Le pilote américain Nicholas F. Goselin a été abattu par la Force de libération nationale de Papouasie occidentale (TPNPB) après l’atterrissage de son avion le 3 juillet 2026 dans le district de Jayawijaya, en Indonésie. L’appareil de la compagnie PT AMA a été incendié après l’attaque, tandis que les sept passagers indigènes sont restés indemnes, selon vietnam.vn.
Le déroulement de l’attaque à Balinggama
L’incident s’est produit peu après 6h46, heure locale, sur la piste de Balinggama. Le vol PK-RCY, opéré par la compagnie privée PT AMA, avait décollé de l’aéroport de Wamena à 6h30 avec sept passagers à son bord.
Selon les détails rapportés par vietnam.vn, la communication a été brutalement interrompue immédiatement après que le pilote a confirmé par radio que l’avion avait atterri en toute sécurité. Des hommes armés appartenant au TPNPB, la branche armée du mouvement pour l’indépendance de la Papouasie, ont alors ouvert le feu, tuant Nicholas F. Goselin avant de mettre le feu à l’appareil.
La récupération du corps a été complexe. L’absence de routes et des conditions météorologiques difficiles ont entravé les secours. Ce n’est que le 3 juillet qu’une force d’intervention de dix membres du Commandement des opérations Habema a pu sécuriser la zone et récupérer la dépouille du pilote.
Les justifications politiques du TPNPB
Le TPNPB a revendiqué l’attaque via une vidéo montrant des combattants armés de fusils et de haches hissant la bannière de la « Morning Star », symbole du séparatisme papouen. Sebby Sambom, porte-parole du groupe, a justifié l’acte par la violation d’une interdiction de vol pour les appareils civils dans les zones sous leur contrôle.
« Le fait d’avoir abattu le pilote américain est le résultat de l’échec des gouvernements indonésien, américain et néerlandais, ainsi que des Nations Unies, à s’attaquer aux causes fondamentales du conflit en Papouasie, qui dure depuis 64 ans. »
Sebby Sambom, porte-parole du TPNPB, via vietnam.vn
Le groupe accuse la compagnie PT AMA de transporter régulièrement du personnel militaire indonésien, violant ainsi un ultimatum posé par les rebelles. Cependant, l’armée indonésienne a formellement rejeté ces allégations, affirmant que tous les passagers à bord étaient des civils.
Divergences et silences officiels sur l’incident
Un pilote d'avion de combat américain abattu pris a parti par des habitants du Koweït
L’analyse des rapports montre une nuance dans la confirmation des faits selon les sources officielles. Tandis que vietnam.vn rapporte la mort du pilote, Yusuf Sutejo, porte-parole de la police et des militaires indonésiens en Papouasie, a confirmé la découverte d’un avion incendié avec sept passagers dans la région de Yahukimo, mais n’a pas explicitement confirmé si l’appareil avait été attaqué par des séparatistes ou si le pilote était décédé.
Le silence diplomatique est également marqué. L’ambassade des États-Unis à Jakarta n’a communiqué aucun commentaire suite à l’exécution de son ressortissant.
Un cycle de violence ciblant les pilotes étrangers
L’exécution de Nicholas F. Goselin s’inscrit dans une stratégie récurrente du TPNPB consistant à cibler le personnel aéronautique étranger pour attirer l’attention internationale sur le conflit papouen.
Le profil des victimes et la chronologie des incidents récents illustrent cette tendance :
Février 2023 : Philip Mark Mehrtens, pilote néo-zélandais, est enlevé dans la région de Nduga. Il restera otage pendant 19 mois avant d’être libéré en septembre 2024.
Août 2024 : Glen Malcolm Conning, également pilote néo-zélandais, est abattu peu après son atterrissage dans un village reculé du district de Mimika.
Juillet 2026 : Nicholas F. Goselin, pilote américain, est tué et son avion incendié à Balinggama.
Le TPNPB a explicitement averti qu’il continuerait d’attaquer les vols civils si l’Indonésie persistait à les utiliser pour des opérations de sécurité ou militaires. Cette menace place les compagnies comme PT AMA, spécialisées dans le transport vital de nourriture, de carburant et de courrier vers les villages isolés, dans une position de vulnérabilité extrême.