L’État membre de l’Union européenne Lituanie a annoncé mercredi 1er juillet 2026 qu’il envisageait de lever un interdit constitutionnel sur l’installation d’armes nucléaires sur son territoire, selon une déclaration publiée par le ministère de la Défense. Cette information, confirmée par des sources gouvernementales, intervient alors que le parlement lituanien prépare une réforme constitutionnelle pour permettre une coopération militaire accrue avec des alliés nucléaires. Aucune date précise n’a été donnée pour la mise en œuvre de cette mesure, mais les discussions sont en cours au sein de la commission des affaires constitutionnelles.
Réforme de l’article 14 de la Constitution lituanienne
Un projet en phase de consultation publique
Le gouvernement lituanien a déposé un projet de loi le 29 juin 2026, visant à modifier l’article 14 de la Constitution, qui interdit actuellement l’installation d’armes nucléaires sur le territoire national. Selon un communiqué du ministère de la Défense, cette réforme est motivée par « la nécessité de renforcer la sécurité collective face aux menaces géopolitiques croissantes ». Le texte prévoit que les armes nucléaires pourraient être stationnées uniquement dans le cadre d’accords bilatéraux ou multilatéraux, sans préciser les pays concernés.
Réactions internationales et tensions régionales
L’annonce a suscité des réactions contrastées au sein de l’Union européenne. Le gouvernement allemand a exprimé « des préoccupations légitimes » concernant le risque d’escalade dans la région, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. En revanche, des responsables américains ont salué l’initiative comme « une mesure de renforcement de la dissuasion nucléaire en Europe de l’Est ». Les pays baltes, notamment l’Estonie et la Lettonie, ont appelé à une coordination étroite avec les alliés de l’OTAN pour éviter toute interprétation erronée de cette réforme.
Héritage stratégique et débats parlementaires
Contexte historique et enjeux stratégiques
La Lituanie, membre de l’OTAN depuis 2004, a toujours maintenu une position non nucléaire, conformément à sa Constitution adoptée en 1992. Cet article 14, signé après l’indépendance de l’ancienne République soviétique, interdisait explicitement l’installation d’armes nucléaires, même en cas de déploiement par des alliés. La proposition actuelle vise à modifier cette disposition pour permettre une « coopération stratégique » avec des États dotés d’armes nucléaires, sans préciser si ces armes seraient déployées sur le sol lituanien.
Désaccords internes et incertitudes
Au sein du parlement lituanien, des députés de l’opposition ont critiqué le projet, estimant qu’il « pourrait compromettre la neutralité militaire du pays ». Le Parti social-démocrate, au pouvoir, a réaffirmé que l’objectif était « de renforcer la sécurité sans compromettre les principes constitutionnels ». Cependant, aucun consensus n’a été atteint sur les modalités de déploiement ou les garanties de sécurité associées.
Calendrier législatif et obstacles politiques
Prochaines étapes et incertitudes
Le projet de loi doit être examiné par le parlement lituanien d’ici le 15 juillet 2026, avec une possible vote en séance plénière d’ici la fin de l’année. Les autorités ont indiqué qu’une consultation publique serait organisée avant le vote final. Cependant, des experts indépendants soulignent que « la réforme pourrait rencontrer des obstacles juridiques ou politiques, notamment en raison des tensions avec la Russie ».

Répercussions géopolitiques et comparaison régionale
Quels sont les risques d’escalade ?
L’initiative lituanienne intervient dans un contexte de tensions accrues entre l’OTAN et la Russie, notamment après les récents conflits en Ukraine et en Géorgie. Des analystes estiment que l’installation d’armes nucléaires en Lituanie pourrait être perçue comme une provocation par Moscou, bien que le gouvernement lituanien affirme qu’il s’agit d’une mesure « défensive et proportionnée ». Le Kremlin n’a pas encore réagi publiquement à l’annonce, mais des sources proches du ministère russe des Affaires étrangères ont évoqué « des préoccupations sérieuses ».
Un précédent récent ?
En 2023, la Pologne avait également évoqué une réforme constitutionnelle pour permettre le déploiement d’armes nucléaires, mais cette initiative avait été rejetée par le Sénat. La Lituanie, plus petite et plus vulnérable géographiquement, doit maintenant naviguer entre les pressions de l’OTAN et les risques d’isolement diplomatique. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la portée réelle de ce projet.
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