. Bessent a massivement émis de la dette à court terme, contrôlée par la Fed, pour ensuite racheter des obligations à long terme. Cette stratégie permet au gouvernement de bénéficier de taux plus avantageux à court terme, tout en réduisant l’offre d’obligations à long terme sur le marché, ce qui a pour effet de soutenir leurs prix et de limiter la hausse des rendements.
“C’est un programme de recyclage de la dette américaine,” explique Brett Owens, analyste financier spécialisé dans les revenus de placement. “Cela réduit la quantité d’obligations à long terme disponibles pour les investisseurs, augmentant ainsi la demande et stabilisant les taux.”
Les effets de cette politique sont déjà visibles. Les taux des obligations du Trésor à 10 ans ont semblé plafonner autour de 4,6% au cours de la première année du second mandat de Donald Trump, avant de redescendre.
Un fonds PIMCO à surveiller
Dans ce contexte, le PIMCO Corporate & Income Opportunity Fund (NYSE: PTY) attire l’attention. Ce fonds fermé (CEF) se distingue par la durée moyenne de ses actifs en portefeuille, qui dépasse les sept ans. Les obligations à long terme sont généralement plus sensibles aux baisses de taux, ce qui pourrait profiter à PTY si la tendance se confirme.
Le fonds affiche également une duration ajustée par effet de levier de 3,8 ans, un équilibre qui lui permet de profiter de la baisse des taux sans prendre de risques excessifs en cas de remontée.
“Il est surprenant que PTY se négocie actuellement à un prix relativement bas,” souligne Michael Foster, également analyste financier. “Malgré un acompte de 9,6% sur la valeur nette d’inventaire (VNI), ce qui signifie que les investisseurs paient environ 1,10 dollar pour chaque dollar d’actifs, le fonds pourrait être une bonne affaire.”
En comparant avec la situation de 2022, lorsque l’inflation atteignait 9%, Foster estime que les conditions actuelles sont plus favorables pour PTY. Le graphique ci-dessous illustre l’évolution du “rabais” du fonds, qui semble se stabiliser.
[Image du graphique PTY-Discount, comme dans l’article original]
L’attrait de PIMCO et une diversification stratégique
La réputation de PIMCO, fondée par le légendaire Bill Gross, joue également un rôle. La marque bénéficie d’une forte notoriété auprès des investisseurs, ce qui explique en partie les primes de prix observées sur la plupart de ses fonds. Dan Ivascyn, qui a succédé à Gross, a lui-même été reconnu pour ses compétences en matière de gestion de revenus fixes.
Le portefeuille de PTY est diversifié, avec 39% en dette à haut rendement américaine, 13% en marchés émergents, 16% en marchés développés non américains et 32% en titres adossés à des créances hypothécaires non agence, obligations de qualité investissement et autres prêts.
Cette diversification offre plusieurs avantages. Les obligations américaines du fonds pourraient bénéficier de la baisse des taux, tandis que les actifs internationaux pourraient profiter de l’afflux de capitaux américains à la recherche de rendements plus élevés et de la dépréciation du dollar.
Une performance solide sur le long terme
Depuis sa création en 2002, PTY a surperformé le benchmark américain des obligations d’entreprises à haut rendement, le SPDR Bloomberg High Yield Bond ETF (NYSE: JNK).
[Image du graphique PTY-Total Returns, comme dans l’article original]
Cette performance est en grande partie due aux dividendes réinvestés, qui représentent une part importante du rendement total du fonds. PTY verse un dividende mensuel attractif, qui est resté stable malgré les turbulences de 2022.
[Image du graphique PTY-Dividend, comme dans l’article original]
Un investissement à considérer
Dans un contexte de pression à la baisse sur les taux d’intérêt, PTY pourrait offrir une opportunité intéressante pour les investisseurs à la recherche de revenus. Cependant, il est important de noter que tout investissement comporte des risques, et il est conseillé de consulter un conseiller financier avant de prendre une décision.
Avertissement : Brett Owens et Michael Foster sont des investisseurs axés sur le revenu qui recherchent des actions/fonds sous-évalués sur les marchés américains. [Lien vers le rapport de l’éditeur original]
