Selon les autorités environnementales, les dégâts causés par les incendies de forêt au pays de Galles pourraient prendre des siècles pour s’effacer complètement. La destruction de la couche de tourbe et de la roche calcinée dans des réserves naturelles majeures compromet durablement la régénération des habitats écologiques et accentue les risques d’inondations à l’horizon 2026.
Les dégâts extrêmes des incendies sur la tourbe et les sols gallois
L’organisme de surveillance de l’environnement Natural Resources Wales prévient qu’il faudra peut-être des centaines d’années pour que les habitats ravagés par les feux de forêt récupèrent leur état initial. Nick Thomas, représentant de l’agence, indique que si le sol a été incinéré dans des zones de haute altitude riches en tourbe — une matière qui ne se développe qu’à raison d’environ un millimètre par an —, la reconstitution de la végétation s’annonce extrêmement lente. L’organisme s’attend à ce que l’année 2026 devienne la plus destructrice jamais enregistrée au pays de Galles en matière de feux de brousse.
Au-delà de la destruction des habitats naturels et de la faune, la disparition de ces sols réduit drastiquement leur rôle d’éponge naturelle sur les hauteurs, ce qui augmente mécaniquement les risques d’inondations pour les vallées en contrebas. Les flammes ont touché de vastes étendues cet été, entraînant notamment l’évacuation d’un village dans le comté de Conwy. Dans la chaîne de montagnes des Rhinogydd, située dans le Gwynedd et abritant une réserve naturelle nationale ainsi qu’une zone spéciale de conservation, un brasier a sévi pendant près de deux semaines, affectant plus de 2,000 acres et devenant visible depuis l’espace, tout comme un autre foyer important à Blaenavon dans le Torfaen.
Nick Thomas, de Natural Resources Wales, a déclaré que cette année semblait avoir été pire, selon lui, que toutes celles dont il pouvait se souvenir.
La destruction totale de la réserve naturelle de Pensychnant
La situation s’avère particulièrement alarmante dans les zones protégées locales. Julian Thompson, gardien du aol.com depuis trente-six ans, rapporte que le sol a été réduit en poussière jusqu’à la roche après la perte d’un tiers des 150 acres que compte la réserve lors d’un incendie survenu en juillet. Contrairement aux brûlages dirigés pratiqués traditionnellement en hiver pour la gestion des montagnes, le feu s’est déclaré en été au cœur d’une sécheresse avec une intensité telle qu’il a consumé toute la matière organique.
La faune locale a subi des pertes irréparables. Les reptiles comme les vipères et les couleuvres n’ont pu s’échapper, tout comme l’ensemble des invertébrés. Des espèces de papillons nocturnes extrêmement rares, notamment l’Ashworth’s Rustic
et le Weaver’s Wave
, qui ne se trouvent nulle part ailleurs qu’en Snowdonia et dans le Meirionyddshire, ont vu leur habitat d’origine anéanti sur place.
Urbanisation et choix d’aménagement en première ligne
L’ampleur de ces crises environnementales trouve aussi ses racines dans l’organisation de l’espace humain. Pour la géographe Pauline Vilain-Carlotti, les choix d’aménagement du territoire ont aggravé la vulnérabilité des régions boisées face au réchauffement climatique. L’experte souligne que l’incendie reste le seul aléa climatique que l’on prétend encore combattre directement, alors qu’il naît de l’interaction entre des facteurs naturels, humains et territoriaux mal maîtrisés.

L’étalement urbain, ou mitage des espaces naturels par la multiplication de maisons individuelles dispersées aux abords des forêts, a créé des zones de contact particulièrement fragiles. En France comme dans d’autres régions exposées, le retard en matière de prévention réglementaire reste criant : si des milliers de plans de prévention visent les inondations, seuls 287 plans de prévention des risques liés aux incendies de forêt sont actifs pour environ 7 000 communes exposées. Face à cette impréparation prolongée, les spécialistes plaident pour une intégration stricte du risque incendie dans les documents d’urbanisme afin de limiter la constructibilité dans les zones à haut risque.
À lire aussi