URGENT : Les personnes de plus de 75 ans exclues des recherches médicales, une atteinte à l’équité et à la science
Des barrières d’âge arbitraires entravent la recherche pour les seniors
Une alerte majeure est lancée par un collectif de plus de 40 organismes de bienfaisance et instituts de recherche de premier plan au Royaume-Uni. Ces organisations dénoncent l’exclusion systématique des personnes âgées de plus de 75 ans des études cliniques. Cette pratique, souvent motivée par des préoccupations jugées infondées concernant la fragilité potentielle ou l’efficacité réduite des traitements chez les seniors, met en péril le développement de thérapies vitales et alimente une profonde inégalité dans le domaine de la santé.
Des piliers de la recherche médicale tels que le National Institute for Health and Care Research (NIHR), Cancer Research UK, la British Heart Foundation et le Medical Research Council tirent la sonnette d’alarme. Leur déclaration conjointe souligne le caractère contraire à l’éthique de ces restrictions d’âge. Elles mènent à une recherche non représentative, particulièrement préoccupante étant donné que les personnes âgées constituent le groupe le plus touché par de nombreuses maladies chroniques et nécessitent le plus de soutien médical.
L’impact dévastateur sur les soins et l’innovation
La conséquence directe de cette exclusion est le risque de développer des traitements moins efficaces, voire inadaptés, pour ceux qui en ont le plus besoin. Les experts s’accordent à dire que ces exclusions sont rarement justifiées scientifiquement et vont à l’encontre des principes fondamentaux d’équité et d’excellence scientifique. Le professeur Terry Quinn, responsable du vieillissement au NIHR, insiste : « Nous ne devons pas supposer que les traitements qui fonctionnent chez des personnes saines et plus jeunes auront le même effet chez les personnes âgées. » Il ajoute que exclure les utilisateurs principaux des services de santé et sociaux est au mieux inefficace, et au pire peut mener à des résultats trompeurs.
La recherche sur la démence illustre cruellement ce problème. Selon la société Alzheimer, seulement une personne sur dix vivant avec la maladie a la possibilité de participer à des études, faisant de la participation l’un des principaux freins aux progrès dans ce domaine. Le Professeur Chris Whitty, Médecin Général des Anglais, a également alerté sur le fait que les personnes âgées sont « fréquemment exclues de la recherche qui affectent directement leurs soins », malgré leurs besoins souvent les plus élevés. Il met en garde contre les « lacunes en preuves, des traitements moins efficaces et des soins qui ne sont pas correctement adaptés ».
Des fausses idées et des obstacles logistiques à surmonter
Les raisons de cette exclusion sont multiples. Certaines études cliniques imposent des restrictions d’âge basées sur l’idée fausse que la présence de morbidités multiples chez les personnes âgées pourrait fausser les résultats. D’autres fois, les études ne sont tout simplement pas conçues pour accueillir les participants âgés, par exemple en exigeant des visites fréquentes dans des centres de recherche éloignés, ce qui représente un obstacle logistique majeur.
Le NIHR, le plus grand financeur de la santé au Royaume-Uni, reconnaît que la faible proportion d’adultes plus âgés dans la recherche est une préoccupation à la fois scientifique et éthique. La Ministre de la Santé, Karin Smyth, a souligné la disproportion : « une seule personne sur sept participant à des études de recherche médicale vitales a plus de 75 ans ». Elle a affirmé l’engagement du gouvernement à « stimuler la recherche et les essais cliniques », annonçant une campagne de recrutement à l’échelle du Royaume-Uni pour encourager l’implication des seniors dans la recherche, essentielle pour le plan de santé à 10 ans.
