Perth : Une attaque visant un rassemblement autochtone relance le débat sur la montée de la haine et le manque de réponse gouvernementale
PERTH, Australie – Une attaque à l’explosif lors d’un rassemblement célébrant l’Invasion Day à Boorloo Perth a semé la peur dans la communauté autochtone et ravivé les critiques envers le gouvernement australien, accusé de ne pas prendre au sérieux la menace croissante de l’extrémisme de droite et du racisme. Un homme de 31 ans a été arrêté et inculpé de multiples chefs d’accusation, mais l’incident, qualifié par la police de potentiel événement à multiples victimes, a mis en lumière une inquiétude grandissante quant à la sécurité des communautés autochtones.
L’attaque, survenue lundi, a consisté en un objet contenant des liquides volatils et des éclats projeté au milieu de la foule rassemblée pour commémorer l’Invasion Day, une journée de deuil et de protestation pour les peuples autochtones. L’identité de l’agresseur est protégée par une ordonnance du tribunal. Une enquête conjointe menée par la police de l’Australie-Occidentale, la Police fédérale australienne et l’ASIO (Australian Security Intelligence Organisation) a qualifié l’incident de possible acte terroriste.
« L’enquête est en cours et d’autres accusations n’ont pas été écartées. Il n’y a aucune menace actuelle pour la sécurité publique », ont déclaré les forces de l’ordre dans un communiqué.
L’incident a provoqué une onde de choc et de colère au sein de la communauté autochtone. Megan Krakouer, directrice du National Suicide Prevention and Trauma Recovery Project, a exprimé sa frustration et sa douleur face à la haine et à la discrimination persistantes. « Le fait que quelqu’un ait pris la décision de blesser une foule de personnes lors d’un rassemblement sacré pour les Premières Nations… C’est une tragédie », a-t-elle déclaré.
Katie Kiss, commissaire aux questions sociales des peuples autochtones et des insulaires du détroit de Torres à la Commission australienne des droits de l’homme (AHRC), a souligné la détresse et la peur profondes que l’incident a engendrées. « Bien que le mobile soit encore à déterminer, il ne fait aucun doute que les cibles de l’attaque étaient les peuples autochtones et leurs alliés », a-t-elle affirmé. Elle a appelé le gouvernement et les forces de l’ordre à traiter l’incident avec la même urgence et le même sérieux que l’attaque terroriste de Bondi l’année dernière.
La comparaison avec la réponse à l’attaque de Bondi, qui a suscité une condamnation unanime et une série de mesures gouvernementales, a été soulevée par plusieurs voix. Lidia Thorpe, sénatrice indépendante, a critiqué le Premier ministre Anthony Albanese pour son manque de réaction ferme. « Il doit montrer du leadership… pour condamner ce qui s’est passé et se ranger aux côtés de notre peuple et qualifier les faits pour ce qu’ils sont : une attaque terroriste contre les Premières Nations dans ce pays », a-t-elle déclaré à NITV.
L’AHRC attend toujours une réponse du gouvernement à son National Anti-Racism Framework, déposé en novembre 2024. Ce cadre, axé sur les Premières Nations, propose des mesures spécifiques pour lutter contre le racisme ciblant les peuples autochtones, notamment la promotion de la vérité, l’éducation à la diversité et la lutte contre les discours haineux. Giridharan Sivaraman, commissaire à la discrimination raciale, a souligné que l’adoption de ce cadre pourrait contribuer à prévenir de tels incidents à l’avenir.
Le gouvernement a réagi en affirmant qu’il prendra tous les recours légaux contre l’agresseur. Le Premier ministre Albanese a déclaré qu’il souhaitait que l’agresseur soit « poursuivi avec toute la rigueur de la loi ». Cependant, les critiques persistent quant à l’insuffisance des mesures prises pour lutter contre la montée de la haine et de la discrimination raciale en Australie.
Malarnndirri McCarthy, ministre des affaires autochtones, a défendu les actions du gouvernement en matière de législation sur les discours haineux, regrettant le manque de soutien bipartite pour son adoption.
Cet incident intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant l’extrémisme de droite et la propagation de la haine en ligne. Des organisations comme l’AHRC ont souligné la nécessité d’une approche globale pour lutter contre le racisme, impliquant le gouvernement, les forces de l’ordre, les écoles et la société civile.
[Insérer ici un lien vers un rapport de l’AHRC sur le racisme en Australie ou un article de presse sur la montée de l’extrémisme de droite.]
L’attaque de Perth est un rappel brutal de la vulnérabilité des communautés autochtones et de la nécessité urgente d’une action gouvernementale concrète pour lutter contre la haine, la discrimination et l’extrémisme. La question de savoir si le gouvernement australien répondra à cet appel reste à voir.
