Le président Donald Trump a déclaré mercredi qu’il « aime l’inflation » en réponse à la publication d’un rapport du département du Travail indiquant que l’indice des prix à la consommation a grimpé de 4,2 % en mai par rapport à l’année précédente. Ce taux représente la plus forte augmentation annuelle depuis 2023, sur fond de guerre en Iran.
Une déclaration présidentielle au cœur d’une polémique économique
Interrogé par des journalistes depuis le Bureau ovale sur les récentes données économiques, le président Donald Trump a suscité une vive réaction politique en affirmant son enthousiasme face à la hausse des prix. Alors que l’inflation annuelle a atteint 4,2 % en mai — une première depuis le début de l’année 2023 — le président a minimisé les inquiétudes immédiates.
"Non, je l’aime. Les chiffres étaient excellents. Vous savez ce que j’aime vraiment ? J’aime l’inflation. Vous savez pourquoi ? Parce que dès que cette guerre sera terminée… quand la guerre sera terminée, ça va baisser, ça va redescendre comme un roc.
Ces propos ont été immédiatement critiqués par les démocrates. Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, et la sénatrice Elizabeth Warren ont accusé le président de faire preuve d’indifférence face à la dégradation du pouvoir d’achat des Américains. Face à cette controverse, le président a par la suite soutenu que ses paroles avaient été sorties de leur contexte. Selon le USA Today, il a précisé sur Truth Social que ce qu’il appréciait était le fait que l’inflation ne soit pas encore plus élevée que les anticipations initiales.
Le rôle de la guerre en Iran dans la flambée des prix
L’administration Trump lie directement la hausse des prix à la guerre en Iran, qui a débuté le 28 février dernier. Les blocages dans le détroit d’Ormuz ont limité l’offre mondiale de pétrole, entraînant une hausse de 40 % des prix de l’essence pour les consommateurs américains depuis le début du conflit.
Pour contrer cette pression sur les marchés, le président a révélé avoir ordonné une mission secrète visant à acheminer du pétrole malgré les tensions.
"Savez-vous que nous avons extrait des millions de barils de pétrole ? Personne ne le sait. Vous savez qui ne le sait pas ? L’Iran jusqu’à maintenant.
Ces efforts, selon le président, ont permis d’éviter une envolée encore plus dramatique des prix de l’énergie. Le rapport du Bureau of Labor Statistics confirme que l’indice de l’énergie a progressé de 3,9 % en mai, contribuant à plus de 60 % de la hausse mensuelle totale des prix.
Perspectives économiques et enjeux des élections de mi-mandat
Les données publiées mercredi montrent également une érosion des revenus réels, avec une baisse des gains hebdomadaires moyens de 0,2 % sur le mois et de 0,7 % sur un an, soit le recul le plus marqué depuis février 2023. Cette situation fragilise la position des républicains à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.
Alors que le président insiste sur le fait qu’un accord de paix est imminent avec l’Iran, les pourparlers restent dans l’impasse. Le président a d’ailleurs annoncé le 10 juin son intention de lancer une nouvelle vague de frappes contre l’Iran, accusant Téhéran de trop tarder à conclure un accord.
Dans ce contexte, la gestion de l’économie devient le terrain de bataille principal. Si le président Trump assure que l’inflation « va redescendre comme un roc » dès la fin du conflit, les sondages de NBC News indiquent que seulement 32 % des Américains approuvent actuellement sa gestion de l’inflation, tandis que 68 % expriment leur désapprobation. Le succès des républicains pour conserver leur courte majorité à la Chambre des représentants dépendra désormais largement de leur capacité à convaincre les électeurs que ces indicateurs économiques ne sont que temporaires.
